Il y a des jours où on a besoin d’un câlin mais où on ne veut voir personne

· 14 juin 2017

Il y a des jours comme ça : désaccordés, étranges et contradictoires. Ce sont des moments où nous avons besoin de la chaleur d’un câlin, et de cette peau chaude qui nous apporte affection et proximité. Cependant, et presque en même temps, nous ressentons l’envie de nous échapper dans un recoin privé où personne ne nous voit, où l’on peut penser en silence avec la solitude comme seule compagne.

Que nous arrive-t-il ? Est-ce que quelque chose ne tourne pas rond chez nous si nous vivons ce type de situation ou d’état émotionnel ? La réponse est non. Il ne faut pas voir des états pathologiques à des moments ponctuels qui, en réalité, sont complètement normaux. Le problème intervient uniquement lorsque ceux-ci deviennent chroniques.

« Vous êtes maître de ce que vous avez vécu, artisan de ce que vous êtes en train de vivre, et apprenti de ce que vous vivrez. »

-Richard Bach-

D’autre part, il faut savoir que ce type de contradictions émotionnelles surgissent à de multiples occasions et pour de nombreuses raisons. Parfois, elles sont dues à de petites fluctuations hormonales ou même au simple changement de saison, où le potentiel d’adhésion de la sérotonine descend et où des altérations du moral apparaissent.

Mais l’une des origines les plus courantes se trouvent dans l’entourage et dans la manière dont nous gérons et nous affrontons les situations quotidiennes. Car le monde et les relations humaines sont aussi très contradictoires, chaotiques et même capricieuses. Il y a des matins où tout brille avec la couleur de l’espoir, mais l’après-midi, la désillusion apparaît et les certitudes se dérobent sous nos pieds, les unes après les autres.

Comment pouvons-nous mieux faire face à ces dissonances et à ces hauts et bas extérieurs et intérieurs ? Dans cet article, nous allons vous donner des clés pour cela.

Apprendre à vivre avec la contradiction

Nous aimerions tou-te-s vivre dans un monde de certitudes. De sentiments fermes, de logiques précises et où l’ambiguïté n’a pas sa place. Cependant, que ce soit bien clair : le monde, la société et même nous-même, avec notre monde émotionnel complexe, sommes dissonant-e-s et changeant-e-s. Presque sans le vouloir, nous devons faire de grands efforts pour atteindre l’harmonie au milieu du chaos, car c’est ainsi que nous grandissons, que nous apprenons pour petit à petit et jour après jour nous auto-réguler, et trouver notre propre équilibre.

Apprenons à accepter ce type de contradictions, et aussi bien les siennes propres que celles des autres. Il y aura des jours où, effectivement, tout se déroulera parfaitement et des périodes où on aura l’impression que chaque ligne est tordue et où l’espoir n’émerge pas du dessous des pierres. Nous nous sentirons seul-e, blessé-e et même plein-e de colère face à une telle frustration, mais en même temps, nous aurons besoin d’un câlin, d’une consolation et de proximité.

Faisons un effort pour coexister aussi bien avec la complexité qu’avec l’incertitude. Accepter avec normalité que rien n’est complètement sûr, que la vie représente des cycles, que les relations changent et même que nous changeons également dans nos besoins et nos priorités, est une manière de conjurer le sort du mal être. Car quiconque est obsédé et s’accroche au besoin de la permanence souffre. Qui n’accepte pas le changement, la perte ou même le défi qui frappe à sa porte se risque à cesser de grandir en tant que personne.

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Ces jours où l’on a autant besoin d’un câlin que d’être seul/e

Il faut l’admettre, il n’y a pas pire sensation que celle d’être énervé-e contre le monde, mais en même temps avoir besoin de l’amour le plus élémentaire, le plus pur et le plus compréhensif. Ressentir cette sensation, aussi curieux que cela paraisse, est quelque chose de complètement normal, une réalité que nous vivrons à de nombreuses reprises.

« On ne peut pas démêler un nœud sans savoir comment il est fait. »

-Aristote-

Igor Grossman, professeur du département de psychologie de l’Université de Waterloo, au Canada, nous explique que ces moments de contradiction émotionnelle peuvent en réalité être très productifs. Ils le sont grâce à un aspect essentiel : ils peuvent nous aider à voir une situation à partir de multiples perspectives. Cependant, dans le cas où on ne gère pas bien ce tourbillon d’émotions opposées et où on leur permet de devenir constantes dans notre vie, nous courons le risque de développer une dépression.

Apprenons donc à disséquer et à analyser ces émotions pour en retirer le meilleur. Nous vous expliquons comment.

Apprendre à gérer la contradiction émotionnelle

La première étape pour démêler la pelote de notre petit chaos émotionnel est de procéder à l’acceptation. Mais accepter ne signifie pas se rendre à la souffrance. C’est reconnaître ce qui nous arrive de manière réaliste, sincère, courageuse et sensible.

  • Sous le microscope de votre conscience, mettez chaque réalité qui se trouve dans le casse-tête de votre mal être. « Je ressens de la colère car on m’a déçu-e », « Je ressens de la peur car je ne sais pas quelle direction prendre », « Je souhaiterais que telle personne comprenne ce qui m’arrive »…
  • La deuxième étape a un lien avec le besoin de donner des réponses productives et efficaces. Pour cela, il faut investir dans le processus un peu de courage, beaucoup d’ingéniosité et une forte dose de volonté. « Si je souhaite que telle personne comprenne ce qui m’arrive, je dois lui dire ». « Si on m’a déçu/e, si on m’a blessé/e, je dois tourner la page et rencontrer de nouvelles personnes, changer de décors. »

La dernière étape à franchir dans cette stratégie d’auto-gestion émotionnelle est peut-être la plus importante. Nous parlons du besoin de contrôler les croyances limitantes, les pensées intrusives, les obsessions négatives et cette artillerie psychologique avec laquelle nous nous auto-sabotons.

Connaître, contrôler et gérer notre univers d’émotions est une arme de pouvoir et de bien-être. C’est atteindre l’harmonie intérieure dans un monde à des moments contradictoires, atteindre l’équilibre à des moments où tout s’écroule autour de nous et où nos partitions émotionnelles s’effilochent.

Nous méritons tou-te-s un câlin de temps en temps, un câlin qui nous recouvre complètement. Mais par-dessus tout, nous avons l’obligation de prendre soin de nous-mêmes, comme des êtres précieux, comme des trésors de nos propres univers.

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