Thérapie de deuil : comment affronter les adieux

13 décembre 2017 dans Psychologie 245 Partagés
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La mort et la perte d’un être cher est un processus très difficile par lequel nous sommes tous passé ou qui nous arrivera à un moment donné. Il est vrai que toutes les personnes ne disposent pas des mêmes ressources ou des mêmes outils pour faire face à cette situation. Ce processus devient parfois chronique et se convertit dès lors en un problème sérieux.

Nous estimons que cela se produit entre 10 et 20% des fois où nous devons affronter un deuil. Dans de telles hypothèses il est possible de recourir à différentes techniques, approuvées par diverses études, qui peuvent nous aider à surmonter cet état dans lequel nous pouvons tous finir “prisonniers“. Parmi ces techniques, nous parlerons de la lamentation dirigée. Par ailleurs, et avant toute autre chose, nous essaierons de différencier le deuil normal du deuil pathologique, et nous y procéderons à travers une question : dans quelle mesure une telle souffrance est-elle normale ?

Deuil normal et deuil pathologique

Le deuil est un ensemble de réactions au niveau physique, émotionnel et social, qui est déclenché suite à une perte significative : dans le cas qui nous intéresse, la mort d’un être cher. Les symptômes peuvent varier en intensité et en durée, pouvant perdurer toute la vie dans certains cas. Dans tous les cas, nous devons nous souvenir qu’il s’agit, au début, d’une réaction adaptative.

Outre la peur de la solitude, le chagrin, la tristesse et l’anxiété sont les sentiments les plus communs, dans cet ordre là. Des sentiments de culpabilité peuvent également apparaître et l’intérêt pour tout ce qui entoure la personne peut diminuer. La chose normale est que ces symptômes disparaissent dans une période qui se situe entre six mois et un an.

femme en deuil

Lorsque les réactions émotionnelles sont beaucoup plus intenses, qu’elles constituent un obstacle pour poursuivre la vie quotidienne et qu’elles durent plus d’un an, nous pouvons parler de deuil pathologique. Dans ces cas peuvent également apparaître des symptômes très inhabituels, tels que des hallucinations (visions ou voix du défunt) ou des idées suicidaires. Ce processus tend souvent à se compliquer par ailleurs eu égard à d’autres comportements tels que l’isolement social, la négligence personnelle ou la consommation de substances. C’est dans cette hypothèse qu’il est nécessaire d’envisager une thérapie de deuil afin d’obtenir l’aide d’un professionnel.

La thérapie de deuil : stratégies thérapeutiques

Dans le traitement du deuil pathologique il est possible de recourir à des thérapies individuelles comme à des thérapies de groupe. Il a même été constaté que dans certains cas il est très efficace d’utiliser les deux. Il s’agit d’améliorer les ressources individuelles de chaque personne, mais également d’offrir le soutien social dont elle a besoin pour mettre fin à son isolement.

En tout état de cause, l’objectif principal de la thérapie de deuil n’est pas d’oublier le défunt, mais de transformer le processus afin que la mémoire de ce dernier ne génère pas un blocage. Les objectifs fondamentaux de cette thérapie seraient, par conséquent, les suivants :

  • Faciliter l’expression des sentiments et des expériences par rapport au défunt. La personne garde souvent le silence et ne met pas de mots sur ce qu’elle ressent ou pense, rendant par la même difficile le fait de surmonter la perte.
  • Discuter des circonstances qui ont mené au décès. Très souvent, en raison du type de décès survenu (suicide, attaque terroriste, etc.), le deuil devient plus douloureux. En parler facilitera l’assimilation et l’acceptation.
  • Centrer la thérapie sur la résolution des problèmes quotidiens et sur la réadaptation à notre vie quotidienne normale. De grands résultats sont obtenus grâce à de petits progrès quotidiens.
  • Projeter le patient dans le futur, de sorte qu’il intègre progressivement des activités enrichissantes dans sa routine. Cela lui permettra de sentir que, malgré tout, il existe encore des choses pouvant le faire se sentir bien.

La lamentation dirigée comme thérapie de deuil

Cette thérapie est utilisée chez les personnes qui traversent un deuil pathologique avec un comportement d’évitement, un blocage émotionnel et une ré-expérimentation sous la forme de cauchemars ou de pensées envahissantes. Il convient de noter ici le rôle que peut jouer la lamentation dirigée. Elle consiste à exposer la personne à des souvenirs qui lui rappellent le défunt, en particulier à des expériences partagées.

Par exemple, la lecture de lettres ou la présentation d’un album photo est souvent utilisée. Il s’agit, en tout état de cause, de rompre avec l’inhibition émotionnelle perturbatrice. Le mécanisme sous-jacent constituant les bases de ce type de thérapie est l’affaiblissement de la réponse émotionnelle conditionnée (tristesse) à travers la présentation répétée de stimuli qui génèrent cette même réponse. Autrement dit, nous exposons le patient à ce qui provoque de la tristesse de manière répétitive jusqu’à ce que l’émotion, en raison de la fréquente exposition, diminue en intensité.

Cette exposition répétée peut également être réalisée à travers des comportements initialement gratifiants, qui ont été abandonnés parce qu’ils conduisaient à se souvenir du défunt. Par exemple : aller au cinéma, voyager, sortir dîner, etc. Dans ces hypothèses, la gratification de l’activité elle-même servira également de mécanisme sous-jacent de la thérapie.

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Les indicateurs de récupération après un deuil pathologique

Comment pouvons-nous savoir que la thérapie du deuil a fonctionné ? Quels comportements déterminent la récupération après un deuil pathologique ? Voici une série d’indicateurs ou de signaux qui nous permettent de différencier cette récupération :

  • La personne a retrouvé les constantes biologiques par rapport à l’appétit et au sommeil.
  • L’expression verbale des sentiments et des expressions affectives, tels que les sourires ou les câlins, réapparaît.
  • Le sujet est déjà impliqué dans des comportements valorisants, il reprend sa vie sociale et participe même à des activités de bénévolat pour aider les autres.
  • Le souvenir du défunt est déjà intégré dans l’histoire personnelle sans déclencher d’émotions négatives excessives. Le sujet parvient à évoquer des expériences positives vécues avec le défunt.
  • Le sujet profite de la vie quotidienne et établit des objectifs futurs.

Finalement, le deuil est un processus normal qui nécessite un développement personnel pas toujours évident à réaliser. Quoiqu’il en soit, connaître le deuil pathologique et certaines des solutions thérapeutiques peuvent nous aider à identifier et faire face aux ultimes adieux, ainsi que nous motiver à rechercher l’aide d’un professionnel dans l’hypothèse où nous en aurions besoin.


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