Ma première consultation chez le/la psychologue

· 26 octobre 2017

Je n’avais jamais pensé avoir un jour besoin d’aller consulter un-e psychologueJe n’avais pas non plus cherché à savoir en quoi consistait le travail des psychologues, ni ce qu’une bonne thérapie pouvait m’offrir. Mais, un jour, tout cela a changé. J’ai commencé à sentir que quelque chose n’allait pas au fond de moi et je ne pouvais pas très bien me l’expliquer.

J’ai commencé à perdre ma motivation et ma joie. Les choses que j’adorais me laissaient complètement indifférent-e. J’avais de plus en plus de mal à sortir du lit, à sortir de la maison, même si je me sentais mieux quand j’en partais. Je le voulais, mais je ne pouvais pas. C’était une sensation étrange, qui m’a amené-e à penser que quelque chose n’allait pas bien au niveau de ma santé mentale.

Puisque le temps passait et que rien ne changeait ou s’améliorait en moi, je me suis motivé-e pour aller voir un-e psychologue. Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne savais pas quoi dire ou comment commencer quand je me suis présenté-e dans son bureau. J’étais très nerveux-se et, en même temps, réticent-e. Maintenant que je connais les résultats, je peux vous dire que ça m’a été très utile et que cela ne s’est pas passé comme je le pensais. C’était différent.

« Toutes les personnes parlent de l’esprit sans hésitation, mais elles restent perplexes quand je leur demande d’en donner une définition. »

-B. F. Skinner-

consultation chez le psychologue

Un-e psychologue ne vous dira pas ce que vous voulez entendre : iel vous dira la vérité, même si elle blesse

La première fois que je me suis rendu-e à une consultation psychologique, le médecin a commencé par me demander les raisons qui m’avaient poussé-e à demander de l’aide. Ne pas pouvoir l’expliquer m’effrayait un peu. Comme je l’ai dit un peu plus tôt, je me sentais mal, tout simplement. Mais j’étais incapable d’en trouver les raisons, j’étais incapable de mettre des mots à ce mal-être. Et, contrairement à ce que j’avais pu penser, parler avec le/la psychologue m’a semblé très simple.

Il a réussi à m’aider à mettre des mots sur mon mal-être, je ne me suis pas senti-e seul-e ou désemparé-e, et il ne m’a pas non plus adulé-e en me racontant uniquement ce que je voulais entendre. Il m’a simplement appris à analyser et à travailler ce qui n’allait pas, à être conscient-e de mes défauts mais aussi de mon potentiel.

« Votre existence n’est pas déterminée par ce que la vie vous donne mais par l’attitude que vous adoptez face à elle ; elle n’est pas déterminée par ce qui vous arrive, mais par la façon dont votre esprit voit ce qui vous arrive. »

-Khalil Gibran-

Nous ne faisions pas que parler. Nous nous sommes mis-es d’accord, dès le début, dès la première visite, sur un objectif : laisser derrière moi cette sensation de mal-être qui m’avait poussé-e à consulter un-e professionnel-le de santé. Il s’agit peut-être de la partie la plus difficile d’une thérapie car vous n’êtes pas une entité passive qui reçoit une solution magique à ses problèmes ; bien au contraire, vous vous rendez compte que ceux-ci peuvent changer, évoluer ou disparaître en fonction du point de vue à partir duquel vous les observez et en fonction de ce que vous en faites, directement ou indirectement.

C’est à ce moment que vous comprenez que la magie à travers les mots n’existe pas. Le changement demande du travail, il faut parfois faire beaucoup plus que supporter la souffrance qui vous a poussé-e à consulter. Même quand vous êtes en plein dans le processus, il se peut que l’idée que vous avez de vous-même change et que cela vous effraie, mais l’objectif n’est pas de se sentir bien à court terme : il faut travailler pour atteindre un changement qui vous conduit à vous sentir bien à long terme.

« La mission de la psychologie est de nous donner une idée totalement différente des choses sur lesquelles nous en savons le plus. »

-Paul Valéry-

psychologue et patient

Un-e bon-ne psychologue vous aidera à vous défaire de la culpabilité et vous obligera à prendre la responsabilité de votre mal-être

Une fois la thérapie initiée et les changements mis en marche, tout ne se déroule pas simplement. Très souvent, étant donné que j’étais déjà conscient-e de mes problèmes, je m’entêtais à les étiqueterAvec des étiquettes qui ne correspondaient pas toujours à ce que mon/ma psychologue me disait.

Cela me faisait perdre confiance car je pense que personne, à part nous-mêmes, ne peut mieux nous connaître. Mais j’ai ensuite compris que, de la même façon que personne ne peut me connaître aussi bien que moi, je me suis spécialisé-e dans la connaissance de mes ressorts et mécanismes mentaux, comme l’a fait mon/ma psychologue. C’était quelque chose d’assez simple, qui m’échappait à première vue mais qui cache une autre réalité. Celle qui affirme que vous pouvez être maître-sse dans l’art de l’auto-tromperie.

Cette auto-tromperie qui nous pousse à être trop cruel-le-s ou trop gentil-le-s envers nous-mêmes et qui nous prive d’une vision claire de notre propre réalité. Ce qui nous fait très souvent plonger dans la culpabilité à cause de ce que nous ressentons, de ce que nous sommes, ou simplement parce que nous nous sentons mal.

Or, la thérapie fonctionne comme un miroir. Elle vous apprend à vous voir tel-le que vous êtes et non pas comme vous le souhaiteriez. Elle ne vous montre pas non plus celui/celle que vous vous reprochez d’être. Ma première consultation dans un cabinet psychologique m’a aidé-e à me défaire de la culpabilité que je ressentais pour ne pas avoir mis toute mon énergie dans les défis que je n’avais pas su relever. Elle m’a aidé-e à me responsabiliser par rapport à ce mal-être qui était né de cette culpabilité.

Ainsi, pour toutes ces raisons, ma première consultation en a valu la peine. Désormais, je suis plus fort-e, j’ai davantage de ressources et ma vision du monde est plus ajustée. Je sais maintenant que je ne suis pas parfait-e, je me suis même pris-e d’affection pour ces imperfections qui, avant cela, ne me causaient que de la frustration. Je peux faire face à la vie, je peux échouer, mais tout cela ne me rend pas faible : cela renforce ma motivation de grandir et d’avancer.

Il est vrai que j’ai encore peur, mais ces peurs ne s’infiltrent plus dans mes pensées et ne m’emprisonnent plus. Elles ne font plus ce qu’elles veulent de moi car j’ai désormais suffisamment de points d’appui pour me défaire des nœuds qui m’entravaient dans le passé.