Le bonheur aime le brin de folie que la vie impose

4 mars 2017 dans Psychologie 293 Partagés

Je connais beaucoup de personnes qui passent la majeure partie de leur temps à essayer de mettre de l’ordre dans leur vie et vous aussi devez en connaître un grand nombre. Au fond, elles détestent cette tâche à laquelle elles se dévouent avec acharnement, mais il existe dans leur cerveau une sorte de ressort qui les empêche de sortir de cette tyrannie qu’elles respectent avec dévotion. Là où la logique ne règne pas et où la folie apparaît, leur agitation ainsi que leur inquiétude se réveille.

Cette espèce d’affrontement entre cosmos et chaos, entre ordre et désordre, fait partie de notre histoire en tant qu’êtres pensants et surtout en tant qu’êtres qui interprètent le monde. L’ordre a un attrait inégalable, celui de donner de la logique, de rendre le monde prévisible et, par conséquent, contrôlable dans une grande mesure.

Il y a même des personnes qui prétendent mettre de l’ordre aux émotions, comme s’il existait une armoire pour les ranger dans notre cerveau et comme si nous pouvions chaque matin choisir lesquelles mettre et avec quelles pensées les associer. Nous réussirons peut-être à faire cela un jour, avec l’aide de la technologie, mais cela supposerait qu’un fait tragique s’est produit : notre dénaturalisation a eu lieu.

La folie fait partie de la vie

Autrement dit, la partie primitive continue à faire partie de notre vie. Nous vous parlons ici de l’intuition, de la créativité, de l’improvisation et du génieDe la rupture avec la probabilité et la logique. Il n’y a pas de raison à tout et ce n’est pas grave s’il n’y a pas d’explication, que ce soit au sens causal (origine) ou au sens pragmatique (but).

Dit d’une autre façon, cela ne fait rien s’il se passe quelque chose qui n’a aucun lien avec le passé et le futur et qui brise ce schéma de pensée qui naît et meurt au même moment. En fait, il s’agit d’une conciliation avec le présent, compris en tant que forme de temps et de don. Un paradoxe sémantique précieux.


Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi êtes-vous venu-e ? Désormais, cela importe peu, il se peut même que vous ne le sachiez pas. Le fait est que je suis là. Je ne sais pas du tout ce qui a fait que cette mèche s’allume pour que j’arrive jusqu’ici et je ne suis pas venu-e dans un but précis. Je suis seulement là, avec toi.


N’est-ce pas merveilleux ?

Accepter cette folie et profiter d’elle signifie mûrir

Sans folie, la passion est comme sous-alimentée. L’ordre alimente la sécurité mais la folie alimente l’âme et donne de l’espoir. La folie saine vole des cœurs et prend soin d’eux, loin de toute logique, parce qu’avec sa force elle préfère garder en vie ceux qui ont été volés avant même de se préoccuper du sien. Tomber amoureux-se est une folie qui transforme l’étranger en familier.

Tomber amoureux-se est, logiquement, un non-sens. Cela suppose un investissement de ressources énorme, une instabilité émotionnelle incroyable et, en outre, fait que le temps qui passe – notre ressource la plus limitée – se met à galoper à une vitesse proche de celle de la lumière. Il la dépasse même parfois puisque, dans cet état, tout semble se dématérialiser. Tout sauf l’amour lui-même.

Songez à tout cela quand vous sentez cette inquiétude parce que tout autour de vous semble se défaire : les schémas, de même que les statistiques, sont faits pour être brisés. Mettez de côté cette charge de conscience parce que vous ne contrôlez pas tout ou parce qu’il y a des parties de votre vie qui sont un peu chaotiques. Cette forme étrange de mettre quelque chose de côté dans votre vie est précisément celle qui peut vous inspirer ou qui peut inspirer d’autres personnes.


La folie n’est pas l’aliment, la substance de la vie, mais elle lui donne de la saveur et la complète. Elle lui donne tout son goût et lui apporte toutes ses nuances.


Il y a une raison au fait qu’un rythme constant endorme les enfants et ennuie les adultes. Ce sont les variations qui nous réveillent et font s’accélérer notre cœur, et ce que nous n’attendons pas donne de l’intensité à nos émotions. Ainsi, la folie est le sel de la vie : elle peut être dangereuse si on en met à l’excès, pécheresse si en son absence un plat n’a pas de goût… et la vie est un plat qui mérite d’être savouré au maximum.

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