Le burnout, ou la tendance à se tuer au travail

· 27 décembre 2017

Le burnout se traduit par une sensation de mal-être produite par un trop gros effort lié au travail. Généralement, ce mal-être est la conséquence directe d’un stress très intense et/ou prolongé dans le  temps, si bien que l’on finit par être complètement dépassé par cette pression (les défenses psychologiques s’en trouvent affaiblies) et que l’on ne se sent pas capable de l’affronter. De plus, l’incidence du burnout est plus forte chez les médecins, les infirmiers, les psychologues, bref ; chez les personnes occupant des postes qui impliquent du soutien ou de l’aide.

Le burnout peut se manifester de différentes manières selon les gens ; en ce sens, un des symptômes les plus visibles serait la démotivation, provoquant une baisse de la qualité ainsi que de la quantité de l’assistance apportée. Pour autant, on pourrait aussi dire que le burnout est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental produit par la sur-implication perpétuelle dans des situations très prenantes émotionnellement.

Maslash, une des autrices les plus importantes dans ce domaine, définit le burnout comme un syndrome caractérisé par « la fatigue émotionnelle qui mène à une perte de motivation et qui donne généralement lieu à des sentiments d’inadéquation et d’échec ».

homme stressé au travail

Les trois axes autour desquels s’articule le burnout

Les trois axes autour desquels s’articule le syndrome du burnout seraient :

  • Fatigue et épuisement émotionnel : les personnes touchées par ce syndrome ont la sensation de ne pas être capables d’apporter plus d’aide ou plus de soutien de qualité au patient ou au proche qu’elles ont en face d’elles, ce qui, bien souvent, les mène à se sentir impuissantes. Le professionnel ne peut pas donner plus de lui-même aux autres, et se sent fatigué sur le plan psychologique, et souvent aussi sur le plan physique.
  • Dépersonnalisation dans le traitement : du fait du processus antérieur, le professionnel se montre indifférent. Il marque une plus grande distance entre lui et le patient ou le proche, si bien qu’il n’effectue pas son travail comme il le devrait ou comme il le ferait dans des conditions normales.
  • Sentiments d’échec dus à un manque d’épanouissement personnel et/ou professionnel : à force, le travail devient une source de satisfaction de moins en moins importante, et le professionnel commence se sentir envahi par des sentiments d’échec. Le burnout se caractérise par la frustration – l’impuissance dont nous parlions précédemment -, la faible estime de soi et la désillusion envers les réussites professionnelles.

Il s’agit d’une chaîne ou d’un processus qui se rétro-alimente, si bien qu’il n’a pas à suivre le même ordre chez tous les professionnels et que son évolution n’est pas toujours graduelle. D’un autre côté, ce qui en revanche se présente généralement, c’est « une escalade de la symptomatologie » ; l’apparition du premier symptôme déclenche l’apparition des suivants.

Cela ne veut pas dire que tous les professionnels impliqués dans les réseaux de soutien ainsi que ceux qui sur leur lieu de travail voient de près la mort ou la maladie doivent s’user. Il y a des professionnels qui, avant de s’attaquer à des tâches aussi difficiles que les soins palliatifs ou l’oncologie, se renforcent. La manière dont ils gèreront la difficulté, cela dépend de bien des ressources d’affrontement, ainsi que de la régulation que fait la personne de ses propres émotions.

Evoluer près de la mort vous apprend à vivre.

Affrontement du burnout

Il existe certains éléments (expériences, personnes, situations, etc) que l’on ne peut pas changer ou sur lesquels nous n’avons pas un contrôle absolu. Des événements qui sont tels qu’ils sont. Des événements dont on aurait aimé qu’ils soient autrement, qui nous semblent injustes, qui ne devraient pas exister.

Pourtant…ils sont ainsi, et nous n’y pouvons rien. En ce sens, pour pouvoir prendre soin de nous, il résulte préférable de faire la différence entre ce que l’on peut et ce que l’on ne peut pas faire ; entre ce qui est, et ce qui devrait être. Cela nous protègera de l’impuissance, de la frustration, de la culpabilité et de la colère.

Il est important d’accepter que :

  • Nous sommes responsables de ce que nous faisons, pas coupables. Nous pouvons toujours choisir notre manière de réagir face à ce qui est arrivé.
  • Nous avons des limites et nous avons besoin de prendre soin de nos relations, qu’il s’agisse de la relation que nous maintenons avec nous-même ou de celle que nous maintenons avec les autres.
  • La douleur et la souffrance nous affectent : c’est normal et humain. Cela nous servira à en découvrir davantage sur nous-même.
  • Les émotions ont leurs propres règles et se soumettent difficilement aux dictats de la raison. C’est ainsi, même si vous êtes un professionnel de la santé.
femme faisant un burnout

Ressources efficaces face au burnout

Pour traiter le burnout, généralement, on utilise deux recours psychologiques avec des effets thérapeutiques très puissants. Nous vous parlons ici de l’acceptation et de la compassion. Les deux tentent de nous libérer de la tension et nous permettent de préserver la motivation et la volonté afin que l’on puisse utiliser notre énergie de manière proactive. En ce sens, la proactivité consiste en le fait de prendre des décisions par soi-même, de se sentir responsable de ce que l’on fait sans justifier quoique ce soit par un facteur extérieur.

De cette manière, l’acceptation et la compassion nous permettent de nous fixer quelques objectifs réels et à notre portée, et nous guident pour que finalement, nous puissions les atteindre. Il s’agit de se focaliser ce que l’on veut, pas sur ce que l’on craint. Pour cela, il est important de chercher l’information adéquate et d’investir dans une formation de qualité. Par exemple, s’entraîner à pratiquer des techniques comme le mindfulness, qui se base sur la pleine conscience focalisée sur le moment présent.

Les processus d’auto-régulation ont aussi une grande importance dans ce domaine. Lorsque nous parlons de processus d’auto-régulation, nous faisons référence à ces stratégies qui nous permettent de contrôler la conduite elle-même (émotionnelle, cognitive et motrice) afin d’arriver à s’adapter à la situation, et aux circonstances qui la marquent.

Finalement, l’approche générale que cela souligne est simple : retrouver le contrôle de ses choix personnels importants (comme celui de se consacrer à aider les autres) qui permettent d’effectuer la tâche choisie de la manière la plus efficace et impliquant le coût émotionnel le plus faible possible.