Adolescence : pourquoi les "mauvais garçons" plaisent-ils ?

26 octobre, 2020
Bien que nous soyons censés vivre à une époque où les femmes ont accompli de grandes choses, beaucoup de jeunes femmes établissent encore des relations affectives avec des "mauvais garçons" qui les entourent et qu'elles considèrent comme charmants. Pourquoi cela arrive-t-il ?

Il est relativement fréquent que des adolescentes tombent amoureuses des “mauvais garçons”, des personnages qui les fascinent. C’est pourquoi de nombreux jeunes sont également prêts à assumer ce rôle, car ce rôle les rend plus intéressants pour le sexe opposé et leur confère une certaine autorité au sein de leur groupe de pairs.

Il existe plusieurs études sur l’augmentation de la violence chez les couples d’adolescents. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur et qui comprend souvent la figure du “mauvais garçon” et d’une fille amoureuse de lui.

Il convient de mentionner qu’il existe également plusieurs études, comme celle menée au sein de l’université de Huelva, qui montrent que les filles sont plus susceptibles de générer de la violence physique et verbale, tandis que les garçons sont plus susceptibles de générer de la violence sexuelle et relationnelle.

“Ce désir irrationnel de domination, de contrôle et de pouvoir sur l’autre personne est la principale force qui alimente la violence domestique entre les couples.”

-Luis Rojas Marcos-

Le phénomène des mauvais garçons

Le “bad boy” incarne un modèle de masculinité caractérisé par le courage, l’audace, la confiance en soi et un certain halo d’invulnérabilité. Il est un peu comme le “héros épique” de la littérature qui semble invincible dans tous les domaines et qui, de plus, affiche une certaine absence d’émotions, comme si rien ne pouvait l’émouvoir.

Ce type de figure représente le modèle de masculinité le plus classique, un modèle qui a été investi de qualités érotiques par différentes cultures. Le “bad boy” incarne la solidité et se révèle attrayant à des âges où tout semble perdre de sa substance, comme cela se produit à l’adolescence.

Il y a beaucoup d’adolescentes qui tombent facilement amoureuses du “mauvais garçon” parce qu’il leur donne la sécurité qui leur manque et leur donne un port d’arrivée apparemment ferme, juste au moment où elles se détachent de maman et papa. Ces types de garçons, soit dit en passant, incarnent souvent une figure aux traits paternels dans leur visage sévère.

Les mauvais garçons plaisent aux adolescentes.

La violence entre jeunes couples

Le “mauvais garçon” est souvent l’un des auteurs de la violence sexiste. Comme déjà commenté, le nombre de filles dans des relations violentes augmente également de manière significative, mais cette fois nous allons nous concentrer sur le cas des hommes.

La manière dont cette violence est perpétrée dans les couples est très variée. La possessivité et les exigences sexuelles sont les principales caractéristiques de ces relations. Les filles doivent souvent prendre la “pilule du lendemain”, car les garçons refusent d’utiliser des préservatifs et il s’agit souvent de rapports intempestifs. Cela a parfois des conséquences majeures sur la santé des femmes.

Les jeunes femmes qui sont dans ce type de relation ont également tendance à développer des liens de dépendance forts avec leur partenaire. Il n’est pas rare qu’elles cherchent à reprendre une relation avec le “méchant garçon”, même après une agression ou une ordonnance de restriction.

Les études disponibles indiquent que ce n’est pas une bonne idée d’interdire une telle relation, car cela a souvent des effets contre-productifs. Le plus souvent, la jeune fille amoureuse suppose que c’est un obstacle qu’elle doit surmonter par la force de l’amour. Souvent, les interdictions ne font que rendre la relation plus obsessionnelle.

Les adolescentes sont souvent attirées par les "mauvais garçons".

Éduquer pour prévenir la violence de genre

La plupart des filles qui vivent cette situation connaissent “la théorie”, mais ont beaucoup de mal à la mettre en pratique. Si on leur pose la question, beaucoup d’entre elles diront qu’elles déplorent la violence contre les femmes et qu’elles sont conscientes de leurs droits qu’elles apprécient profondément. Cependant, ce qu’elles font ne correspond pas à ce qu’elles disent.

Les filles qui tombent amoureuses de “mauvais garçons” ont souvent besoin d’une intervention psychologique formelle. Un atelier de deux heures à l’école ne suffit pas, pas plus qu’une leçon récitée par leurs parents.

Elles ont en elles un manque de sécurité, peut-être même des traumatismes non résolus ou l’internalisation de modèles peu commodes. C’est pourquoi elles ont besoin de plus qu’un simple discours.

Il est également fréquent que ces filles proviennent de foyers marqués par la violence sexiste. Elles la rejettent, oui, mais quand il s’agit d’agir, elles finissent par répéter le schéma qu’elles ont appris.

Dans ce cas, il est préférable de consulter un psychologue. Ce n’est que si la jeune fille est en danger de préjudice grave qu’il vaut la peine pour les parents d’agir directement sur cette relation.

Rossi, C. P. (1999). El amor es una droga dura. Editorial Seix Barral.