5 traits des personnes émotionnellement immatures

17 mai 2017 dans Psychologie 744 Partagés

Les questions de maturité et d’immaturité tiennent beaucoup du mythe. Les personnes n’admettent pas qu’on les installe dans une seule case, ni qu’on leur attribue une seule étiquette. Chacun d’entre nous est un mélange dans lequel s’entremêlent des formes de conscience différentes. Nous sommes ignorant-e-s et sages, enfants et ancien-ne-s, puériles et consciencieux-ses. Tout en même temps, même si, selon le moment, des caractéristiques ressortent plus que d’autres.

L’immaturité émotionnelle pourrait se définir comme une condition dans laquelle les personnes n’ont pas renoncé aux désirs et aux fantasmes de l’enfance. Désirs et fantasmes qui ont un lien avec le fait que le monde tourne autour d’elles, ou que la réalité se dédouble en fonction de ce qu’elles veulent. Ainsi, la maturité émotionnelle pourrait être définie comme un état de force et de modération qui conduit à des agissements réalistes et équilibrés.

« La maturité commence à se manifester quand nous sentons que notre préoccupation pour les autres est plus grande que pour nous-même »

-Albert Einstein-

Loin d’avoir une définition abstraite, la maturité se manifeste à travers des traits de comportement. Nous allons ici vous donner une liste de 5 caractéristiques propres aux personnes émotionnellement immatures.

1. Elles sont égocentriques

Une bonne partie du processus qui consiste à mûrir chez les gens consiste à comprendre que le monde ne tourne pas autour d’eux. Le bébé ne le sait pas. C’est pour cela qu’il demande de la nourriture à 2 heures du matin et qu’il ne tient pas compte du fait que cela affecte le sommeil de ses parents. Au fur et à mesure qu’il grandit, il apprend à reconnaître qu’il n’obtient pas toujours ce qu’il désire et que d’autres personnes et leurs besoins habitent aussi dans l’univers.

Mûrir implique de sortir de la prison du moi. Cela signifie perdre cette illusion qui tourne autour de la vie du bébé où il suffit de demander pour qu’un désir ou un besoin soient satisfaits. Quand nous renonçons petit à petit à ce fantasme, nous devenons de plus en plus conscient d’une magnifique possibilité : l’aventure de l’exploration de l’univers des autres. Si tout se passe bien, nous apprendrons à préserver le moi et à atteindre le toi.

2. Des difficultés à assumer des engagements

Un signe non équivoque d’immaturité est la difficulté à assumer des engagements. L’enfant a du mal à renoncer à ce qu’il veut au moment présent pour obtenir un plus gros gain à long terme. Si nous lui donnons un bonbon et que nous lui promettons que s’il ne le mange pas, nous lui en donnerons un autre, le désir de le manger s’imposera quand même.

Dans le processus de mûrissement, on comprend que les sacrifices et les restrictions sont nécessaires pour atteindre des réussites. Et que s’engager avec un objectif, ou une personne, n’est pas une limitation de la liberté, mais une condition pour mieux se projeter et à plus long terme.

3. La tendance à culpabiliser les autres

Les enfants s’acceptent eux-mêmes comme des êtres dirigés par d’autres, qui n’agissent pas selon leur volonté propre. Ils le sont dans une grande mesure, puisqu’ils sont dans un processus de formation et d’insertion dans la culture. Tant qu’ils sont petits, ils croient que l’erreur doit mener à la culpabilité. Les dommages qu’ils ont fait ne les importent pas tellement, ce sont plutôt la punition ou la sanction que l’on peut leur imposer qui les préoccupent.

Grandir, c’est sortir de cet état de douce irresponsabilité. Mûrir, c’est comprendre que nous sommes les seul-e-s responsables de ce que nous faisons ou cessons de faire. Apprendre à reconnaître les erreurs et en tirer de nouveaux apprentissages. Savoir réparer les dommages. Savoir demander pardon.

4. Établir des liens de dépendance

Pour les personnes immatures, les autres sont des moyens et non pas une fin en soi. Ainsi, en tant que moyens, elles en ont besoin. Elles n’ont pas besoin des autres car elles les aiment, mais elles les aiment car elles ont besoin d’eux. D’où le fait qu’elles ont tendance à construire des liens dans lesquels se trouvent de futures dépendances.

Pour pouvoir établir des liens basés sur la liberté, cela demande une autonomie. Mais les personnes immatures ne connaissent ce concept d’autonomie. Parfois, elles pensent que suivre leur volonté est un comportement autonome. Mais lorsqu’il s’agit d’assumer les conséquences de leurs actes, elles ont besoin des autres pour amortir les effets, cacher ou alléger leur responsabilité.

5. Irresponsabilité dans la gestion de l’argent

L’impulsivité est l’un des traits les plus visibles des personnes immatures. Une impulsivité qui s’exprime souvent dans la manière dont elles gèrent leurs ressources, comme l’argent. Ainsi, dans le but de satisfaire leurs désirs, et de les satisfaire dès maintenant, elles n’ont aucun problème à acheter ce dont elles ont besoin avec l’argent qu’elles n’ont pas.

Parfois, elles s’embarquent dans des aventures financières et n’en font qu’à leur tête. Elles n’évaluent pas avec objectivité leurs investissements et elles ont beaucoup de mal à se projeter à long terme. C’est pour cela qu’il est fréquent qu’elles soient endettées, uniquement pour satisfaire leurs caprices.

Tous ces traits d’immaturité ne surgissent pas ou ne sont pas maintenus par une décision consciente des personnes. Ils obéissent plutôt à des vides ou à des fissures de l’enfance. Ils peuvent aussi être une conséquence des expériences malheureuses qui les ont empêché d’évoluer. Si vous êtes ainsi, ou que vous connaissez quelqu’un comme cela, ne lui dites pas. L’important est d’en prendre conscience pour impulser un épanouissement propre dans sa vie et mieux se construire.

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Image principale de Catrin Welz-Stein

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