Accepter, ce n’est pas agiter un drapeau et vous avouer vaincu-e

31 octobre 2017 dans Psychologie 1 Partagés
femme avec papillons

Quand vous acceptez une situation qui ne s’est pas déroulée comme vous l’aviez prévu, cela ne signifie pas s’avouer vaincu-e. Très souvent, vous pouvez sentir que vous baissez la tête et que vous abandonnez face à ces circonstances qui ne vous plaisent pas et face auxquelles vous ne pouvez rien faire. Cependant, et lors de certaines occasions, vous êtes, contrairement à ce que vous pouvez croire, loin de vous soumettre.

Le fait de voir l’acceptation de cette façon n’est qu’une croyance à laquelle vous devriez réfléchir à deux fois. Comme bien d’autres croyances, celle-ci peut vous faire tomber dans une erreur : vous empêcher d’affronter les circonstances de la manière la plus adéquate. Aujourd’hui, nous allons vous aider à renoncer à cette croyance pour voir l’acceptation avec d’autres yeux et ne plus songer à vous avouer vaincu-e.

Dire « oui » à la vie telle qu’elle est et comme elle vient ne signifie pas s’avouer vaincu-e.
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L’acceptation radicale

Le concept d’acceptation radicale a été développé par Marsha M. Linehan mais c’est Tara Branch qui l’a fait connaître. Toutes deux sont psychologues. Il s’agit d’un concept qui vient de la philosophie bouddhiste et qui nous invite à abandonner toutes les attentes, fruits de nos croyances, qui nous poussent à souffrir en vain. C’est pour cela que nous devons nous rendre et cesser de résister à ce que l’on ne peut pas changer (ou à ce que l’on peut changer : un changement qui débute par l’acceptation du problème et non pas par sa négation).

Mais il ne faut pas confondre la reddition avec le victimisme. Nous n’acceptons pas cette relation comme étant logique, de sorte que cette acceptation nous pousse à nous réfugier dans les plaintes. L’acceptation radicale a un lien avec le fait de juger de qui nous arrive d’un point de vue différent, à travers lequel tout se produit d’une façon déterminée, que nous ne pouvons pas changer, mais nous avons quand même la capacité de décider de nos réactions.

enfants emprisonnés

Imaginez que vous perdez votre travail. Vous avez quelques économies et, par ailleurs, vous allez toucher le chômage. Or, vous refusez d’accepter la réalité. Vous êtes furieux-se et triste en même temps à cause de cette situation. On vous a jeté de votre zone de confort et, désormais, vous êtes perdu-e et sans espoir.

Accepter cette situation sans vous plaindre, sans déprimer et la voir comme une opportunité ne semble pas être une tendance naturelle, du moins pour beaucoup de personnes. Et ce n’est pas non plus bien vu : les autres pourraient penser « ah, ce travail n’était donc pas important pour lui/elle », « avec cette attitude c’est normal qu’on l’ait viré-e »… Différentes phrases qui ne font que pousser à se plaindre et à adopter une attitude de victime et qui, finalement, nous font agir comme des bateaux à la dérive.

Dans la société où nous vivons, le fait « d’être mal » est récompensé. Si vous demandez à quelqu’un « comment ça va ? » et qu’il vous répond « très bien » ou « mieux que jamais », vous le considérerez peut-être comme « timbré ».
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Par conséquent, que feriez-vous si vous décidiez de l’accepter radicalement ? On vous renvoie, vous ressentez toutes ces émotions, vous vous autorisez à les exprimer et vous vous arrêtez un moment. Vous vous arrêtez pour observer la situation et dire « d’accord, voilà ce qui s’est passé, je ne peux pas le changer, comment puis-je gérer cette situation ? ». Il y a différentes façons de ne pas vous avouer vaincu-e.

Vous pouvez en profiter pour suivre des cours et avoir de nouvelles connaissances qui vous serviront dans le futur, vous pouvez chercher un autre travail et considérer cette opportunité comme une expérience pour évoluer dans le domaine professionnel… Vous pouvez faire mille et une choses au lieu de rester assis et de vous avouer vaincu-e en vous plaignant. Les circonstances sont telles qu’elles sont, mais vous pouvez décider du chemin à prendre. On vous a donné des cartes pour jouer : maintenant, vous devez bien les gérer pour gagner la partie.

Refuser d’accepter la réalité est épuisant

Si changer de stratégie ou faire une pause avant de continuer à insister vous semble négatif, la négation de la réalité l’est encore plus (sauf en tant que stratégie de défense face à un impact émotionnel très fort, par exemple la perte d’un être cher). Il s’agit d’une attitude qui épuise vraiment, qui fait du mal et qui vous fait trébucher continuellement sur la même pierre : avec maladresse et sans intention d’apprendre.

Il est vrai que la réalité blesse. Et beaucoup. Malgré tout, refuser de l’accepter ou vous avouer vaincu-e ne fera que transformer votre douleur en souffrance. Vos plaintes ne seront pas entendues, tous ces « pourquoi moi ? » resteront sans réponse. Les choses se déroulent parce qu’elles doivent se dérouler ainsi ; il n’y a pas toujours de raison apparente. Mais vous avez le dernier mot et le pouvoir de décider de l’endroit où vous voulez aller.

femme qui refuse d'accepter

Vous n’êtes pas une victime, sauf si c’est ce que vous voulez croire. Dans ce cas, vous poursuivrez avec vos ruminations et vous serez pris-e au piège d’un cercle de négativité. Nous parlons d’un tunnel avec deux sorties indésirables : la dépression et l’anxiété. Vous pensez peut-être que vous avez du mérité parce que vous avez choisi l’option la plus compliquée, mais souvenez-vous que le sentier qui nous demande le plus d’efforts ne doit pas forcément être le meilleur pour nous.

« L’acceptation de ce qui s’est passé est le premier pas pour surmonter les conséquences de n’importe quel malheur. »

-William James-

Par conséquent, commencez à accepter les situations comme un point de départ pour les changer. En les considérant comme des opportunités pour décider d’un nouveau chemin et apprendre d’elles. S’échapper ne mènera jamais à rien et refuser d’assumer ce qui vous arrive, encore moins. L’accepter, en revanche, au lieu de vous condamner, n’est que le premier pas pour tout vaincre.

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