6 étapes pour transformer la douleur en apprentissage

20 avril 2017 dans Psychologie 202 Partagés

La douleur est inhérente à la vie. Elle en fait partie, au même titre que le plaisir et la joie. On a tendance à penser que c’est un hasard fatal, un caprice du destin, mais ce n’est rien de plus qu’une extension de notre existence. C’est pourquoi nous ne pouvons pas l’éviter, et tout effort qui sera mis en oeuvre dans ce but se révélerait inutile et vain.

La douleur, de même que la joie, nous rapprochent de notre essence la plus primaire. Toutes deux nous donnent les leçons les plus importantes de notre vie et guident nos pas.

Or, souvent, on transforme la douleur en souffrance. Dans une gorgée amère et éternelle que l’on boit cul sec. C’est comme si on cherchait désespérément à souffrir plus que ce que l’on souffre déjà.

La souffrance est un ajout à la douleur, ce n’est pas la douleur elle-même

Il n’y a rien de mal à être nostalgique, ni à vouloir rester avec sa douleur ; parfois, cela est même nécessaire. Prendre ce café avec nous-même, se retrouver face à notre intimité la plus solitaire. Ce rendez-vous avec notre humanité.

Le plus inquiétant, et ce qui cause encore plus de souffrance que celle que l’on ressent déjà, c’est tout ce poids que l’on ajoute alors que le chemin que l’on traverse est jonché de suffisamment d’obstacles. Ce poids, on se l’ajoute quand, par exemple, on se dit que cette tristesse durera éternellement, qu’elle n’est pas finie.

Transformer la douleur en une expérience d’apprentissage

Or, il y a une bonne nouvelle : on peut inverser cette souffrance supplémentaire et, mieux encore, on peut en faire une expérience d’apprentissage qui augmente exponentiellement notre sagesse existentielle.

Comment ? José Antonio Garcia-Monge, un des psychologues et une des personnes qui a eu le plus d’influence dans ma vie, l’explique dans un de ses livres : lorsque quelqu’un a participé au processus personnel par lequel sont passés tant d’esprits inquiets, il atteint une sagesse qui lui permet de vérifier une fois de plus que la douleur est humaine et indissociable de l’acte de vivre, mais aussi que la souffrance est un artifice que l’on ajoute et duquel on ne pourra pas se débarrasser.

1. Reconnaître sa douleur

Il nous faut identifier notre douleur et savoir s’il s’agit d’une douleur qui nous affecte de manière psychique, physique, sociale, existentielle… Il existe différents types de douleur, et on doit être capable de reconnaître la nôtre, de la regarder en face et de rester un moment avec elle au cours de ce rendez-vous si spécial duquel nous parlions plus tôt dans cet article.

2. Maintenir un dialogue honnête avec elle

Pour commencer à dialoguer avec elle, nous devons être bien au clair sur quelque chose ; la douleur nous alerte et nous montre que quelque chose ne fonctionne pas, que quelque chose interrompt notre paix mentale. C’est pourquoi nous devons comprendre d’où vient cette douleur, et pourquoi elle apparaît.

En répondant à ces questions, on atteint déjà une belle victoire. Mais pour ce faire, il nous faut être honnêtes et écouter ce que cette douleur veut nous dire. Rien ne sert de fuir, poussé-e-s par la peur, ni de l’écouter à moitié. Il faut l’écouter avec tous nos sens et avec la plus grande sincérité possible puisque la douleur nous met à nu.

3. Ne pas la transformer en souffrance

Comme le dit Garcia-Monge, « La douleur peut brûler une partie de notre corps. La souffrance a le pouvoir de détériorer la personne entière. » Cette phrase est on ne peut plus vraie… La souffrance a le pouvoir de bloquer complètement notre esprit et, par conséquent, de nous rendre incapables.

On fait de notre douleur une souffrance à partir du moment où on se projette dans le temps ; on la dote d’une permanence infinie ou on l’agrandit avec des messages catastrophistes et vides d’espoir.

4. En assumer la responsabilité

Assumer la responsabilité de notre douleur passe par le fait de reconnaître ce que nous faisons pour l’intensifier. Pour qu’elle grandisse et grandisse encore de manière à ce qu’une pluie ténue finisse par se transformer en inondation.

Encore une fois, mettre sur les autres NOTRE responsabilité est un exercice inutile qui finira par générer encore plus de douleur en nous. De fait, généralement, ce sont les tromperies qui survivent le moins longtemps.

5. Se libérer d’elle sans bouger

En franchissant les étapes antérieures, nous aurons déjà atteint suffisamment de buts ; en effet, cela nous permettra de connaître une paix qu’en revanche nous ne trouverons jamais si on nous reportons le rendez-vous avec la douleur. Un rendez-vous face à face.

Peut-être avons-nous pu l’apaiser avec quelque chose qui nous aide et nous ancre à la vie. Chaque personne est unique et sait ce qui peut l’aider et ce qui ne peut pas l’aider. Aucune solution n’a la même efficacité pour tout le monde. Et vivre, c’est ça.

6. Mûrir grâce à elle (ou malgré elle)

« Savoir existentiellement que nous sommes plus grands que notre propre douleur » disait Garcia-Monge. Une fois de plus, une phrase qu’il est émouvant d’écrire. Etre plus grand-e-s que notre propre douleur, cela implique d’assumer que nous ne sommes PAS uniquement et exclusivement notre douleur.

Nous sommes plus que cela. Cela implique de reconnaître que nous avons des ressources très puissantes que nous devons découvrir et utiliser pour nous aider et nous accompagner dans cette transition si difficile mais si humaine que celle de passer de la douleur à l’apprentissage.

Ainsi, vous, toutes ces personnes qui passez par une mauvaise passe, nous vous invitons à vous écouter avec l’honnêteté que cela requiert, à assumer ce qui vous appartient à vous et pas autres, et à vous embrasser.

A découvrir aussi