Trouble de déréalisation, la sensation de vivre dans un rêve

· 23 octobre 2018

Si un jour vous avez eu la sensation de devenir fou, que vous viviez un rêve ou que vous étiez dans une bulle, vous pouvez avoir souffert d’un épisode de déréalisation. Les caractéristiques essentielles du trouble de déréalisation sont des épisodes persistants ou récurrents de déréalisation. Nous verrons prochainement à quoi ils font référence.

Souvent, on traverse des épisodes de dépersonnalisation. Au cours de ces derniers, une sensation d’irréalité ou d’étrangeté fait son apparition, ainsi qu’une prise de distance avec soi-même ou avec certains éléments du « moi ». La sensation est celle d’être hors de son propre corps, comme si nous étions un observateur externe.

Épisodes de déréalisation : la sensation de vivre dans un rêve

Les épisodes de déréalisation se caractérise par une sensation d’irréalité ou de prise de distance. On peut également avoir la sensation de ne pas être familiers avec le monde, les individus, les objets inanimés ou tout leur entourage. La personne peut avoir l’impression d’être dans un nuage, dans un rêve ou dans une bulle. C’est comme s’il existait un voile ou un mur de cristal entre l’individu et le monde qui l’entoure. L’environnement peut être vu comme artificiel, sans couleur ou sans vie.

vivre dans un rêve

La déréalisation est normalement accompagnée de distorsions visuelles subjectives. Ces distorsions visuelles peuvent être : une vision floue, une acuité visuelle augmenté, un champ visuel élargi ou réduit, une double dimensionnalité ou planéité, une exagération de la tridimensionnalité, altérations dans la distance ou dans la taille des objets (par exemple la macropsie ou micropsie).

Des distorsions auditives peuvent également se développer. Elles vont contribuer à atténuer ou à accentuer les voix et les sons. Pour diagnostiquer un trouble de déréalisation, il est nécessaire de ressentir un mal-être cliniquement significatif.

Une détérioration dans le domaine social, professionnel ou d’autres aires importantes du fonctionnement peut également avoir lieu.

Suis-je en train de devenir fou ?

Les personnes souffrant du trouble de déréalisation peuvent avoir des difficultés à décrire leurs symptômes. Elles peuvent finir par penser qu’elles sont « folles » ou « en train de devenir folles ». Une autre expérience fréquente est la peur d’un dommage cérébral irréversible.

Un symptôme commun associé est une altération subjective du sens du temps (il passe trop peu lentement ou trop rapidement). Un autre symptôme est la subjective difficulté à se rappeler du passé. On a du mal a être propriétaire de ses souvenirs aussi bien personnels qu’émotionnels.

Les symptômes corporels ne sont pas non plus à négliger. Ils peuvent être une saturation de la tête, des fourmillements ou une sensation d’évanouissement. Les personnes peuvent souffrir d’une préoccupation obsessionnelle et d’une rumination marquée.

Cette rumination correspond à l’obsession des personnes sur leur existence réelle ou sur le contrôle de leurs perceptions afin de savoir si elles sont réelles. Ce sont des caractéristiques fréquemment associées à des degrés variés d’anxiété et de dépression.

On a observé que les personnes souffrant de ce trouble souffrent généralement d’une hypo-réactivité physiologique aux stimulations émotionnelles. Des substrats neuronaux d’intérêt avec l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, le lobe pariétal inférieur et les circuits du cortex préfrontal-limbique.

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Comment se développe et évolue le trouble de déréalisation ?

L’âge moyen d’apparition des symptômes du trouble de déréalisation est de 16 ans. Cependant, ce trouble peut commencer au début ou au milieu de l’enfance. Seule une minorité d’individus ne se rappelle pas d’avoir eu des symptômes.

Moins de 20% des cas apparaissent après l’âge de 20 ans. 5% des cas seulement se déclarent après les 25 ans. L’apparition du trouble au cours de la quatrième décennie ou plus tardivement n’est que très très peu fréquente. D’autre part, la déclaration du trouble peut être très soudaine ou graduelle. La durée des épisodes peut varier énormément, de brefs (heures ou jours) et prolongés (semaines, mois, années).

Pour certaines personnes, l’intensité des symptômes peut augmenter et diminuer considérablement alors que pour d’autre elle adopte un niveau constant. Dans des cas extrêmes, les symptômes peuvent s’exprimer pendant des années voire des décennies. 

Les facteurs internes et externes qui affectent l’intensité des symptômes varient selon les individus bien que certains patrons typiques ne soient connus. Les exacerbations peuvent être provoquées par le stress, la dégradation de l’humour et des symptômes d’anxiété, les circonstances stimulantes ou sur-stimulantes, les facteurs physiques tels que le manque de sommeil. 

En conclusion

Comme nous pouvons le voir, le trouble de déréalisation peut être très désagréable pour ceux qui en souffrent. La sensation principale est celle de devenir fou ou de vivre dans un rêve éloigné de la réalité. Cela peut pousser les personnes qui en sont victimes à rechercher une aide médicale. Heureusement, bien que ce trouble soit désagréable, il n’est pas dangereux.