La tendre histoire de Koko, la guenon la plus intelligente du monde

26 juin 2017 dans Psychologie 137 Partagés

Tout le monde connaît l’histoire de Koko, la guenon la plus intelligente du monde. Ce bel animal est né dans un zoo de San Francisco en 1971. La psychologue Francine « Penny » Patterson a décidé de l’adopter pour une étude qu’elle a réalisée à l’Université de Stanford aux États-Unis.

L’objectif initial était de faire une expérience linguistique. La psychologue devait essayer de lui apprendre le langage américain des signes pour les sourds muets. Si elle y arrivait, elle pouvait communiquer avec elle et découvrir, en avant première, comment pense un primate.

« Tout d’abord, il a été nécessaire de civiliser l’humain dans sa relation à l’humain. Maintenant, il est nécessaire de civiliser l’humain dans sa relation à la nature et aux animaux. »

-Victor Hugo-

Au bout de 43 ans de travail avec Koko, la seule chose que l’on peut conclure, c’est qu’elle n’a cessé de surprendre celleux qui la connaissaient. Ses progrès ont été impressionnants. Elle n’a pas uniquement appris à la perfection le langage des signes mais elle a aussi envoyé de magnifiques messages au monde entier et a démontré qu’elle regorgeait de nombreuses capacités d’apprentissage.

L’entraînement de Koko

Cette histoire a généré une polémique dès le début. Au commencement, on doutait qu’elle soit capable d’apprendre le langage des signes. On supposait qu’elle arriverait peut-être un jour à répéter les gestes que sa professeure lui faisait, sans en comprendre le sens.

La docteure Patterson pensait le contraire. C’est pour cela qu’elle lui apprit tout patiemment. Le premier signe qu’elle montra dans sa compréhension a été le fait qu’elle créa de nouveaux mots. Voici un exemple : le mot anneau. L’instructrice lui avait appris le mot « bracelet » et le mot « doigt » mais pas le mot « anneau ». Mais un jour, Koko a associé le signe du bracelet et du doigt, pour se référer à un anneau que son instructrice portait.

Aujourd’hui, la docteure Patterson dit que Koko maîtrise un langage de 1.000 signes au total. Elle comprend aussi 2.000 mots en anglais. En plus, il y a des vidéos dans lesquelles la guenon apparaît en émettant des onomatopées, c’est-à-dire, des sons produits délibérément pour communiquer quelque chose. Certains croient qu’elle pourrait même finir par dire des mots.

La jolie histoire de Koko et Bolita

La docteure Patterson était habituée à lire des contes à Koko. Les préférés de la guenon étaient Le chat botté et l’histoire des trois petits chats. Presque tous les jours, elle demandait à son instructrice de lui lire ces histoires, encore et encore. Un jour, de manière surprenante, elle dit à la docteure Patterson qu’elle voulait avoir un chat.

Pure coïncidence, trois chats furent abandonnés près de la grange où vivait Koko. L’un d’entre eux était une femelle qui n’avait pas de queue et Koko l’adopta. Dans le langage des signes, elle la baptisa « Bolita ». Depuis ce moment, elles devinrent des amies inséparables. Koko en prenait soin comme la prunelle de ses yeux, jouait avec elle et était toujours à l’affût de ce qu’elle faisait.

Au bout de 15 ans d’amitié, Bolita a été écrasée par une voiture et est morte. Patterson raconta à la guenon qu’elle ne reverrait pas son amie. Koko a alors dit se sentir triste. Il existe une vidéo dans laquelle elle semble sangloter quand elle est seule. Ce fait a mis en lumière ce que l’on pensait des animaux comme Koko : ils ont conscience de la mort.

La chercheuse Maureen Sheehan a interrogé Koko concernant cela. En langage des signes, elle lui a répondu que les gorilles meurent à cause de problème ou de vieillesse. Elle lui a aussi dit qu’après la mort, on va dans un endroit confortable. Et face à la question de savoir si les gorilles sont heureux ou tristes après la mort, Koko a répond que ni l’un, ni l’autre. Qu’ils dorment, tout simplement.

Le monde intérieur de Koko

Quelque chose a beaucoup attiré l’attention et est montré dans une vidéo : la relation entre Koko et l’acteur et réalisateur Robin Williams. Après la mort de Bolita, Koko a été triste pendant longtemps. Elle a souri à nouveau quand Robin Williams est venu la voir et lui a fait quelques blagues. L’acteur la fit beaucoup rire. Quand on lui a annoncé sa mort, Koko a exprimé une profonde tristesse.

Un autre épisode difficile a eu lieu quand un expert a expliqué le changement climatique à Koko. Elle s’est montrée très intéressée et étonnée par le sujet. Ensuite, elle a envoyé un message aux êtres humains, à travers des signes. Elle nous demande de prendre soin de la planète. De ne pas être stupides. Et attention : « la nature observe ». Ce fait est aussi enregistré dans une vidéo.

L’expérience avec Koko a démontré non seulement que son espèce est dotée d’une grande intelligence mais aussi qu’elle a un monde émotionnel très riche. Et que les animaux sont aussi capables d’élaborer des jugements rationnels et moraux. Ce cas démontre ce que beaucoup ressentent depuis très longtemps : les animaux et les humains sont des frères et sœurs, et ils ont plus de similitudes que de différences.

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