Vous supportez jusqu’à la brûlure ? Découvrez le syndrome de la grenouille brûlée

24 novembre 2016 dans Psychologie 16 Partagés

Nous supportons parfois des situations et des personne nocives pendant très longtemps, uniquement car nous suivons le diktat tacite de ce dicton qui dit : “il faut supporter quand il n’y a plus d’autre solution ». Comme la grenouille de notre récit.

Nous ne pouvons certainement pas ignorer que beaucoup d’entre nous soumettons notre bien-être émotionnel à des besoins que nous considérons basiques.

Il arrive également souvent que nous ne devons plus seulement penser à notre bien-être, mais que d’autres personnes dépendent de nous, d’une manière ou d’une autre.

Nous pouvons également supporter une situation limite pendant longtemps à cause de la dépendance émotionnelle, à cause d’une relation destructive ou parce que nous manquons de culture émotionnelle pour savoir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas.

Peut-être que vous supportez ces situations jusqu’à ce que vous brûliez, sans vous être aperçu du besoin de sauter à temps du carrosse pour vous sauver.

C’est pour cette raison que nous voulons que nous découvriez le syndrome de la grenouille qui ne savait pas qu’elle était en train de bouillir. C’est Olivier Clerc qui l’a expliqué pour la première fois.

Le syndrome de la grenouille bouillie

Mettez une grenouille dans un récipient plein d’eau et faites le chauffer. Au fur et à mesure que la température de l’eau augmente, la grenouille ajuste sa température corporelle en conséquence. La grenouille se maintient dans l’eau en ajustant sa température selon la température de l’eau.

C’est au moment où l’eau est sur le point de bouillir que la grenouille ne peut plus opérer cet ajustement. Elle décide alors de sauter. Elle essaie, du moins, mais elle est incapable de le faire puisqu’elle a perdu toute sa force dans l’ajustement de sa température corporelle. Et très vite, la grenouille meurt.

Qu’est-ce qui a tué cette grenouille ? Pensez à cela ! Beaucoup de gens diront : « C’est l’eau bouillante, bien sûr ! ». Mais la vérité, c’est que c’est l’incapacité à décider quand elle devait sauter qui a tué cette grenouille.

Nous devons tous nous ajuster, avec les gens et les situations, mais nous devons être sûr des moments où il est nécessaire de s’ajuster et ceux où il faut aller de l’avant. Il y a des moments où nous devons faire face à la situation et engager les actions adaptées.

Si nous permettons aux gens de nous exploiter physiquement, financièrement, spirituellement ou mentalement, ils continueront à le faire.

Décidons quand sauter ! Et sautons tant que nous en avons la force !

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Que nous dit cette métaphore sur nous-même ?

Cette métaphore a de nombreuses significations pour différentes situations de la vie, pour nos relations, notre travail, notre personnalité, notre santé etc.

Les personnes qui sont empêtrées dans une relation qui ne leur apporte pas de bien-être ajustent continuellement leurs désirs, leurs opinions et leurs renoncements pour ne pas provoquer de vagues.

Elles croient qu’elles peuvent le supporter ou qu’elles n’ont plus d’autres choix que de le faire.

Pourtant, souvent, le fait de supporter cela pendant un temps prolongé ne conduit à rien d’autre que des problèmes ou des situations limites.

Au moment le plus inattendu, nous arrivons à une situation extrême, nous ne supportons plus et nous avons besoin de sauter, de fuir ou au moins, de nous retirer de la situation ou de la relation.

Mais il est probable que nous soyons déjà très « abîmé ».

Peut-être que nous n’avons plus de forces pour faire face à cette situation limite qui se présente car nous n’avons plus d’énergie, nous n’avons plus d’échappatoire, nous n’y avons pas pensé avant et nous sommes trop blessés pour quitter cette situation et construire quelque chose de nouveau.

Parfois, notre capacité d’endurance est très grande, mais les forces et les rêves s’amenuisent toujours, petit à petit.

Une question de stress quotidien et de stress aigu

Richard Lazarus a évoqué plusieurs types d’affrontements face au stress et les deux types de stress existants : le stress quotidien et les événements de vie stressants.

On nous dit habituellement que les situations stressantes de vie comme les divorces, la mort des proches, la perte d’une maison ou d’un travail vont beaucoup nous affecter, et peut-être que c’est le cas.

Mais face à ce type d’événements difficiles, nous préparons notre organisme et nous faisons face à la situation : « nous sautons à temps ».

Cependant, ce sont les événements stressants du quotidien (encore plus s’ils sont prolongés dans le temps) dont nous devons nous préoccuper.

Certains de ces événements ne sont pas catalogués comme négatifs pendant très longtemps. C’est le cas de la maltraitance du conjoint, qui peut englober des actions positives, d’autres négatives, d’autres supportables.

Ainsi, le mal être se maintient et s’ajuste jusqu’à ce que la situation devienne insoutenable.

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La meilleur manière d’affronter ce fait, c’est de le reconnaître, c’est-à-dire ne pas se boycotter soi-même en se disant que c’est peut-être normal.

Si pendant un temps très prolongé, vous vous sentez mal dans la même situation ou avec la même personne, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Vous devez sauter. Il ne s’agit pas de fuir, mais d’affronter la situation et de réfléchir aux solutions possibles.

Souvenez-vous que celui qui supporte trop finit par manquer réellement de forces au moment il doit vraiment changer la situation. Peut-être que les dégâts sont déjà faits et les dommages, intériorisés.

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