Avoir ou ne pas avoir d’enfants ?

13, août 2017 dans Emotions 245 Partagés

Jusqu’alors, il était donné pour acquis que tout le monde voulait être en couple et avoir des enfants. Cela a changé de façon radicale. En Occident, la décision de ne pas avoir de descendance est devenu une tendance en plein essor. Beaucoup d’hommes et de femmes ne veulent pas ou ne préfèrent pas avoir d’enfants.

Les raisons qui motivent celleux qui suivent cette tendance sont nombreuses. Cela peut aller naître d’un désir personnel ou de l’idée selon laquelle donner naissance à un nouvel être contribue au déséquilibre social et écologique du monde. Quoi qu’il en soit, il est certain qu’il existe un degré de tabou plus faible autour de cette décision et que cela s’applique à presque toutes les sociétés du monde.


« C’est une mauvaise période. Les enfants ont cessé d’obéir à leurs parents et tout le monde écrit des livres. »

-Cicéron-


Le résultat de cette option qui a gagné des adeptes se reflète de manière claire dans les pyramides de population de la majorité des pays développés : nous entrons peu à peu dans un monde où il y a de plus en plus de personnes âgées et de moins en moins de jeunes.

Dans certains pays, le taux de naissances est très inférieur à celui qui existait il y a vingt ans. Ceci, avec l’augmentation de l’espérance de vie, nous montre que les sociétés vieillissent. Est-ce idéal pour le monde ? La décision de ne pas avoir d’enfants correspond-elle à une logique responsable ou s’agit-il seulement d’une énorme preuve d’égoïsme ? Ce panorama est-il un effet de la crise des couples ?

La décision de ne pas avoir d’enfants

Beaucoup pensent et défendent avec des arguments qu’avoir des enfants enlève de la liberté et génère des complications. L’éducation exige un investissement de temps que beaucoup de personnes ne sont pas prêtes à donner. Pour elles, avoir un enfant et l’éduquer n’a rien d’intéressant et est, au contraire, très étouffant. Apparemment, seuls le travail et la vie sociale suffisent à donner un sens à la vie et les enfants ne valent pas la peine qu’on s’investisse dans leur éducation responsable.

Selon une étude menée en Europe et dénommée Childlessness in Europe (2015), les motifs pour ne pas avoir d’enfants sont en majorité professionnels. Cependant, les raisons économiques ont aussi un poids important, ainsi que les expériences de mauvaise relation avec les parents et/ou la peur de transmettre des maladies héréditaires.

Une autre étude de la Fédération de la Famille de Finlande indique que, au cours de ces dernières années, les difficultés économiques se sont peu à peu transformées en la principale raison pour ne pas avoir de descendance. La précarité du travail et l’incertitude face au futur ont influé dans le développement de cette perception.

Par ailleurs, si l’on se demande qui sont les plus heureux entre ceux qui décident d’avoir des enfants ou non, l’Université Western Ontario au Canada a conclu qu’il n’y avait pas de réponse définitive. Apparemment, ce sujet est profondément lié à l’âge. Pour les plus jeunes, avoir des enfants fait diminuer le degré de bonheur. Pour ceux ayant plus de 30 ans, la perception est neutre. Et pour celleux ayant plus de 40 ans, un enfant est une grande source de joie.

Une décision qui obéit à de nombreux facteurs

Il n’existe pas de réponse générale à cette question d’avoir des enfants ou non. Chaque personne, et surtout chaque couple, doit prendre sa propre décision. Une chose est sûre : il est important de réfléchir à ce point et d’essayer de ne pas se tromper. Les effets qui suivent le fait d’avoir un enfant sans le vouloir peuvent parfois être réellement dévastateurs. Et, au contraire, frustrer son désir d’être père ou mère peut déboucher sur un énorme vide existentiel.

Les conditions parfaites pour procréer n’existent presque jamais. L’idéal est qu’il y ait un couple stable, qui gagne suffisamment d’argent, qui ait assez de temps disponible et que les deux souhaitent vraiment être parents. Il est très rare que toutes ces variables soient présentes en même temps. Cependant, cela ne signifie pas qu’il est impossible de faire des ajustements et de s’adapter pour accueillir une nouvelle vie. En fait, ces ajustements se sont toujours faits par eux-mêmes : les familles nombreuses, qui étaient habituelles il n’y a pas si longtemps, étaient capables de survivre avec moins de ressources.

Par ailleurs, il est important de savoir d’où provient le désir d’avoir un enfant. Parfois, il naît d’une perception ou d’un intérêt biaisés. Par exemple, on retrouve beaucoup de couples en conflit qui peuvent se tromper en pensant qu’un enfant va améliorer leur relation ou mettre fin à leurs disputes. Il y a également celleux qui sont frustré-e-s avec leur propre vie et qui veulent avoir une descendance qui réussisse et atteigne les objectifs qu’elleux-mêmes n’ont pas réussi à atteindre. Dans ces deux cas, les possibilités d’échec sont nombreuses.

Nous sommes de plus en plus libres de choisir avec qui et comment nous voulons configurer notre familleIl s’agit d’une grande avancée. Cependant, c’est également une situation qui débouche sur de nouvelles angoisses et de nouvelles incertitudes. L’essentiel, dans ce cas-là comme dans d’autres, est de cultiver notre capacité à écouter le message qui se trouve au fond de notre cœur. Le reste est complémentaire.

En ce sens, avoir un enfant constituera toujours un défi. L’éducation d’un petit être ou de plusieurs n’est pas un processus simple : cela implique de faire face à de nombreux défis sociaux, naturels et, surtout, à ceux que supposent les enfants en eux-mêmes. Cependant, il y a sans doute dans ce défi d’innombrables raisons cachées pour grandir et, pourquoi pas, pour être heureux-ses.

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