Thérapie d’exposition au miroir : en quoi consiste-t-elle ?

· 25 janvier 2019
Connaissez-vous ce type de thérapie ?

La thérapie d’exposition au miroir est une technique psychologique pour le corps et pour l’âme. Elle aide à traiter l’image corporelle négative, à réduire l’anxiété, à défaire ces nœuds qui intensifient la dépression… En définitive, nous sommes face à une stratégie de grande efficacité pour aimer cette personne souvent négligée que nous voyons dans le reflet du miroir. Le but est de nous réconcilier avec elle.

Cela peut nous sembler surprenant mais beaucoup de femmes (et d’hommes), lorsqu’elles se regardent dans un miroir, n’y voient qu’un être désagréable et gênant. Certaines personnes remarquent des accumulations de graisse là où il n’y en a pas. D’autres ne décèlent que des rides, des défauts physiques, de la laideur et du mépris. Presque sans savoir comment, le miroir devient cet espace de torture qui mine l’identité et l’estime de soi.

Ces réalités psychologiques se manifestent souvent à travers des entités cliniques, comme les troubles de l’alimentation et les troubles de dysmorphie. Ainsi, tandis qu’une personne saine s’observe tous les jours en faisant preuve d’acceptation et d’orgueil vis-à-vis de son corps, les patients avec ces réalités se sentent très mal à cause de détails qui ne sont pas réels. Tout cela les pousse à ressentir une souffrance très élevée.

Dans ces cas, lorsque l’insatisfaction corporelle est aussi dévastatrice, on a pu voir que l’usage de la thérapie d’exposition au miroir unie à la gestion des émotions et des pensées négatives débouche sur de bons résultats. Voyons cela de plus près.

« C’est presque toujours la peur d’être nous-mêmes qui nous amène devant un miroir. »

-Antonio Porchia-

thérapie d'exposition au miroir

La thérapie d’exposition au miroir : qu’est-ce que c’est ?

La thérapie d’exposition au miroir est extrêmement efficace. Cependant, les experts ne comprennent pas encore avec exactitude les mécanismes qui poussent le patient à finir par accepter sa propre image corporelle. Cette technique se base sur divers outils thérapeutiques qui peuvent varier en fonction des besoins de chaque patient.

  • L’Université de Maastricht a réalisé une étude en 2016. Le but était de savoir pourquoi ces mécanismes amélioraient l’état des patients atteints de boulimie ou souffrant d’une faible acceptation physique en un peu plus d’un mois. Les chercheurs ont fini par découvrir que le fait de travailler les attributions, les biais et l’aspect émotionnel est quelque chose de très significatif.
  • L’Université de Grenade a aussi publié un travail très intéressant dans le Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry. Les scientifiques y démontrent que les patients se retrouvent avec des niveaux de cortisol plus bas après la thérapie d’exposition au miroir.

Ces deux recherches nous aident à mieux comprendre les processus de cette technique. Les voici.

Les trois techniques de la thérapie d’exposition au miroir

Au moment d’effectuer la thérapie d’exposition au miroir, deux techniques spécifiques sont généralement utilisées :

  • Exposition guidée. Dans ce cas, le psychologue spécialisé guide le patient pour qu’il décrive son corps pendant qu’il s’observe dans un miroir. Il doit le faire de façon neutre et objective, comme s’il décrivait un tableau.
  • Exposition pure. Ici, la personne exprime librement et avec authenticité tous les sentiments qu’elle ressent en voyant son corps. Comme nous devons nous y attendre, elle ressentira de la gêne en révélant ce qu’elle perçoit comme laid, désagréable et même difforme. Cependant, cette étape est nécessaire pour le processus thérapeutique.
thérapie d'exposition au miroir

Par ailleurs, Griffen, TC, Naumann, E., et Hildebrandt, T. (2018) signalent que ces deux techniques ne sont pas toujours efficaces avec tous les patients. Dans ces situations, une troisième stratégie est adoptée et finit toujours par faciliter des objectifs :

  • Exposition au miroir avec approche positive. Cet outil aide la personne à réduire son angoisse. Le thérapeute guide le patient pour qu’il parle des parties de son corps qui lui plaisent le plus. On lui demande d’utiliser un langage positif. Si la personne ne les voit pas et ne distingue aucune partie attirante dans son corps, le professionnel peut l’aider. Il peut le faire à travers des phrases comme « Je pense que vous avez un joli visage », « Votre teint de peau est délicat », « Vous avez de belles mains », etc.

Clés qui permettent à la thérapie d’exposition au miroir de fonctionner

Nous l’avons déjà signalé un peu plus tôt. Beaucoup de personnes se demandent comment les patients peuvent se sentir mieux au bout de six sessions. Il est commun que le stress se réduise, que l’estime de soi augmente et que la personne finisse par apprécier les parties de son corps qui lui posaient le plus de problèmes. Si la thérapie d’exposition au miroir a un très bon taux de réussite, c’est grâce aux raisons suivantes.

Les 4 piliers de l’efficacité de la thérapie d’exposition au miroir

  • Modification des auto-interprétations. Une personne avec un trouble de dysmorphie ou de l’alimentation lie n’importe quelle situation adverse de son quotidien à son image corporelle. Si elle commet une erreur, si on lui dit « non » à quelque chose, si quelqu’un agit mal avec elle, etc., elle l’attribue exclusivement à son physique. Grâce à cette thérapie, ces interprétations se réduisent.
  • Biais d’attention. Si une personne a un grand nez, des chevilles trop grosses, de larges épaules, des petits seins, trop de taches de rousseur, etc., son biais d’attention la pousse à voir ces points comme des « défauts ». Grâce à cette approche clinique, ce biais perd en intensité.
  • Réduction de la peur et de l’anxiété. Comme n’importe quelle thérapie basée sur l’exposition du foyer de l’anxiété, tôt ou tard, les émotions finissent par se réduire. Pourquoi ? Parce que l’on parvient à établir une relation positive avec ce stimulus problématique qu’est le physique.
  • Le quatrième pilier de la thérapie d’exposition au miroir est le recyclage cognitif. Cette stratégie permet au patient d’arrêter de passer son image à travers le filtre de la négativité et du rejet. Elle l’aide à recycler et à affiner son point de vue pour se considérer avec un plus grand respect et, surtout, avec une plus grande appréciation.

Conclusion

Comme nous pouvons le deviner, cette technique peut être la réponse dont beaucoup de personnes ont besoin. Surtout pour celles qui commencent à ressentir un rejet vis-à-vis de l’image qui se reflète dans le miroir alors même qu’elles n’ont encore développé aucun trouble de l’alimentation. C’est à ce moment que l’aide d’un professionnel est extrêmement recommandée. Pensons-y.