3 venins psychologiques que nous devrions éloigner de nos foyers

9 juillet 2017 dans Psychologie 418 Partagés

Un foyer sain est peut-être l’un des facteurs qui contribue le plus à nous rendre fort-e-s psychologiquement. Le contraire se produit également : un foyer « malade » nous rend beaucoup plus vulnérables et sujets à la maladie, aussi bien au niveau de l’esprit que du corps.

Le mot foyer ne fait pas seulement référence à la famille typique avec un père, une mère, des enfants et un chien. Le foyer est le lieu où nous habitons et nous pouvons le partager avec des frères et sœurs, des ami-e-s, des parents ou parfois avec un animal ou des visiteurs occasionnels. Dans ce cas, nous allons faire référence à ces foyers où l’on retrouve une cohabitation et pas ceux unipersonnels.


« Il n’y a que de la solitude dans un foyer sans vacarme, sans nouvelles, sans verdure, sans enfance. »

-César Vallejo-


La qualité des liens qui se construisent dans ce foyer sont déterminants pour notre santé émotionnelle. Quand il y a une cohabitation, il y a forcément des conflits. Cependant, et particulièrement dans le foyer, nous ne devrions pas permettre certains comportements qui peuvent se transformer en véritables venins psychologiques. Voici un résumé de ces trois comportements toxiques qui ne devraient jamais passer le seuil de notre maison et encore moins s’y installer.

Les cris transforment le foyer en véritable enfer

Le mauvais côté des cris est qu’ils commencent en étant exceptionnels, puis la tolérance à leur égard s’assouplit et, au final, ils deviennent une habitude ; et ce, surtout si quelqu’un les renforce. Cela se produit sans que vous vous en rendiez compte. Vous criez aujourd’hui parce que vous désespérez que les gens ne comprennent pas ce que vous dites ; demain, vous crierez parce qu’ils comprendront une chose en trop ou parce que si vous ne criez pas, personne ne vous écoute (c’est ce que vous pensez, ou ce que pense quelqu’un).

Dans ce fait de crier, qui paraît plus contrariant qu’offensif, un venin commence à germer : celui de la violenceLes cris transforment un conflit normal en une situation qui fait du mal psychologiquement. Il s’agit d’un acte qui prétend imposer du pouvoir. Une manière de pervertir la raison d’être des mots.

Parler doucement peut aussi se transformer en une magnifique habitude. Ne pas crier et ne pas permettre qu’on vous parle en criant renforce la cohabitation et vous aide à développer votre estime, votre respect et votre auto-contrôle. « Ici, on ne crie pas » devrait être écrit sur la porte d’entrée de tout foyer.

Ne pas séparer les espaces personnels : une grande erreur

Une bonne partie d’une cohabitation saine consiste à savoir respecter l’espace des autres. Avec le terme « espace », nous ne faisons pas seulement référence aux lieux physiques qui appartiennent à chacun, mais tout part de là.

Un respect absolu en ce qui concerne les affaires des autres et les lieux qui font partie de leur environnement personnel doit exister. De la même façon, il est très important que chacun délimite ces frontières et fasse en sorte que les autres les connaissent. Certaines pourront et devront même être négociées : c’est le moment de le faire. Chaque personne doit avoir un espace personnel, être autonome et avoir confiance en les autres (avoir la certitude qu’iels ne franchiront pas cette frontière).

Avec le respect des espaces physiques, on apprend également à respecter la vie privée des autres. Même si l’on cohabite avec d’autres personnes, chacune a sa propre vie. On ne doit entrer dans leur espace psychologique que si l’on a reçu une invitation ou une autorisation pour le faire. Ou si, objectivement parlant, cette vie privée implique l’autre d’une quelconque façon. Chacun a le droit d’avoir des silences, des secrets, des convictions.

Déléguer ses tâches aux autres, un comportement toxique

Tout foyer implique une série de tâches qui peuvent ne pas être très gratifiantes mais qu’il est nécessaire de faire. Il s’agit des tâches ménagères. Le foyer met en marche des mécanismes de fonctionnement et d’entretien. Plusieurs choses doivent fonctionner : l’électricité, l’eau, les appareils électroménagers, etc. Tout l’espace physique et ses composants doivent être nettoyés et entretenus.

La cohabitation est beaucoup plus saine quand les tâches sont réparties de façon équitable. Il est parfois possible de bien organiser toutes ces activités, mais il faut toujours garder à l’esprit que c’est une tâche qu’il faut faire. C’est pour cela qu’existent les consensus : pour répartir raisonnablement les tâches. Dans tous les cas, l’essentiel est de s’y tenir.

Il est fondamental que tou-te-s les habitants du foyer adoptent un comportement responsable face à cela. Il s’agit d’une condition qui promeut la solidarité, la coopération et le respect. Elle facilite la vie de tous et donne de la valeur à chacun. Cela renforce également l’idée que, dans tous les lieux partagés, il y a des devoirs à réaliser, pour son propre bénéfice et pour celui des autres.

On compare parfois le foyer à un temple et cela n’est pas gratuit. Si on l’honore, il devient surement une force inspiratrice qui se projette dans tous les autres espaces sociaux au milieu desquels nous interagissons. Si on le néglige ou le dégrade, il peut se transformer en premier maillon d’une grande chaîne d’échecs personnels.

Images de Laurent Chehere

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