Vivre avec la douleur chronique : quels sont ses effets ?

20 novembre, 2020
La douleur chronique est une maladie qui affecte des millions de personnes dans le monde. Les personnes concernées perdent en qualité de vie dans différents domaines, certains aussi importants que le repos quotidien.

La douleur chronique touche près de 25 % de la population. Dans une étude comprenant 5000 personnes, 43 % des personnes interrogées ont déclaré avoir souffert de douleurs au cours de la semaine précédente, notamment dans les jambes, le dos ou la tête. Parmi elles, 54 % ont déclaré souffrir d’inconfort chronique à long terme, ce qui a un impact significatif sur leur vie.

Les causes les plus courantes sont l’arthrite, les rhumatismes et les migraines. Pour les combattre, plus de 60 % des patients prennent des analgésiques. Cette mesure a de nombreux effets secondaires sur le long terme, dont l’apparition de nouvelles pathologies qui aggravent l’inconfort des personnes touchées.

La douleur chronique a une réelle importance.

Comment la douleur chronique affecte-t-elle les patients ?

Souffrir de douleur chronique diminue considérablement la qualité de vie. La douleur physique quotidienne génère un inconfort psychologique important. Les domaines affectés par la douleur chronique sont les suivants :

  • Qualité du sommeil.
  • Vie sociale.
  • Capacité cognitive.
  • Activité physique.
  • Rendement professionnel
  • Activités quotidiennes (ménage, courses, cuisine, conduite, écriture, etc.).

La douleur chronique favorise alors une plus grande prédisposition à souffrir de troubles psychologiques tels que l’anxiété et la dépression. Tout cela suppose, en effet, un stress très important pour le patient. Malheureusement, dans de nombreux cas, une douleur soutenue finit par générer un stress chronique.

La qualité du sommeil chez le patient souffrant de douleur chronique

La qualité du sommeil est considérée comme une variable fondamentale pour évaluer si un traitement de la douleur chronique est satisfaisant ou non. Environ 50- 70 % des patients souffrant de détresse modérée ou sévère souffrent d’un certain type de trouble du sommeil. Cela concerne notamment les patients plus âgés. Les symptômes les plus courants sont :

  • Difficulté à s’endormir.
  • Se réveiller la nuit à cause de la douleur.
  • Un sommeil non réparateur.
  • La somnolence diurne.

Chez ces patients, la douleur fait que le repos est mauvais. Il y a alors hyperalgésie, c’est-à-dire une plus grande perception de la douleur. Et le fait de ressentir davantage de douleur aggrave davantage le repos.

Les effets des analgésiques sur le sommeil

Les médicaments administrés pour le traitement de la douleur chronique améliorent les symptômes, mais affectent la qualité du sommeil du patient. Parmi les plus courants, nous trouvons les suivants :

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, également appelés AINS, font partie des analgésiques les plus couramment utilisés chez les adultes. Non seulement ils diminuent l’inflammation, mais ils réduisent la fièvre, l’enflure et les rougeurs. Ils sont prescrits pour traiter les problèmes de santé chroniques tels que l’arthrite ou le lupus.

Comment ils affectent le sommeil ? Les AINS réduisent l’efficacité du sommeil et augmentent le nombre de réveils nocturnes. Les trois principales causes possibles sont les suivantes :

  • Diminution de la synthèse des prostaglandines.
  • Interférence avec la libération de mélatonine.
  • Irritation gastrique par ingestion chronique.

Les opioïdes

Les analgésiques opioïdes sont sans danger lorsqu’ils sont prescrits par votre médecin et utilisés pendant une période limitée. Une prise habituelle peut entraîner une dépendance et un surdosage peut entraîner la mort. C’est pourquoi les médecins les prescrivent avec une grande prudence.

Comment ils affectent le sommeil ? Ils diminuent la phase de sommeil paradoxal et le sommeil profond, tous deux essentiels au bon développement physiologique des cycles de sommeil.

Les corticostéroïdes

Les corticostéroïdes sont des médicaments principalement prescrits pour réduire l’inflammation de certaines maladies telles que l’arthrite, l’asthme, le lupus, la sclérose en plaques ou certains types de cancer.

Une prise continue peut produire différents effets secondaires, tels qu’un affaiblissement des os ou des cataractes. Pour cette raison, ils sont souvent prescrits pour de courtes périodes.

Comment affectent-ils le sommeil ? À fortes doses, ils agissent de la même manière que les opioïdes : ils réduisent les mouvements oculaires rapides et le sommeil profond.

La douleur chronique affecte le sommeil.

Douleur chronique et sommeil : les conclusions

La littérature scientifique associe une relation directe entre la douleur chronique et les troubles du sommeil. La douleur rend souvent difficile le repos et ne pas dormir correctement augmente la perception de la douleur.

Il est important de considérer que les changements structurels du sommeil sont multifactoriels. L’âge joue un rôle énorme, tout comme le type d’analgésique. Cependant, d’autres variables telles que d’autres pathologies concomitantes ou des circonstances externes ne doivent pas être exclues.

Lors de la prescription d’un traitement analgésique pour traiter la douleur chronique, il est recommandé de remplacer les formulations à libération rapide par des formulations retardées. Des études menées montrent que ce type de médicaments réduit l’apparition de troubles du sommeil associés aux analgésiques.

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