Apprendre à refermer un chapitre pour en commencer un nouveau

26 juin 2017 dans Psychologie 47 Partagés

Quand nous terminons un chapitre, une petite histoire se referme ; quand nous disons au revoir pour la dernière fois, nous écrivons un petite fin. Tout ce que nous ne refermons pas nous poursuivra et nous continuerons à le répéter jusqu’à ce que nous réussissions enfin, à travers un processus de deuil, à y mettre un point final pour commencer un nouveau chapitre.

Le deuil se définit comme le processus d’adaptation émotionnelle qui suit n’importe quelle perteUne perte n’étant pas forcément une mort. Même s’il s’agit du fait avec lequel l’inconscient collectif a établi la plus grande association, le deuil fait aussi référence à des séparations, des changements de travail, des déménagements…

Étapes du processus de deuil

Les différentes étapes de deuil qui ont été proposées par le docteur E. Kluber Ross sont :

  • Phase de négation : la personne refuse d’accepter la perte. Elle peut aussi être plongée dans un état de choc qui l’empêche d’accepter le début du chemin par lequel elle va inévitablement devoir passer.
  • Phase de colère : au cours de cette étape, la personne est frustrée et en colère. Ce peut être envers les circonstances au cours desquelles la perte est arrivée, envers elle-même, envers d’autres personnes, etc.
  • Phase de négociation : on essaye de trouver des solutions face à cette perte. Si nous parlons de la perte d’un être cher, cette phase de négociation peut inclure le fait de reprendre certaines activités qui étaient effectuées en compagnie de l’être décédé.

  • Phase de tristesse : pendant cette étape, on fait l’expérience de la perte à travers une grande douleur, on travaille avec la tristesse qui apparaît. Il s’agit d’une phase de réflexion sur soi-même.
  • Phase d’acceptation : au cours de cette étape, la personne prend conscience du moment qu’elle est en train de vivre et de la perte. Elle accepte cette perte et essaye de s’adapter à son environnement en faisant s’emboîter les pièces restantes.

Ces phases ne sont pas identiques pour tout le monde. Elles ne se déroulent pas non plus dans ce même ordre et n’ont pas de durée spécifique, elles sont simplement là pour orienter. Le plus important dans cette division, lorsque l’on travaille avec une personne qui est en plein processus de deuil, est de savoir que nous allons rencontrer, à chaque étape, une personne avec une disposition distincte face à ce deuil. Cette disposition déterminera les outils que nous lui offrirons et les tâches que nous pourrons lui proposer.

Tout processus mal refermé a tendance à se répéter, à stagner ou à reculer. Toutes les failles que nous voyons chez les autres, que nous avons ignorées ou que nous refermons sans le moindre travail, nous mènent au même point. Parce que nous avons besoin de ressentir la douleur de la perte, parce que nous avons besoin de voir comment nous nous sentons, nous avons besoin d’extraire l’énergie qui enveloppe la rage pour ensuite intégrer cette tristesse, comme une nouvelle partie admissible de notre être.

Si nous ne menons pas à bien ce processus de clôture, nous ne faisons que coller des pansements sur une blessure qui saigne, sans la soigner, et nous n’arrivons qu’à recouvrir superficiellement ce qui nous fait du mal. Jusqu’à ce qu’on s’égratigne à nouveau.

Travailler la douleur en renonçant à la souffrance

Dans son livre El camino de las lágrimas (“Le chemin des larmes”, en français)Jorge Bucay nous explique cette phrase :

“Souffrir, c’est rendre une douleur chronique. C’est transformer un moment en un état, c’est s’attacher au souvenir de ce que je pleure pour ne pas cesser de le pleurer, pour ne pas l’oublier, pour ne pas y renoncer, pour ne pas le laisser partir alors que le prix n’est autre que ma souffrance, une mystérieuse loyauté avec les absents”.

La douleur dont on doit faire l’expérience est une émotion saine, une sensation qui indique que l’on guérit, qui nous connecte à notre intérieur et nous aide à gérer la perte. Elle nous retire une chose et nous en apporte une nouvelle puisqu’elle nous offre du temps pour nous-mêmes.

Aucune émotion n’est dysfonctionnelle et c’est pour cela que les pertes impliquent de ressentir de la tristesse, de la douleur, de l’éloignement, de la colère, etc. Ce sont des étapes et quand elles durent plus de temps qu’elles ne le devraient ou font du mal ou rendent toute perspective de vie impossible, il est alors temps de demander de l’aide. Quand la tristesse se transforme en dépression, la colère en agressions injustifiées, l’éloignement en négligence personnelle ou la douleur en déchirement, alors oui, quelque chose ne va pas dans ce processus de guérison, nous ne nous trouvons pas sur le chemin nécessaire des larmes, nous avons besoin d’aide.

Quel est mon rôle dans le processus de deuil ?


“Le processus de deuil permet de chercher, parmi les trésors de votre cœur, l’endroit où l’être que vous aimez mérite de se trouver. Vous vous en souviendrez ainsi avec tendresse et sentirez que le temps que vous avez partagé avec lui ou elle a été un cadeau précieux. Vous comprendrez, avec le cœur sur la main, que l’amour ne se termine pas avec la mort.”

-Jorge Bucay-


Comprendre pourquoi une étape s’est terminée, savoir ce que je peux en tirer de positif, ce qui n’a pas marché et ce que j’ai pu faire de mal m’aide à mieux me connaître et à découvrir ce que je peux faire pour m’améliorer. Ce que je veux changer, ce que je veux garder ou ce que j’aurais pu faire de mieux.

Le processus de deuil me mène à un point et à une suite spéciale parce qu’il marque la fin d’une histoire. Ce n’est pas un processus passif, il a besoin de chacun de nous, de nos émotions et de nos actions, de nos envies et de notre force pour continuer à aller de l’avant. Il requiert un travail personnel pour savoir écrire une bonne fin et commencer, avec ce que l’on a appris et apprécié, le chapitre suivant.

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