Alzheimer : la nouvelle méthode du Dr Francisco Lopera

07 octobre, 2020
Le Docteur Francisco Lopera étudie la maladie d'Alzheimer depuis plus de 30 ans et a déjà réalisé des progrès incroyables. Sachez-en plus ici.

Il existe aujourd’hui dans le monde cinq grandes études qui recherchent des médicaments pour traiter la maladie d’Alzheimer. Quatre d’entre elles se déroulent aux États-Unis et une en Colombie. Cette dernière est dirigée par le Docteur Francisco Lopera. Ce dernier étudie cette maladie depuis plus de 30 ans et a déjà réalisé des progrès incroyables.

La différence entre le travail du Dr Francisco Lopera et celui d’autres chercheurs tient dans le fait que, grâce au hasard et à une recherche ardue, il trouva une nouvelle manière d’aborder cette maladie. Une voie qui résulte des particularités génétiques qu’il trouva chez l’un de ses patients.

La maladie d’Alzheimer est un type de démence qui cause de grandes souffrances  à ceux qui en souffrent et à leurs familles. La perte progressive de la mémoire et des différentes fonctions équivaut à une mort lente de l’identité, des projets de vie, de l’être.

Beaucoup d’individus dans le monde attendent, sinon un remède, au moins un traitement plus efficace que ceux d’aujourd’hui.

Il demande une main qui serre la sienne, un cœur qui prend soin de lui et un esprit qui pense pour lui quand il ne peut pas. Quelqu’un pour le protéger lors de son voyage à travers le dangereux labyrinthe.

– Diana Friel-

Découvrez la méthode du Docteur Francisco Lopera pour traiter la maladie d'Alzheimer.

Le parcours de recherche du Dr Francisco Lopera

Le Dr Francisco Lopera mène une étude dans laquelle il reçut la collaboration du National Institute of Health des États-Unis , du Banner Institute, de la société Genentech et, plus récemment, d’experts de l’hôpital Général du Massachusetts et de l’Instutu Schepens de Recherche oculaire. Le cœur de son travail se déroule à l’Université d’Antioquia (Colombie).

Il passa de nombreuses heures à essayer de développer un traitement pour la maladie d’Alzheimer. Des progrès importants furent réalisés mais les médicaments qui existent sur le marché restent limités. Il s’agit de la raison pour laquelle la recherche se concentre depuis quelques années sur la prévention plutôt que sur la guérison.

Il existe aujourd’hui des méthodes de détection précoce de plus en plus précises. Il s’agit néanmoins de procédures sophistiquées qui ne sont actuellement pas disponibles pour tous. Elles ne sont en effet utilisées que dans les groupes de recherche. Il est probable que nous puissions tous en bénéficier à court terme, ce qui représenterait une grande avancée.

Un chemin différent

Le Dr Francisco Lopera trouva une nouvelle voie pour la recherche et, probablement, pour le traitement de la maladie d’Alzheimer. Tout commença en 1984, alors qu’il était résident en neurologie.

Vint alors à son cabinet un patient de seulement 47 ans qui se trouvait déjà à un stade avancé de la maladie. Le Dr Francisco Lopera appris alors que le père, le grand-père et les oncles de ce patient avaient également souffert de la maladie d’Alzheimer.

Cela le conduisit à réaliser une généalogie de cette famille. Il découvrit alors que le premier groupe familial présentait une forme héréditaire d’Alzheimer. Plus tard, déjà en tant que chercheur, il découvrit deux autres familles avec les mêmes caractéristiques.

Onze ans après cette première découverte, son groupe de travail confirma qu’il s’agissait bien de la maladie d’Alzheimer et que la maladie, dans ce cas précis, était due à une mutation génétique.

De nouveaux cas apparurent au fil du temps. Ils trouvèrent la même caractéristique dans chacun d’eux. Ils l’appelèrent “mutation paisa” car il n’existait aucune autre référence dans le monde. Ils n’avaient cependant pas encore découvert ce qui est vraiment exceptionnel.

Le Docteur Francisco Lopera a développé une méthode pour traiter la maladie d'Alzheimer.

De nouveaux horizons

Le Docteur Lopera explique qu’il y a, dans la maladie d’Alzheimer, une sorte d’accumulation de “déchets” dans le cerveau. Ce déchet est composé d’une protéine appelée amyloïde.

Les fragments de cette dernière s’unissent et forment quelque chose comme une “substance visqueuse” qui s’accroche aux neurones et provoque une série d’échecs. L’autre partie des “déchets” est le tau, qui enveloppe le neurone, l’enferme et le tue. Tau est plus nocif.

L’une des patientes du Dr Francisco Lopera faisait partie d’une des familles qui présentaient la mutation, dont elle-même. Cependant, contrairement à tous ses proches, elle ne développa pas la maladie tôt.

Les premiers symptômes n’apparurent en effet qu’à l’âge de 70 ans. Il s’agissait d’un cas tout à fait exceptionnel, raison pour laquelle les études se concentrèrent sur elle.

Après avoir réalisé sur elle des études approfondies à Boston, les experts constatèrent que son cerveau était rempli d’amyloïde en proportion supérieure par rapport à d’autres cas.

Elle présentait en revanche très peu de tau. Les investigations leur permirent de vérifier que la patiente présentait une autre mutation qui inhibait la production de tau et retardait ainsi la progression de la maladie.

La découverte fut publiée dans la revue Nature Medicine. Elle ouvre un nouvel horizon pour les chercheurs. Ces derniers pensent qu’une thérapie génique pourrait être effectuée à partir des informations recueillies auprès de cette patiente. En d’autres termes, reproduire les informations génétiques chez d’autres personnes.

Ils envisagent même la possibilité de développer un médicament imitant le mécanisme de mutation protectrice.

Tribín, H. S., López, P. J. M., Rico, J. M. M., del Mar Moreno, L., Suárez, L., del Mar Sánchez, C., … & Ariza, N. (2019). INNOVACIONES MÉDICAS REALIZADAS POR COLOMBIANOS O EXTRANJEROS EN COLOMBIA. Medicina, 41(1), 68-76.