Thyroïde et grossesse, quel est leur lien ?

· 19 juillet 2018

La thyroïde et la grossesse disposent d’une relation directe que tout le monde ne connaît pas. Au cours de la gestation, la glande thyroïde de la mère est « obligée » d’augmenter sa production de thyroxine de 30 à 50%. Son équilibre et son bon fonctionnement favoriseront le bon développement cérébral du fœtus ainsi que celui de son système nerveux au cours du premier trimestre.

Parfois, la manière dont nos glandes et hormones agissent sur notre bien-être peut nous fasciner ou nous terrifier. Souvent, un minuscule déséquilibre entre elles peut nous faire comprendre que quelque chose ne va pas bien. Nous prenons ou perdons du poids, nous nous sentons plus fatigués, ou pire encore, nous pouvons éprouver certaines difficultés lorsque nous souhaitons concevoir un enfant.

La thyroïde d’un fœtus ne se forme pas avant 10 à 12 semaines de gestation. Jusqu’à ce moment, le fœtus dépend en exclusivité de celle de sa mère.

Les irrégularités dans la menstruation, la fertilité et le bon développement d’une grossesse dépendant de ce petit organe en forme de papillon situé juste en dessous de la pomme d’Adam. Avec seulement 30 grammes cette petite usine augmente les hormones triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4) qui ont un impact très grand sur notre santé et surtout sur le bon développement du bébé au cours des premiers mois de gestation dans le ventre de sa mère.

lien entre thyroïde et grossesse : développement du foetus

Thyroïde et grossesse, l’importance d’un échange fondamental entre la mère et l’enfant

La glande thyroïde se développe chez le fœtus entre la 10 et la 12 semaine de grossesse. Jusqu’à ce moment, le fœtus dépendra alors exclusivement de la glande thyroïde de sa mère. Cela a donc une importance immense. Si une femme a un historique clinique caractérisé par un trouble de la thyroïde, tel que l’hypothyroïdie, plusieurs choses peuvent se passer.

La première conséquence est que la femme pourra avoir des difficultés à concevoir ; mais cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne puisse jamais tomber enceinte. Le risque de fausse-couche est également présent, ainsi que celui des naissances prématurées ou d’autres problèmes médicaux tels que la prééclampsie (hypertension artérielle au cours de la grossesse). Thyroïde et grossesse sont deux mots que chaque femme doit avoir en tête si elle désire un enfant. On recommande donc toujours de réaliser un profil analytique thyroïdien afin de diagnostiquer des quelconques problèmes, un quelconque dysfonctionnement qui puisse causer à cours ou à long terme des problèmes majeurs.

Les modifications hormonales au cours de la grossesse

Une grossesse normale suppose une altération directe de la fonction thyroïdienne. Cela est dû à l’influence de deux hormones très concrètes : l’hormone chorionique gonadotropine humaine (hCG) qui se mesure dans le test de grossesse, et l’œstrogène qui est la principale hormone féminine.

L’hormone chorionique gonadotropine humaine agit comme un stimulant pour la thyroïde. Ce changement dans l’organisme de la femme surgit 2 à 3 jours après la conception et dure à peu près trois mois. Certaines mères remarquent ce changement de manière plus prononcée (également connue comme la fausse hyperthyroïdie) au point d’expérimenter plus de vomissements que la normale, des palpitations et également une perte de poids.

lien entre thyroïde et grossesse : modifications hormonales

Après avoir atteint le second semestre, d’autres effets apparaissent et ils contribuent également à modifier la fonction thyroïdienne. Dans ce cas, les responsables sont les hormones féminines (œstrogènes). Ainsi, entre les semaines 16 et 20, le niveau de la protéine chargée de fixer la thyroxine dans le sang double (la TBG). Cette altération est connue comme le fausse hypothyroïdie mais si les analyses cliniques montrent que la T4 libre (thyroxine) n’a pas changé, alors il n’y a aucun problème.

Symptômes de l’hypothyroïdie au cours de la grossesse

Puisque la thyroïde et la grossesse ont une relation si évidente, il est commun de contrôler périodiquement le profil thyroïdien de la mère tout au long de la grossesse. Ainsi, si une production insuffisante de thyroxine est détectée, un diagnostic d’hypothyroïdie sera alors donné. Il convient de préciser que cette affectation est facile à traiter. Ces symptômes sont les suivants :

  • Ongles et chevelure fragiles et cassants
  • Fatigue
  • Prise anormale de poids
  • Sensation continue de froid
  • Douleur musculaire et articulaire
  • Peau sèche
  • Problèmes digestifs

Aussi, comme nous l’avons signalé au début, l’apparition d’un problème de thyroïdes au cours de la grossesse augmente les risques de fausse-couche et de naissance prématurée.

Symptômes de hyperthyroïdie au cours de la grossesse

L’apparition d’hyperthyroïdie au cours de la gestation est un trouble relativement rare. Les études de la population nous annoncent que l’incidence de ce trouble est de 2 femmes sur 1000. La symptomatologie est la suivante :

  • Perte de poids
  • Problèmes intestinaux
  • Faible tolérance à la chaleur
  • Manque de motivation et mauvaise humeur
  • Tremblements
  • Insomnie
  • Apparition du goitre (cou gonflé)
  • Prééclampsie : hypertension et rétention de liquides

Si une mère souffre d’hyperthyroïdie au cours de la gestion et qu’elle ne reçoit aucun traitement, il y a un risque important de mort fœtale.

hyperthyroïdie

Thyroïdes et grossesse : importance de la prévention

La relation entre thyroïdes et grossesse ne doit pas nous faire peur dans la mesure où nous réalisons un suivi médical adéquat. Ces troubles de la glande thyroïde sont curables et disposent d’un bon pronostic aussi bien pour la mère que pour l’enfant. Lorsque nous avons des antécédents familiaux associés à cette maladie et que nous désirons un enfant, il est recommandé d’évoquer ces informations avec des spécialistes.

Une supervision adéquate basée sur des contrôles périodiques ajoutée à un régime adapté et à des habitudes de vie saines nous permettrons sans doute de vivre une grossesse plus sereine.