10 phrases inoubliables tirées de « L’insupportable légèreté de l’être »

17 avril 2018 dans Phrases 220 Partagés

Milan Kundera est l’un de ces écrivains qui, une fois découverts, laissent une trace en nous et ne s’oublient jamais. Toutes ses œuvres sont dotées d’une grande profondeur et d’une grande ingéniosité. La preuve de cela repose dans les phrases inoubliables de L’insupportable légèreté de l’être ; l’une de ses œuvres les plus emblématiques. Ces phrases ont été compilées des centaines de fois et elles continuent de surprendre.

Ce qui rend mémorables les phrases de L’insupportable légèreté de l’être est la lucidité et la précision avec lesquelles elles sont formulées. Cette œuvre est un roman d’amour, mais il est au fond bien plus que cela. Il traite en fait d’un sujet commun à toutes les grandes œuvres : le sens de la vie.

« Celui qui veut « atteindre le haut » de manière permanente doit être conscient qu’un jour il sera envahi par le vertige. »

-Milan Kundera-

Il n’est pas facile de faire une sélection des phrases de L’insupportable légèreté de l’être. Nous avons cependant tenté de réunir les plus significatives. Ce sont celles qui traduisent l’essence de ce roman extraordinaire, celles que vous ne pouvez pas cesser de lire. Voici donc les 10 phrases sélectionnées.

milan kundera

Deux phrases magnifiques de L’insupportable légèreté de l’être

Quasiment toutes les phrases de L’insupportable légèreté de l’être font référence à l’amour et à ses vicissitudes. Le roman traduit les différentes formes que peut prendre une relation amoureuse. En fait, il tente à différentes occasions de définir l’amour.

Comme par exemple dans cette affirmation : « L’amour ne se manifeste pas dans le désir de se coucher auprès de quelqu’un (ce désir se produit dans une relation avec une grande quantité de femmes), mais dans le désir de dormir aux côtés de quelqu’un (ce désir se produit dans une relation avec une femme unique) ».

Aussi, Milan Kundera s’efforce dans l’œuvre pour définir ce qui n’est pas l’amour. Ses réflexions aiguës à ce sujet le poussent à établir un grand contraste entre le fait d’aimer et celui de désirer être aimé. Cette réflexion est synthétisée dans ce texte : « Il est possible de ne pas être capable d’aimer précisément car nous désirons être aimés, car nous souhaitons que l’autre nous donne quelque chose (l’amour), au lieu de nous rapprocher de lui sans exigences et en souhaitant purement et simplement sa présence ».

L’amour et la fin de l’amour

Les phrases de l’Insupportable légèreté de l’être ne tournent pas autour d’un amour romantique en tant que tel. Kundera tente de lier ce sentiment avec le sens de la vie associé à l’Homme contemporain. A partir de là, la fin de l’amour est un sujet présent dans ses réflexions. Voici l’une de celles-ci : « Les amours sont comme les empires : lorsque l’idée sur laquelle ils ont été construits disparaît, ils périssent également ».

fin de l'amour

Dans d’autres réflexions, il décrit l’amour et la fin de l’amour d’une manière très intéressante et profonde. Il met en avant le fait que l’amour vit précisément car la possibilité de son absence existe.

Il le dit de cette manière : « Cette tristesse signifiait : nous avons atteint la dernière saison. Ce bonheur signifiait : nous sommes ensemble. La tristesse était la forme et le bonheur, le contenu. Le bonheur remplissait l’espace de la tristesse ».

Renoncer à la force et à la raison

Pour Kundera, l’amour implique également des renonciations. Mais il ne fait pas exactement référence à la renonciation qui implique la fidélité, ni à celle qui propose de renoncer au bien-être personnel en fonction du bien-être de l’autre. L’auteur l’expose ainsi : « Car aimer signifie renoncer à la force ». En d’autres mots, l’amour s’installe et survit à partir de la fragilité, à partir de la volonté d’être vulnérable et d’accepter la vulnérabilité de l’autre.

Avec un certain ton d’ironie, Kundera évoque une autre renonciation faite en conséquence de l’amour : celle de la raison. Une des phrases de l’Insupportable légèreté de l’être est la suivante : « Là où parle le cœur, il est impoli que la raison le contredise ». Avec cela, il veut signaler le fait que ce qui se trouve dans les sentiments est plus sûr et pertinent, que ce qui se trouve dans les pensées.

Le poids et la légèreté

Toute la trame de l’Insupportable légèreté de l’être tourne autour des concepts de légèreté et de poids. Tout au long de l’œuvre, une fois puis une autre, on s’interroge sur le fait que l’un de ces deux axes doive régir la vie. A ce sujet, on peut lire : « Le poids le plus lourd est pour autant, à la fois, l’image de la plus intense plénitude de la vie. Plus la charge est lourde, plus notre vie sera au ras du sol, et plus réelle et vraie elle sera ».

poids

C’est une affirmation qui, d’une manière ou d’une autre, questionne l’idée actuelle du fait que la frivolité et la superficialité sont plus faciles à affronter. Au contraire, devoir porter une charge rend la vie plus réelle et plus digne d’être vécue.

En revanche, l’explication antérieure n’exclut pas le fait que le poids implique également une souffrance. Ainsi, il l’explique dans cette citation « Il n’y a rien de plus pesant que la compassion. Même la douleur personnelle n’est pas si lourde que la douleur ressentie avec quelqu’un, par quelqu’un, pour quelqu’un, multiplié par l’imagination, prolongé par des milliers d’échos. »

Selon Kundera, la douleur d’autrui parvient à être plus dure que la douleur personnelle. L’amour fait que cela soit ainsi. La compassion est un grand poids car la douleur est incurable. Nous sommes peut-être capables de faire face à notre propre souffrance, mais celle des autres leur appartient, bien qu’elle nous fasse souffrir également.

Vivre seulement une fois

De nombreuses réflexions de Milan Kundera dévoilent des vérités qui sont pourtant évidentes, mais qui sont parfois laissées de côté. Celle-ci est un bon exemple : « L’homme ne peut jamais savoir qu’il doit aimer, car il ne vit qu’une seule vie et n’a pas moyen de la comparer avec ses vies précédentes ou de la renvoyer dans ces vies postérieures ».

Il s’agit d’un raisonnement logique dans lequel cette idée du fait que tout être humain doit avoir « un pourquoi » se détruit. L’auteur explique qu’il est impossible de le savoir, car nous vivons toujours à tâtons et que nous ne connaissons la vie qu’en la vivant. La même idée se répète dans cette phrase : « La vie est un croquis pour rien, une gomme sans cadre »

on ne vit qu'une fois

Sans aucun doute, L’insupportable légèreté de l’être est l’une de ces œuvres qui sont destinées à perdurer. En elle se révèle un écrivain doté d’une énorme sensibilité qui a su traiter avec intelligence et profondeur l’un des sujets les plus éternels : l’amour.

A découvrir aussi