5 signes du manque d'empathie

04 septembre, 2020
Le manque d'empathie appauvrit la vie et les relations. C'est un grand obstacle renforcé par l'égoïsme, les stéréotypes et les préjugés.

Le manque d’empathie est un obstacle majeur aux relations harmonieuses avec les autres, mais aussi avec soi-même. Le moi et les autres sont des réalités qui s’influencent, se complètent et se déterminent mutuellement. Le fait que vous ayez une faible capacité à comprendre les autres indique que vous ne vous comprenez probablement pas complètement.

L’individualisme et l’incapacité à adopter de nouveaux points de vue sont des traits qui finissent par donner lieu à des comportements non constructifs. L’un des aspects qui a permis à l’être humain de se séparer de la nature et de créer des civilisations est la coopération. À son tour, le manque d’empathie limite cette opération avec les autres.

La vie, la pensée et le monde émotionnel sont grandement appauvris lorsqu’il n’y a pas d’empathie. Certains n’en sont pas conscients et confondent même l’empathie avec certains traits de générosité ou de détachement. C’est pourquoi il devient important de parler de certains des signes révélateurs d’un manque d’empathie. En voici quelques-uns d’entre eux.

“L’empathie réside dans la capacité d’être présent sans opinion.”

– Marshall Rosenberg –

Le manque d'empathie d'une jeune femme envers son compagnon.

1. Se focaliser sur soi

C’est un trait qui passe souvent inaperçu car il se manifeste très fréquemment dans le cadre d’une séance de “conseil“. Cette ressource est également utilisée comme élément de motivation apparent. Donc, si quelqu’un vous parle d’un problème, vous lui répondez en lui expliquant comment vous avez résolu un problème similaire.

De même, si une personne a du mal à faire quelque chose, vous lui répondez en parlant des qualités dont vous avez su faire preuve dans des situations similaires. Tout cela est un signe clair d’un manque d’empathie. Justement, l’empathie implique de voir les situations à la place de l’autre, et pas de son propre point de vue.

2. Signes du manque d’empathie : manquer de tact dans sa manière de s’exprimer

Nous avons sûrement tous déjà croisé un sincéricide. Cette personne qui se targue d’être franche ou d’exprimer ses idées spontanément et sans calcul. En pratique, elle peut être blessante, impolie ou simplement manquer cruellement de considération envers les autres.

Dans le cadre de la communication humaine, l’interlocuteur compte, ainsi que le type de lien qui existe. Il n’est pas sain que le langage soit utilisé grossièrement, à moins qu’il ne soit strictement indispensable, ou qu’il devienne un moyen d’imposer son propre inconfort aux autres.

3. Avoir des stéréotypes et préjugés

Il n’y a rien de plus étranger à l’empathie que les stéréotypes. Cette tendance à généraliser et à simplifier les traits des autres est précisément le signe d’une grande incapacité à voir l’autre dans son intégrité et sa différence.

Les préjugés impliquent un mécanisme similaire. Ils sont basés sur des généralisations qui manquent de preuves à l’appui. Ils ne sont entretenus que par manque de connaissances ou de réflexion. L’empathie nécessite d’être ouvert au monde de l’autre, au lieu de se refermer sur une étiquette superflue.

4. Signes du manque d’empathie : alimenter les rumeurs

Les rumeurs sont un acte d’imprudence avec les autres. Elles constituent un manque de respect car elles impliquent une remise en cause de la vie personnelle ou privée de quelqu’un. Faire circuler des informations sur une autre personne par curiosité, jalousie ou manque d’autonomie équivaut à les exploiter.

Une rumeur, c’est un peu une sorte de jeu de miroir qui se crée. Chacun regarde cette personne sur laquelle la rumeur se déchaîne pour connaître l’opinion des autres face à ses faiblesses ou ses erreurs. Cela ne fait que satisfaire un égoïsme enfantin qui dégrade l’image de l’autre et l’autonomie de soi.

Le manque d'empathie et les rumeurs.

5. Agir avec utilitarisme

L’utilitarisme s’exprime parfois dans des comportements qui cherchent à faire de l’autre un instrument pour atteindre des objectifs ou répondre à des besoins. D’autres fois, il se manifeste par une évaluation biaisée des autres basée sur l’utilité qu’ils représentent pour atteindre des objectifs de groupe ou sociaux.

Dans les deux cas, cet utilitarisme est le signe d’un manque d’empathie. Chaque être humain a une valeur et une dignité pour le simple fait d’exister. Il mérite le respect et la considération des autres simplement parce que nous faisons tous partie de la même espèce. Peu importe que vous soyez à l’hôpital, en prison ou dans la pauvreté.

Les signes du manque d’empathie ne sont que cela : des signes. Nous sommes tous, dans une certaine mesure, capables de voir, de comprendre et d’accepter la réalité de l’autre. Si nous augmentons ces capacités, avec un exercice continu de compréhension et de compassion, alors nous serons les premiers gagnants. Nous avons gagné la clé de mondes inconnus qui, sans aucun doute, nous enrichiront.

 

Moya-Albiol, L., Herrero, N., & Bernal, M. C. (2010). Bases neuronales de la empatía. Rev Neurol, 50(2), 89-100.