Comment notre cerveau fonctionne-t-il lorsque nous apprenons des nouveaux mots ?

13 décembre 2015 dans Psychologie 0 Partagés

Les neuroscientifiques auraient trouvé le secret ! Alors, comment fonctionne notre cerveau lorsque l’on apprend de nouveaux mots? Et bien en se les représentant comme des figures!

Les personnes qui ne parviennent pas à apprendre des mots avec le système des sons (qui est la méthode habituelle au moment de l’apprentissage de la lecture), peuvent apprendre de nouveaux mots en les visualisant comme s’ils étaient des objets. Cela s’avère être une bonne stratégie pour apprendre efficacement et rapidement.

La nature des représentations orthographiques au sein du cerveau humain reste toujours débattue.

Selon les études qui ont été menées, si le cerveau est capable d’apprendre de nouveaux mots aussi rapidement, c’est parce qu’il visualise le mot comme s’il s’agissait d’un seul bloc.

Qu’ont révélé les études ?

Les chercheurs ont découvert qu’une petite partie de notre cerveau était holistique, c’est à dire qu’il considère la reconnaissance des mots dans sa totalité, plutôt que de les analyser comme une succession de lettres ou de syllabes. Ainsi, une partie du cerveau pourrait photographier les mots pour ensuite les reconnaitre.

Les rapports récents ont affirmé que la zone de la forme visuelle des mots, située dans le cortex occipito-temporal gauche, contenait un lexique orthographique basé sur des représentations neuronales hautement sélectionnées pour des mots rédigés de façon individuelle.

Cette théorie signifierait que le fait d’apprendre de nouveaux mots de façon sélective augmenterait la spécificité neuronale de ces mots dans la zone de la forme visuelle.

L’avis des experts

Voila ce qu’a affirmé le Dr. Maximilian Riesenhuber, neuroscientifique au Centre Médical Universitaire de Georgetown qui a dirigé l’étude :

« Comme l’ont suggéré certaines études, nous ne reconnaissons pas de façon rapide les mots de par leur orthographe ou leur composition. Cependant, dans une petite zone du cerveau, les neurones aident à photographier le mot dans sa globalité, ce qui pourrait s’apparenter à une sorte de Dictionnaire Visuel »

Cette région du cerveau est appelée « zone de la forme visuelle du mot » et elle est essentielle dans l’apprentissage de nouveaux mots.

De plus, dans le cortex visuel se trouve le lobule fusiforme, une zone qui nous aide à reconnaître les visages.

Selon le Dr. Riesenhuber, « une partie de cette zone nous permet de reconnaître rapidement les personnes de façon sélective, et l’autre nous permet de reconnaitre un mot dans sa globalité, ce qui nous permet de lire vite ».

Comment l’étude a-t-elle été réalisée ?

Pour réaliser l’étude, 25 participants ont été invités à apprendre de nouveaux mots complètement absurdes en terme de simplicité, puis à apprendre des mots dépourvus de sens.

Les experts ont réalisé des scanners avant puis après l’entraînement et ont analysé les changements. 

Les résultats ont montré qu’après avoir appris les différents mots, la zone de cerveau impliquée dans la photographie de la formes des mots commençait à répondre aux mots dépourvus de sens, comme s’il s’agissait de mots existants.

Le Dr. Laurie Glezer, l’un des auteurs de l’étude, maintient que : « cette étude est la première de ce type qui montre les modifications au niveau des neurones au moment de l’apprentissage des mots, révélant ainsi la plasticité du cerveau« .

Si l’on considère ces données, les personnes souffrant d’incapacité à lire auraient donc plus de facilités à apprendre de nouveaux mots, en considérant les mots comme des figures que l’on peut visualiser.

En fait, le Dr. Riesenhuber est convaincu que : « les personnes qui n’arrivent pas à apprendre des mots avec le système des sons (utilisé comme méthode habituelle pour l’apprentissage de la lecture à l’école), peuvent apprendre des nouveaux mots comme s’il s’agissait d’objets visuels. Cela peut s’avérer être une bonne stratégie pour apprendre des mots efficacement et rapidement ».

La zone qui analyse la forme visuelle du mot ne s’intéresse pas aux sons qui forment le mot.

Le fait que ce type d’apprentissage se produise seulement dans une petite partie du cerveau est un bon exemple de la plasticité cérébrale sélective.

Conclusion

Apprendre un mot semble augmenter de façon sélective la spécificité neuronale pour les mots nouveaux au sein de la zone de la forme visuelle des mots, ajoutant ainsi ces mots dans le dictionnaire visuel cérébral.

Étude complète

Cette étude est parue dans « The Journal of Neuroscience » (http://www.jneurosci.org/content/35/12/4965.full.pdf+html)

A découvrir aussi