L’agnosie, ou l’incapacité de reconnaître le connu

3 décembre 2017 dans Psychologie 42 Partagés
agnosie

Que se passerait-il si un jour vous étiez incapable de distinguer un parapluie d’une canne ? Ou que vous ne puissiez pas reconnaître les objets par le toucher ? Si cela vous arrivait de manière systématique, vous souffririez probablement d’un type d’agnosie : incapacité à reconnaître toute information provenant des sens. Un terme qui a été introduit par Sigmund Freud en 1891.

Même si tous les sens fonctionnent correctement, le problème réside dans notre cerveau. Ce dernier est incapable de reconnaître l’information que les sens filtrent de l’extérieur. Un accident vasculaire cérébral, un traumatisme cérébral ou la réduction de l’oxygène qui atteint le cerveau peut causer des dommages au cerveau,  menant à l’agnosie.

Le mot agnosie vient du grec et signifie « ne pas savoir ».
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Le moment où les sens cessent d’être utiles

Toutes les personnes souffrant d’agnosie traversent une période de frustration, d’impuissance et d’angoisse parce qu’elles sont incapables d’interpréter ce qu’elles voient, ce qu’elles sentent ou ce qu’elles mangent. C’est comme si les sens et le cerveau cessaient de parler le même langage, comme s’ils cessaient d’être connectés pour être totalement indépendants l’un de l’autre.

C’est pourquoi il est fréquent et compréhensible que les personnes atteintes d’agnosie tombent dans des états dépressifs. La cause est précisément cette déconnexion entre le cerveau et les sens qui empêche non seulement de percevoir le monde, mais aussi d’interagir avec lui sous ses différentes formes.

homme souffrant d'agnosie

Il est important de mentionner que lorsque nous parlons d’agnosie, nous ne faisons pas référence au fait que, soudainement, tous les sens se trouvent impliqués. En effet, comme nous le verrons dans la suite de cet article, il existe plusieurs types d’agnosie dont peut souffrir une personne :

  • Agnosie visuelle : incapacité à nommer et à catégoriser des objets, par exemple, être incapable de reconnaître une raquette et de la nommer simplement en la voyant.
  • Agnosie auditive : problèmes pour reconnaître les stimuli sonores, par exemple, ne pas savoir distinguer les instruments des voix dans un morceau de musique.
  • Agnosie tactile : incapacité d’identifier les objets par le toucher, par exemple, ne pas être capable de différencier une cuillère d’une fourchette ou d’un allume-cigare.
  • Agnosie spatiale : difficulté à s’orienter et à créer des cartes mentales, par exemple, être incapable de faire un plan de la maison dans laquelle on vit.
  • Agnosie motrice : également connu sous le nom d’apraxie, se réfère aux difficultés pour se souvenir et exécuter des mouvements appris, par exemple, mettre sur une chemise.
  • Agnosie corporelle : problèmes pour identifier son propre corps, par exemple, croire que les extrémités appartiennent à une autre personne parce qu’elles n’ont pas été identifiées comme propres.
« C’était un spectre. Il m’a regardé et j’ai seulement vu des traits flous comme s’il s’agissait de stèles. Je ne voyais qu’un fantôme perdu dans un miroir. Je ne savais pas si ce que je touchais était ma bouche, mon oreille ou mon nez. »
-Esther Chumillas, souffre d’agnosie visuelle due à la méningite-

homme souffrant d'agnosie

Lorsque notre cerveau nous trompe

Après avoir fait le tour de tous les types d’agnosies, il est nécessaire de préciser que la chose la plus habituelle est qu’un seul sens se trouve affecté. Autrement dit, qu’une personne souffre d’agnosie motrice mais que ne vient pas s’ajouter une agnosie auditive. Cependant, il s’agit d’une norme pour laquelle il existe également des exceptions.

La raison pour laquelle les gens ont tendance à souffrir uniquement d’un seul type d’agnosie est qu’une seule partie du cerveau se trouve endommagée. Par exemple, si notre lobe temporal présente certaines lésions, il est très probable que nous présentions une agnosie auditive, cependant si notre lobe occipital est affecté, nous pouvons souffrir d’agnosie visuelle ou spatiale.

Dans le cas où deux régions sont endommagées, il est possible que plus d’un type d’agnosie se produise. Cependant, la question qui nous vient à l’esprit est la suivante : existe-t-il un remède ? Existe-t-il des espoirs d’amélioration notable lorsque le cerveau est affecté ?

La réponse est oui : il existe des espoirs d’amélioration, notamment grâce à l’ergothérapie, à l’orthophonie et aux spécialistes en neurologie qui peuvent fournir à la personne atteinte des outils très utiles. Par exemple, la rééducation cognitive enseigne certaines « astuces » pour reconnaître un visage. L’une d’elles est de regarder les détails les plus saillants de ce visage et d’apprendre à les interpréter dans le cas d’agnosie visuelle.

L’agnosie n’est pas un terme très connu. Cependant, nous en savons beaucoup plus aujourd’hui sur ce problème qui touche certaines personnes, rendant difficile leur quotidien. Grâce aux professionnels qui se consacrent à rechercher et à apprendre davantage sur ce sujet, nous pouvons aujourd’hui dire que dans les cas pour lesquels il n’existe pas de remède complet à l’agnosie, il est tout de même possible de fournir aux personnes qui souffrent des ressources et des outils améliorant leur qualité de vie.

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