Queer, transsexualité et transgenre : quand l’identité ne s’ajuste pas au monde

19 mars 2017 dans Psychologie 23 Partagés

Pourquoi est-ce que je n’entre pas dans le pré-établi ? Pourquoi les mots qui existent sont trop courts pour exprimer ce qu’il se passe en moi ? Qui suis-je si je ne m’identifie pas à ce que je devrais être ? Ces questions et bien d’autres sont des questions que se posent les personnes qui s’auto-définissent comme étant « transsexuel-le » ou « transgenre« .

Dans la plupart des cas, les tiroirs que nous construisons avec des mots sont trop étroits pour classer la réalité. Le monde est un concept trop ouvert et lorsqu’on veut le mettre en boîtes, nous courons le risque que quelques personnes restent en dehors de cette bulle inventée.

Je suis qui je suis, je suis transsexuel-le ou transgenre

On appelle « transsexuelles » ou « transgenres » les personnes qui sentent que leur identité de sexe ne correspond pas aux stéréotypes homme-femme. Ces personnes ne se reconnaissent pas dans les catégories et peuvent s’auto-décrire de différentes manières.

D’un point de vue plus général, la théorie « queer » rejette la construction binaire homme-femme et affirme que l’identité de sexe est bien plus large, et ne peut pas se réduire à deux ou trois étiquettes. Elle signale que la réalité n’est ni fixe ni immuable mais diverse, riche et pleine de nuances.

Ainsi, l’adjectif « transsexuel » ou « transgenre » englobe une multitude de personnes qui se sentent étrangères lorsqu’elles s’identifient à des adjectifs qui font des catégories fermées et sans intermédiaires ou alternatives. Ces adjectifs, fictifs et socialement construits, ne seraient pas valides pour décrire la richesse de la sexualité.

Je suis transsexuel-le, je suis androgyne, je suis asexuel-le, je suis drag queen/drag king, je suis intersexe, je suis femme mais je ne m’identifie pas à ce nom, je suis homme mais j’aime ma féminité. Je suis quelqu’un qui veut se définir librement et dépasser les limites socialement établies. Je suis queer.
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Rien n’est blanc ou noir

Nous sommes habitué-e-s à ce que beaucoup de gens définissent le monde selon des opposés qui s’affrontent. Nous avons toujours entendu parler de blanc et de noir, de bon ou de mauvais, d’homme ou de femme. Mais lorsqu’on met cela en relation avec la réalité, nous nous rendons compte que les bons ne sont pas aussi bons que nous le pensons, ou qu’entre le noir et le blanc, il existe une forte tonalité de couleurs. Bien plus que ce que vous pensez : regardez tous les tons que sont capables de produire l’écran d’un ordinateur, de la télévision ou du téléphone portable.

C’est la même chose qui arrive avec l’identité sexuelle, être homme ou femme, et l’identité de genre, être féminin ou masculin. La sexualité ne se limite pas à deux adjectifs opposés mais à un continuum à l’intérieur de ceux-ci. Oublier la variété existante entre les deux pôles reviendrait à appauvrir la sexualité.

Être queer, c’est la diversité dans un continuum, c’est accepter que tout n’est ni blanc ni noir et que la personne a le droit de se définir comme elle le souhaite et non pas comme on lui a imposé d’être. Être queer, c’est revendiquer la liberté de penser, la manière de vivre et la sexualité de chacun-e de nous.

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On met des limites quand on est limité-e

Les étiquettes nous apportent de la sécurité, ordonnent cette vie chaotique dans les mots plein de sens qui peuvent classer et ranger de manière rationnelle. Hors de la réalité que nous connaissons, tout est inconnu et souvent, l’inconnu entraîne de l’insécurité et de la peur.

Quiconque s’auto-définit comme « queer » est quelqu’un qui ne s’ajuste pas à la normalité acceptée socialement, que ce soit en termes de genre, de sexe ou d’orientation sexuelle. Son physique ou sa manière de se comporter sont considérés par beaucoup comme étranges et il rompt les schémas mentaux des plus conservateur-trice-s. Ainsi, les personnes qui sont incapables d’ouvrir leur esprit au-delà des idées préconçues peuvent agir avec rejet envers tout ce qu’elles considèrent comme « bizarre ».

Nous aimons croire que la réalité est telle que nous la voyons. Quand le monde contredit nos idées, au lieu de les accepter, nous transformons la réalité pour la modeler selon ce que nous pensions déjà. Ainsi, nous cherchons ce qui va dans le sens notre manière de penser puisque dès que nous nous confrontons à la contradiction, nous nous sentons gêné-e-s, remis-es en question et peu sûr-e-s de nous.

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Ma réalité est aussi valide que la tienne

Il existe autant de réalités que de personnes dans le monde et toutes les réalités sont également valides et respectables. Que les visions de deux personnes ne coïncident pas ne signifie pas qu’elle sont correctes ou pas, mais indique simplement que la réalité est diverse et dépend de qui la perçoit.

Parler de « queer« , c’est parler de différentes possibilités, en tenant compte qu’elles sont toutes valides. C’est en finir avec les dichotomies qui appauvrissent la réalité et c’est accepter qu’au-delà de ce que beaucoup croient, le monde et les personnes sont diverses, et toutes les formes sont acceptables.

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