Les conséquences du manque de sommeil

21 septembre, 2020
Le manque de sommeil est associé à des problèmes cognitifs, émotionnels et physiques. Dormir un bon nombre d'heures devrait alors être une priorité pour tout le monde devant d'autres intérêts.

Le manque de sommeil est devenu une coutume pour de nombreux adolescents et adultes. Dans un monde saturé par l’immédiateté, la stimulation et l’impatience, il y a des besoins basiques comme le sommeil qui se sont vus altérés.

Les changements constants dans les horaires de travail, le changement de l’éclairage ambiant ou l’accès aux technologies de n’importe quel endroit du monde ont rendu cette habitude plus fréquente.

Les conséquences de ces changements se manifestent à différents niveaux : au niveau cognitif, émotionnel ou biologique. On en est arrivé au point de créer de nouveaux syndromes comme celui du manque de sommeil. Ce syndrome se caractérise par le fait que le sommeil cesse d’être une priorité.

Le processus du sommeil

Le sommeil est un état physiologique indispensable. Il implique une diminution de l’état d’alerte et de la conscience dans le but de développer des processus d’intégration de l’activité cérébrale et de modifier des processus physiologiques dans l’organisme. Il est régi par le rythme circadien. Ainsi, on alterne entre un état de veille et un état de sommeil.

Il existe deux grandes étapes du sommeil qui doivent toujours se dérouler dans le même ordre.

La première étape est le sommeil non-REM, où il n’y a pas de mouvements oculaires rapides. Cette étape se sous-divise en quatre phases :

  • Non REM 1 : Le sommeil est léger. La personne peut se réveiller facilement et il y a encore une perception de stimuli interne et externe.
  • Non REM 2 : On assiste au blocage d’accès sensoriel dans le corps. Le tonus musculaire diminue, ainsi que le rythme cardiaque. Les ondes cérébrales commencent à diminuer afin que le cerveau calibre son activité.
  • Non REM 3 : Les ondes cérébrales continuent à diminuer. Le blocage sensoriel est plus important. On sécrète plus d’hormones de croissance.
  • Non REM 4 : La phase précédente et celle-ci sont celles où le sommeil est le plus profond. Il y a une prédominance des ondes delta.

La deuxième étape est celle du sommeil REM. Elle se caractérise par la présence de mouvements oculaires rapides. Le ton musculaire diminue et le rythme respiratoire et cardiaque est irrégulière. C’est le moment du sommeil où le cerveau est le plus actif. On est en présence des rêves les plus lucides avec un fil conducteur.

Activation cérébrale et le manque de sommeil

Dans des études réalisées grâce à l’imagerie cérébrale, on a trouvé une réduction globale de l’activité cérébrale quand on réduit le temps de sommeil.

Néanmoins, la plus grande diminution de cette activité se trouve dans le cortex préfrontal et le lobe pariétal. Cette mesure a été réalisée spécialement avec des activités verbales. L’hypothèse est la suivante : c’est une conséquence dont souffre le cerveau pour essayer de se maintenir éveillé et en alerte.

Le manque de sommeil affecte-t-il nos fonctions cognitives ?

Aujourd’hui, nous savons que le sommeil est fondamental pour développer un bon fonctionnement du cerveau pendant la journée.

Les études ont révélé qu’une diminution de 1,3 heures quotidiennes de sommeil pendant une semaine entraîne une diminution de 32 % du niveau d’alerte. Cela a des répercussions aussi bien sur les activités physiques que sur les activités cognitives.

Mémoire et apprentissage

La mémoire et l’apprentissage vont de pair avec un bon sommeil. Il a été montré que, pendant le sommeil, nous consolidons les informations que nous avons acquises dans la journée. C’est pourquoi le sommeil est vital.

Par conséquent, la diminution de la quantité de sommeil aura des répercussions sur ces fonctions. Les études nous indiquent que différents aspects de la mémoire sont associés à des différentes phases du sommeil.

Par exemple, la consolidation et la codification des nouvelles informations dépendent du sommeil REM et non REM 2. Ainsi, le fait de ne pas pouvoir compléter toutes ces phases entraîne des problèmes pour la consolidation des souvenirs. Les effets peuvent se répercuter, par exemple, sur les performances scolaires.

Il existe donc une relation avec l’apprentissage de nouvelles informations. Dans ce cas, le manque de sommeil diminue l’activité de l’hippocampeCe dernier est une structure vitale pour la codification de la mémoire. Le manque de sommeil est donc un obstacle de plus à la rétention des informations.

Attention

De la même manière, il a été montré que le manque de sommeil entraîne une somnolence diurne qui a une influence directe sur l’attention de la personne. Dans ce cas, la vigilance diminue et on peut laisser passer ou omettre des éléments pertinents pour développer une activité.

On a ainsi du mal à se concentrer sur une même activité pendant longtemps. Si nous ajoutons à cela l’augmentation du temps de réaction, cela peut provoquer un problème tel un accident de la route ou l’échec à un examen par manque de temps.

