Wagner : biographie d’un musicien tourmenté

18 avril 2019
L'œuvre de Wagner accélère intensément un changement dans le mouvement musical, influençant les compositeurs du XXe siècle. Découvrez ce qui fait de ce musicien un génie sans pareil.

Wagner est l’un de ces compositeurs qui ont marqué une époque et influencé de nombreux grands courants musicaux. L’influence du célèbre Wilhelm Richard Wagner et de sa composition se retrouve dans la mélodie et l’harmonie ainsi que dans l’orchestration.

Ses idées, ses propositions et son mode de vie avaient à la fois des admirateurs et des détracteurs. En tout cas, c’était un homme controversé. Musicalement, les opéras de Wagner se caractérisent en effet par une dilution prononcée des tonalités, brouillant la frontière entre chant et récitation.

La musique de Wagner transporte son public dans des univers pleins d’héroïsme et de volupté. La force de sa composition conquiert l’auditeur, l’invitant à se familiariser avec l’histoire qui se déroule sur scène.

Premières années

Richard Wagner est né le 22 mai 1813 à Leipzig, en Allemagne. Il est né dans une famille modeste : sa mère, Rosima Patz, était la fille d’un boulanger ; son père était un scribe de la police, Karl Friedrich Wagner. Quelques mois après la naissance du petit Richard, son père meurt d’une épidémie de typhus.

Peu après, sa mère épouse Ludwig Geyer, qui deviendra son beau-père. Geyer était acteur, chanteur et peintre, il est donc souvent cité comme une influence sur les penchants artistiques du jeune Wagner. Suite au travail de Geyer dans une compagnie de théâtre, la famille déménage à Dresde, siège de ladite compagnie.

photographie de Richard Wagner

Wagner est entré à l’école du Vizehofkantor Carl Friedrich Schmidt à Dresde en 1817. En 1822, il s’inscrit à la Kreuzschule (école de la croix) de Dresde. Richard y étudie jusqu’à l’âge de 14 ans et y reçoit des leçons de piano.

Richard Wagner a gardé le nom de Richard Geyer jusqu’à ses quinze ans. Il a changé son nom de famille quand il est officiellement entré à la Nicolaischule de Leipzig, le 21 Janvier 1828.

La désolation de sa jeunesse

La quantité et la variété de ses premières compositions prouvent que Richard a commencé comme compositeur avec des œuvres d’une grande diversité générique. Parmi elles, il y avait une certaine prédominance de pièces instrumentales qui suivaient des prototypes classiques.

En 1833, alors qu’il n’avait que vingt ans, l’artiste a commencé sa carrière professionnelle en acceptant le poste de chef du chœur de Würzburg. Ses œuvres, à cette étape initiale, étaient toutes à petit budget et s’adressaient à un public provincial. En tant que chef d’orchestre, il compose son premier opéra : Les Fées. Cependant, il ne sera joué que cinq ans après sa mort.

Trois ans plus tard, Wagner s’était marié à Minna Planer, un mariage qui le rendait particulièrement malheureux, et aurait déjà composé plusieurs opéras. Durant cette période, Wagner a commencé à développer ses idées révolutionnaires. Certains soulignent que les idées de Wagner ont en quelque sorte influencé les idées nazies d’Hitler. De fait, aujourd’hui encore, ses compositions font l’objet de censure en Israël.

Cette étape était plutôt sombre pour Wagner, le mariage avec Minna Planer ne l’a pas beaucoup aidé et il traversait une série de problèmes économiques. De plus, il avait des problèmes de dépendance au jeu et à l’alcool, ce qui rendait sa reprise économique encore plus difficile.

En 1839, l’accumulation de dettes de Richard Wagner l’oblige à fuir le pays et à s’installer à Paris. Ce n’est qu’en 1842 que le compositeur a remis les pieds en Allemagne. Mais son séjour à Paris fut un échec et il ne parvint pas à faire connaître ses œuvres. Il a travaillé assidûment comme arrangeur pour d’autres compositeurs, mais sans grande gloire.

Wagner l’écrivain

Wagner n’était pas seulement un compositeur hors pair, il osait aussi expérimenter d’autres formes artistiques comme l’écriture. Entre 1840 et 1842, on a publié certains des essais les plus importants de Wagner.

Ces essais traitaient de questions historiques et théoriques qui avaient suscité un grand intérêt chez l’artiste tout au long de sa vie. Wagner était également un journaliste très prolifique, publiant de nombreuses critiques d’événements musicaux parisiens dans la presse allemande. Wagner a également produit quelques écrits à caractère documentaire.

Il convient de noter qu’il existe des doutes concernant certaines de ses données biographiques. Ceci s’explique principalement par le fait qu’il y a de nombreuses incohérences incorporées par Wagner lui-même dans son autobiographie Mein Leben (Ma vie).

