Le besoin de déconnecter notre corps

· 19 juillet 2015

Les personnes utilisent souvent le terme « déconnecter » pour faire référence au besoin de chasser le stress, soit ce désir d’oublier les anxiétés et les inquiétudes qui dérivent de nos responsabilités quotidiennes.

Cette aspiration nous pousse généralement à pratiquer différentes activités pour pallier au stress

Pour certaines personnes, il s’agit de prendre des vacances, et pour d’autres d’écouter de la musique, de sortir courir, ou bien encore prendre un bain chaud.

Comment fonctionne la déconnexion automatique

Bien au-delà du choix conscient et délibéré relatif au chemin à suivre pour ne plus vivre dans le stress permanent, en réalité, notre cerveau possède un mécanisme de « déconnexion automatique » qui s’enclenche lorsqu’un certain niveau d’épuisement est dépassé. 

Cela veut dire que, si nous ne nous déconnectons pas consciemment, notre cerveau s’en chargera. Il peut même décider de prendre des vacances s’il « considère » que cela est nécessaire pour notre santé.

Ce mécanisme fonctionne de façon très particulière. Par exemple, avez-vous déjà ressenti le sentiment qui vous empêchait de vous concentrer au travail malgré tous vos efforts ?

C’est là un exemple évident de déconnexion automatique du cerveau, car en nous empêchant de nous concentrer comme nous le voudrions, il nous force à passer à des tâches pour lesquelles notre consommation de ressources est moindre.

Les études scientifiques

À l’université du Wisconsin, plusieurs chercheurs ont découvert que certaines cellules nerveuses se déconnectent pendant de brefs instants qui correspondent aux moments où nous pratiquons des activités qui ne nécessitent pas son intervention.

Les scientifiques appellent ce phénomène le « sommeil focalisé », car les neurones entrent dans un état semblable au sommeil normal. En d’autres termes, notre cerveau possède la capacité à s’endormir par bribes.

Le professeur Andrew F. Leuchter, de l’université de Californie, a découvert que les personnes dépressives présentaient de sérieux désavantages à l’heure de « déconnecter leur cerveau ». 

L’étude menée par Leuchter a commencé avec le recrutement de 121 volontaires diagnostiqués avec différents types de dépression. L’objectif était d’évaluer la synchronisation de leurs ondes cérébrales avec différentes zones du cerveau.

Ces personnes présentaient une interconnexion et une activité plus importante entre leurs zones cérébrales.

Cependant, loin d’être un atout, cette particularité montre que leurs cerveaux ne ne déconnectent pas automatiquement, car ils ne savent pas reconnaître lorsqu’ils arrivent à des états de saturation.

En conclusion, les personnes souffrant de dépression se retrouvent prisonnières d’un cercle vicieux de pensées duquel il leur est très difficile de sortir. 

Cela est dû au fait que les personnes déprimées sont incapables de contrôler les échanges cognitifs entre certaines zones du cerveau.

Par conséquent, il leur est impossible de déconnecter celles qui sont inactives. Cela signifie que ces échanges dont font preuve les personnes déprimées ne sont en rien un avantage. Au contraire, ce sont eux qui les empêchent de se déconnecter.

Mettre l’accent sur le changement

Rien n’est perdu, car il est possible de sortir de ce cercle vicieux de pensées récurrentes.

De nos jours, de nombreuses techniques ont été inventées pour combattre la dépression et, bien que leurs résultats ne soient pas toujours visibles dans la pratique, elles s’avèrent sans nul doute très utiles pour entraîner, ou rééduquer le cerveau.

Ces changements doivent s’opérer de façon graduelle, car ils demandent du temps, un certain dévouement, et le plus important, une envie sincère de vouloir améliorer sa qualité de vie.