Temps de réaction

Dans le cas d’un manque de sommeil, les temps de réaction augmentent souvent considérablement. Ainsi, la personne est plus propice à commettre des erreurs pendant ses activités. En outre, elle a besoin de davantage de temps pour la réaliser. Il se peut également qu’elle ait des difficultés à la résoudre correctement.

Cela touche de nombreux aspects de la vie, comme par exemple les études. Nous pouvons ne pas comprendre ou ne pas réaliser correctement la tâche demandée. Nous pouvons également observer des problèmes dans des activités automatiques, telles que conduire une voiture. Nous pouvons, par exemple, réagir trop tard face à une situation quotidienne.

La sphère émotionnelle est-elle affectée par le manque de sommeil ?

Une autre conséquence significative : le manque de sommeil provoque des modifications temporaires de l’humeur, en créant des sensations de dépression et d’anxiété chez la personne.

En outre, le manque de sommeil affecte notre intelligence émotionnelle et le raisonnement constructif. Cela a des conséquences sur plusieurs facteurs, en premier lieu sur le fonctionnement intrapersonnel. Le manque de sommeil diminue l’assertivité, le sens de l’indépendance et l’actualisation personnelle.

Ensuite, il touche le fonctionnement interpersonnel. L’empathie envers les autres se voit diminuée ainsi que la qualité des relations. On a observé une diminution spécifique pour reconnaître les gestes émotionnels associés à la joie et à la colère. Par conséquent, la relation avec les autres est considérablement perturbée.

Enfin, il existe des problèmes dans la bonne gestion du stress. La personne présente ainsi des difficultés pour contrôler les pulsions dans ces situations. Il existe aussi un retard dans l’activation du système de satisfaction. Cela peut ainsi augmenter le stress dans le développement de certaines situations.

La relation entre le manque de sommeil et les activités physiologiques

Le sommeil entretient une relation très étroite avec les activités physiologiques. Il s’avère ainsi vital pour notre activité cognitive, émotionnelle et physique. Voici quelques-uns des principaux systèmes :

  • Le système immunologique : la réduction du sommeil affaiblit le système immunologique en forçant l’activité des organes et en augmentant le risque de contracter une maladie.
  • Le système cardiovasculaire : les personnes qui ont des problèmes de sommeil ont plus de risque de souffrir de problèmes tels que l’hypertension, la cardiopathie ou d’insuffisance cardiaque.
  • Le système endocrinien : le manque de sommeil augmente le taux de cortisol et réduit l’hormone thyroïdienne ; le risque de souffrir d’obésité, de diabète et de fatigue chronique est alors plus grand.
Une femme assise sur son lit les bras croisés.

Le syndrome du manque de sommeil

Ce syndrome se caractérise par le fait que la personne ne dort pas suffisamment bien, ni suffisamment longtemps pour bénéficier d’un état d’alerte correct pendant la journée. L’origine de ce syndrome n’est pas organique, elle provient de facteurs externes. Il est notamment dû à une restriction volontaire de sommeil motivé par d’autres intérêts qui pèsent sur la balance : nous divertir ou travailler.

Ce syndrome survient souvent chez les adolescents et les jeunes en âge d’être scolarisés. On observe chez eux une somnolence diurne fréquente, ainsi qu’une sensation de sommeil non réparateur. Nous voyons également la nécessité d’une aide externe pour ne pas se lever trop tard : les parents-réveils.

Parmi les facteurs qui sont liés à ce syndrome du manque de sommeil, figurent :

  • les changements à l’adolescence,
  • les appareils électroniques,
  • l’utilisation de substances stimulantes,
  • les horaires et les devoirs scolaires,
  • les facteurs émotionnels ou de stress.

Conclusion

En guise de conclusion, il faut insister sur la nécessité de dormir suffisamment. Tel que nous l’avons mentionné, ne pas le faire a des conséquences émotionnelles, cognitives et physiques négatives. Par conséquent, le sommeil est fondamental pour nos performances à différents niveaux (physique et mental).

Il est ainsi important de penser aux risques du manque de sommeil. Il est souvent préférable de donner la priorité au sommeil plutôt qu’à d’autres activités. Sur le long terme, notre corps nous remerciera.

  • Carrillo-Mora, P., Barajas-Martínez, K. G., Sánchez-Vázquez, I., Rangel-Caballero, M. F., Carrillo-Mora, P., Barajas-Martínez, K. G., … Rangel-Caballero, M. F. (2018). Trastornos del sueño: ¿qué son y cuáles son sus consecuencias? Revista de la Facultad de Medicina (México), 61(1), 6-20.
  • Mendoza, L. A., Caballero, S., Ormea, V., Aquino, R., Yaya, E., Portugal, A., … Muñoz, A. (2017). Neurociencia del sueño: Rol en los procesos de aprendizaje y calidad de vida. Apuntes de Ciencia & Sociedad, 7(2 (Apuntes de Ciencia & Sociedad)), 103-109.
  • Novo, C. (2012). Efectos de la privación de sueño en la esfera neurológica y del comportamiento. NeuroScopic: Integral Neurodiagnostics. Recuperado de https://www.academia.edu/16305643/Efectos_de_la_privaci%C3%B3n_de_sue%C3%B1o_en_la_esfera_neurol%C3%B3gica_y_del_comportamiento