Cette autobiographie va de l’année de sa naissance à l’âge de 51 ans. Le texte est extrêmement subjectif et son ego devient apparent, il est donc difficile de savoir exactement ce qui est réel dans la vie de Wagner. Cette autobiographie a été écrite en 1865 à la demande de son bienfaiteur, le roi Louis II de Bavière.

Retour à la patrie

A partir de l’opéra Meyerbeer, Wagner devient le compositeur le plus célèbre d’Allemagne. Heureusement, quelques jours après la première, le maître de chapelle royal Francesco Morlacchi décède. Le 2 février 1843, Wagner occupe le poste de maître de chapelle royal à vie. Ce poste lui a donné une notoriété politique, ce qui a fait de lui un expert dans le croisement de la créativité et de la gestion.

Les intérêts artistiques de Wagner ont rapidement fusionné avec son activité politique. Le compositeur conçoit le théâtre comme le miroir d’une société réactionnaire. Ainsi, alors qu’il entreprenait la transformation de la première, il allait changer la seconde. C’est ainsi que Wagner s’est engagé dans une politique subversive.

Warner s’apparentait au nationalisme allemand. Cette pensée peut être clairement reflétée à la fois dans ses personnages mythologiques et dans les arguments de ses œuvres. Une idée souvent présente dans ses travaux est celle des colonies allemandes.

« Quand j’écoute trop Wagner, je ressens l’envie d’envahir la Pologne. »

-Woody Allen-

Les changements politiques et le patronage du roi Louis II de Bavière

En 1849, la situation politique délicate conduisit à une révolution à Dresde. Cela signifiait la fin de la carrière de Wagner en tant que maître de chapelle royal. L’émission d’un mandat d’arrêt contre Wagner l’a contraint à fuir en Suisse, où il est resté en exil pendant onze ans.

Durant cette période, Wagner se trouve dans une situation très précaire. Il est exclu du monde de la musique allemande et ses revenus sont aussi maigres que ses espoirs de pouvoir jouer ses œuvres.

En 1864, Wagner était à Mariafeld, près de Zurich, sous la pression de ses nombreux créanciers. Le roi Louis II, son admirateur avoué, offrit à Wagner son hospitalité et son soutien financier.

En 1865, sa célèbre œuvre Tristan et Isolde est créée dans la ville de Munich. Un an plus tard, sa femme Minna meurt à Dresde et le compositeur s’installe à Genève. Sous le patronage du Roi, Wagner travailla sur ses opéras sans se soucier de ses dépenses.

Richard Wagner Bayreuth

Bayreuth

Des années plus tard, Wagner a conçu le projet de fonder la Société Wagner, un théâtre qui allait donner naissance au célèbre festival homonyme qui se poursuit encore aujourd’hui. La première pierre du théâtre de Bayreuth a été posée à l’occasion de son 59e anniversaire. Pour mener à bien sa mission, il a donné une série de concerts dans toute l’Allemagne afin de récolter des fonds. Les travaux furent achevés en 1874 grâce à l’aide de Louis II.

Le compositeur a également construit sa villa Wahnfried à Bayreuth. Cependant, seulement deux ans après l’achèvement des travaux, le nombre de spectateurs du théâtre a enregistré des pertes importantes. Wagner a donné une série de concerts pour amasser des fonds afin de réduire les pertes. Cette activité ne dura que peu de temps car il tomba bientôt malade d’une maladie cardiaque.

Mort et héritage

Entre 1881 et 1882, Wagner a subi plusieurs crises cardiaques. Le 13 février 1883, le célèbre compositeur meurt à Venise. On a enterré son corps dans le jardin de sa villa Wahnfried.

La Tétralogie (L’Anneau du Nibelung) est sans doute son œuvre la plus importante. Elle se compose de quatre opéras : La Valkyrie, L’or du Rhin, Le Crépuscule des dieux et Siegfried. La Tétralogie, Parsifal, Tristan et Isolde, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, Lohengrin, Tannhäuser et Le Vaisseau fantôme intègrent le canon dit de Bayreuth.

Le cycle complet ne fut présenté qu’en 1876 et, à partir de ce moment, le canon sera représenté au festival qui se tient toujours tous les ans à Bayreuth, en Allemagne.

Les idées de Wagner avaient autant de partisans que de détracteurs. L’héritage du théâtre de Bayreuth, d’une complexité jamais vue auparavant, a été rendu possible par son fervent admirateur le roi Louis II de Bavière. Ce théâtre est destiné exclusivement à l’exécution de son œuvre, démontrant ainsi que le génie de Wagner est toujours bien vivant malgré le temps qui passe.

 

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  • Mann, T. (2013). Richard Wagner y la música. Debols! llo.