Troubles cognitifs chez les personnes âgées : vieillissement normal ou pathologique ?

Avec l'âge, on observe une certaine détérioration des capacités cognitives. Dans cette dynamique, il est très important de différencier les processus ou les pertes associés au vieillissement normal de ceux associés à la maladie pour mener à bien des interventions.
Troubles cognitifs chez les personnes âgées : vieillissement normal ou pathologique ?

Dernière mise à jour : 05 avril, 2022

L’espérance de vie est de plus en plus élevée dans les sociétés occidentales ; et cela, à son tour, augmente la prévalence de certaines maladies, telles que la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences. Ces pathologies entraînent non seulement des souffrances personnelles et familiales mais ont également un traitement coûteux. C’est pour cela que les recherches sur le diagnostic des troubles cognitifs chez les personnes âgées se sont multipliées, afin de parvenir à un dépistage précoce du vieillissement normal et pathologique.

Avec l’âge, le cerveau et le système nerveux subissent des modifications. Ainsi, il n’est pas réaliste de s’attendre à ce que certaines capacités restent au même niveau que dans nos jeunes années.

Cependant, il n’est pas vrai non plus que tout problème de mémoire ou de n’importe quelle autre fonction soit un signe de démence. Une évaluation adéquate est donc essentielle pour identifier l’état de la personne et voir quelles sont les interventions les plus appropriées.

femme aînée, pensée

Le vieillissement normal, quelle est son évolution ?

Inévitablement, après avoir atteint un certain âge, certaines de nos capacités commencent à subir une détérioration naturelle. Cependant, l’évolution dépend largement de facteurs individuels tels que l’âge, le niveau d’éducation ou le contexte socioculturel de la personne.

Dans tous les cas, de petits signes cognitifs se manifestent qui n’interfèrent pas de manière significative avec la vie quotidienne. En ce sens, l’expérience compense une grande partie de l’agilité mentale perdue.

De plus, la perte se produit progressivement et graduellement et la personne est consciente de l’état de ses capacités cognitives. Ainsi, les principaux changements sont les suivants :

  • Ralentissement de la vitesse de traitement de l’information.
  • Diminution de la capacité à encoder, stocker et récupérer de nouvelles informations.
  • Réduction du stock lexical (ou vocabulaire disponible).
  • Difficultés de mémoire légères, en particulier pour se souvenir d’informations spécifiques, telles que des noms ou des numéros de téléphone.
  • Un certain déclin des capacités visuospatiales.

Troubles cognitifs chez les personnes âgées

Une personne qui montre des signes de vieillissement normal ne développe pas forcément de démence. En réalité, il s’agit de deux manières différentes de vieillir plutôt que d’un continuum.

Cependant, avant l’apparition de la démence, il est possible que le soi-disant trouble cognitif léger (MCI) se produise. C’est une entité qui implique une certaine pathologie (chose qui ne se produit pas dans le vieillissement normal) mais qui ne répond pas aux critères du diagnostic de démence.

Ce type de déficience cognitive chez les personnes âgées est anormal dans leur tranche d’âge ; cependant, il est toujours possible pour la personne de conserver son autonomie. De plus, les zones cognitives affectées peuvent varier selon le sous-type, la mémoire étant la zone prédominante affectée ou encore le langage, les fonctions exécutives ou les capacités visuospatiales.

L’aspect le plus pertinent de la déficience cognitive légère est sa progression. Il a été constaté qu’il existait un risque accru de progression vers la démence à partir de cette position. Cependant, il est également possible que, chez certaines personnes, cette progression stagne. D’autres parviennent même à récupérer des pertes et à retrouver un vieillissement normal.

Homme âgé atteint de démence

Quels facteurs influencent le déclin cognitif chez les personnes âgées?

En effet, les frontières entre « vieillissement normal » et « troubles cognitifs légers » ne sont pas toujours nettes. De nombreuses personnes peuvent être alarmées par des signes bénins, de peur qu’il s’agisse de démence ; et, au contraire, certains problèmes pertinents peuvent être sous-estimés. Par conséquent, l’évaluation neuropsychologique est essentielle pour déterminer à la fois l’état et les stratégies les plus appropriées à mettre en œuvre.

Cependant, plusieurs facteurs influencent la progression vers la démence. Parmi eux, le plus important est l’âge : le risque augmente donc avec le temps. Mais une relation a également été trouvée avec d’autres facteurs :

  • Le degré d’affectation.
  • Le nombre de domaines cognitifs touchés.
  • Manque de sensibilisation au problème.
  • La présence de troubles psychologiques, de symptômes émotionnels et de problèmes de comportement.
  • Échecs de la mémoire épisodique et sémantique.

Le traitement neuropsychologique et la stimulation cognitive peuvent aider à préserver les capacités, à ralentir leur détérioration ou à réduire le risque d’évolution vers la démence. Pour cette raison, il est important de consulter un professionnel en cas de perception d’une éventuelle détérioration cognitive chez les personnes âgées.

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