Comment la culpabilité inconsciente se manifeste-t-elle ?

· 3 mai 2019
La culpabilité inconsciente se manifeste souvent par la dépression et l'anxiété. Dans la dépression, il y a un sentiment d'insatisfaction envers soi-même et le monde. Dans l'anxiété, l'attente d'un préjudice ou d'une punition.

La culpabilité est un sentiment complexe, influencé par de nombreux facteurs. Elle est vécue comme un remords, un reproche de soi et un sentiment d’indignité personnelle. Cependant, elle n’est pas toujours consciente. Bien évidemment, il y a des expériences qui conduisent à une culpabilité inconsciente, c’est-à-dire à une accusation contre soi-même. Cela génère de l’inconfort, mais sans que nous nous en rendions forcément compte.

La culpabilité inconsciente est presque toujours liée à des événements ou des situations devant lesquels il existe un tabou ou qui sont vécus comme insupportables. Parfois, il s’agit d’actions qui ont été réalisées, mais d’autres fois, il s’agit simplement de pensées ou de désirs qui sont rejetés consciemment.

D’autres fois, la culpabilité inconsciente est associée à l’agressivité ou à la sexualité. Il y a des sentiments ou des désirs qui sont vécus, mais en même temps qui sont intolérables. Par exemple, un accès haineux contre quelqu’un que vous aimez. Ou un désir incestueux.

Ce qui rend la culpabilité inconsciente nuisible, c’est précisément le fait qu’elle n’est pas reconnue, mais réprimée. Cependant, de manière également inconsciente, la culpabilité revient et se manifeste par l’auto sabotage, l’anxiété, la mélancolie, et même le comportement criminel qui est accompli pour obtenir la punition que l’on pense mériter.

culpabilité inconsciente et dépression

Le mal-être personnel

Une des formes habituelles de manifestation de culpabilité inconsciente est l’inconfort constant avec soi-même. Le psychanalyste Franz Alexander souligne que le contenu fondamental de la culpabilité peut se résumer dans la phrase suivante : « Je ne suis pas bon, je mérite une punition« . C’est plus qu’un simple problème « d’estime de soi ».

Ce genre de culpabilité conduit à un rejet persistant de soi-même. Rien de ce que la personne fait ne la satisfait complètement. Elle est hypercritique envers elle-même et rabaisse ses pensées, ses sentiments et ses actions. Très souvent, cela mène à des états dépressifs et à des vies avec peu ou pas d’accomplissement.

Lorsque cette image est configurée, on parle de « culpabilité dépressive ». Dans les cas extrêmes, elle conduit à la paralysie de la vie ou existentielle. La personne ressent tellement de sentiment d’indignité qu’elle en vient à se sentir indigne, même de la vie elle-même. Elle peut aussi devenir excessivement irritable et de mauvaise humeur constante.

La culpabilité inconsciente et l’anxiété

L’une des manifestations les plus fréquentes de la culpabilité est l’anxiété et, plus particulièrement, l’angoisse. C’est une inquiétude vague et intense. C’est comme si quelque chose de terrible allait se produire, mais on ne sait pas d’où vient la menace ni pourquoi l’événement catastrophique va se produire.

Ce type de culpabilité s’appelle « culpabilité persécutoire ». Parfois, il s’agit d’une affection très invasive qui peut remplir les gens d’anxiété. Habituellement, il y a un objet qui est craint et qui devient persécutoire. Cela peut être une maladie, la vieillesse, un dieu ou quoi que ce soit d’autre.

Dans ces cas, une bonne partie du comportement d’une personne commence à s’orienter vers l’apaisement de cet objet, ou la défense contre lui. Dans les cas extrêmes, de tels sentiments mènent au crime. Un tel crime ne vise pas la transgression en soi, mais la punition.

femme songeant à la culpabilité inconsciente

 

Le fantasme et la culpabilité

Comme nous l’avons souligné au début, la culpabilité est un sentiment complexe, impliquant de nombreuses variables. Les valeurs familiales (ou anti-valeurs), culturelles, religieuses, etc. ont une grande incidence quant à son apparition. Quelqu’un avec une éducation très conservatrice peut penser qu’éprouver des désirs sexuels est quelque chose d’intolérable.

Beaucoup de gens se sentent également coupables inconsciemment d’épisodes qui se sont produits pendant leur enfance et devant lesquels ils n’ont pas eu le moindre contrôle. Par exemple, à cause de disputes entre leurs parents. Ou d’abus dont ils ont été l’objet. Ou d’expériences de sexualité infantile.

Parfois, cette culpabilité inconsciente est ressentie par une personne uniquement parce qu’elle est en vie. « Si je n’étais pas née, peut-être que ma mère aurait pu finir l’école et ne le regretterait pas aujourd’hui« . D’autres fois, la culpabilité vient du fait d’être différent des autres. Plusieurs expériences le prouvent.

Se sentir coupable et assumer la responsabilité de ses erreurs sont deux réalités très différentes. Le premier comportement ne sert qu’à rendre les gens malades. Il initie une spirale d’auto-torture qui ne conduit qu’à une détérioration psychologique. Le second est une manière consciente et adulte d’évaluer son propre comportement et, surtout, de l’accepter.

  • Gerez Ambertín, M. (2009). Culpa, anomia y violencia. Revista Mal-estar E Subjetividade, 9(4).