Le deuil dans l’enfance : un processus qui nécessite de la compréhension

27 mai 2017 dans Psychologie 154 Partagés

Lorsqu’il est question de deuil, on pense rarement aux enfants. En effet, le deuil infantile suppose des pertes. En tant qu’adultes, nous devons les aider à exprimer les émotions qui les font souffrir, et il est certain que parfois, on n’est pas préparé-e-s à les accompagner dans ce processus. Ainsi, dans cet article, nous allons vous apprendre quelques stratégies qui pourront vous permettre d’accompagner le deuil des plus petit-e-s.

Heureusement, la plupart des enfants font leur deuil sans trop de complications. Mais pour cela il n’est pas moins important de connaître différentes stratégies pour les aider, comprenant ainsi un peu plus le processus du deuil infantile. De plus, la manière dont on transite par la souffrance découlant de la perte de quelqu’un déterminera le processus des enfants qui nous entourent.

Le deuil infantile

La plupart du temps, on associe le deuil à la mort. Mais le processus englobe d’autres pertes : perte d’un emploi, perte d’un être cher, d’un animal de compagnie, perte d’une relation… Le deuil est un processus d’adaptation émotionnelle qui fait suite à une perte. Sans doute est-ce la mort d’un être cher ou d’un-e membre de notre famille qui représente la situation la plus difficile que l’on puisse avoir à accepter. De notre capacité d’adaptation à la nouvelle situation et de notre résilience dépendra notre manière de le vivre d’une manière ou d’une autre.

La mort d’un être cher provoque de la souffrance, de la tristesse, du vide, de la solitude…et toutes ces émotions doivent surgir pour pouvoir être gérées. Les enfants aussi ressentent ces émotions.

Les enfants réagissent face à la perte. Et ils le font de différentes manières. En fonction du moment de leur évolution, de leur manière de recevoir la nouvelle, de la réaction des adultes et des expériences propres. Les adultes ne sont que peu préparé-e-s à aborder le deuil, car généralement, nous ne parlons pas de la mort ou des maladies en phase terminale, et pas non plus des abandons ou de la séparation des parents à nos enfants.

Or, il est possible d’apprendre de nouvelles stratégies ; lisez la suite de cet article, et vous en découvrirez quelques unes.

Accepter la réalité de la perte

Accompagner l’enfant dans le manque qu’il peut ressentir. Quand une personne meurt, il y a une sensation de vide à gérer. Il est nécessaire d’affronter le fait cette personne n’est plus, et qu’elle ne reviendra pas. L’enfant lui aussi doit comprendre et accepter qu’il ne la reverra plus. Et pour cela, il faut que l’adulte passe également par cette acceptation.

Gérer les émotions en incluant la douleur

Des émotions telles que la tristesse, la dépression, la sensation de vide, etc, sont normales. Ressentir de la souffrance, voire même de la douleur physique, l’est aussi. L’enfant devra ressentir ces émotions. Et les accepter. Cette douleur, il faut la vivre, ne pas la nier ni la réprimer, car dans le cas contraire, cela pourrait donner lieu à une dépression qui devra être soignée par une thérapie.

S’adapter à un milieu où la personne décédée est absente

Commencer à vivre sans lui/elle, avec ce vide. Adopter ses rôles suppose un changement, et pour les enfants aussi. Par exemple, tenir les comptes de la maison comme le faisait maman est difficile. Finalement, cela suppose un changement de circonstances et une re-définition des rôles pour continuer à grandir et ne pas stagner.

S’adapter émotionnellement à la mort de cette personne et continuer à vivre

Les souvenirs d’un être cher ne se perdent jamais. On ne peut pas renoncer à cette personne, mais lui trouver une place appropriée dans notre coeur, de manière à ce que l’on puisse regarder derrière nous et parler d’elle sans souffrir. L’enfant n’oubliera pas la personne décédée, et pourra regarder vers l’avant de même que les autres, avec son vide.


Si l’enfant fait mal son deuil, cela peut laisser des séquelles dans les années qui suivront ou bien à l’âge adulte.


Certains comportements que peuvent avoir les enfants dans leur processus de deuil sont tout à fait normaux : perturbation du sommeil, problèmes intestinaux, retour à des étapes antérieures (sucer son pouce, s’uriner dessus), sentiment de culpabilité, périodes d’émotions intenses : anxiété, tristesse, angoisse, peur…

Mais il y a d’autres comportements qui, eux, supposent des signaux d’alarme : peur excessive de rester seul-e, tendance à imiter excessivement la personne décédée, isolement et éloignement de ses ami-e-s, absence du jeu, régression dans les résultats scolaires, problèmes de comportement ou fugues…Voilà tout autant de conduites prouvant que la souffrance est excessive.

Des histoires pour accompagner le deuil infantile

Parler de la mort d’une personne proche est difficile ; affleurent des sentiments et des émotions qui nous empêchent parfois de mettre des mots sur la situation. Mais il est nécessaire d’exprimer nos émotions, et il résulte facile de le faire avec des histoires.

En effet, les histoires qui abordent le sujet de la mort auprès des enfants sont très utiles et permettent aux parents et aux professionnel-le-s d’accompagner les enfants ainsi que de les aider à comprendre et à s’adapter à la nouvelle situation.

En fonction de l’âge de l’enfant, on peut passer plus de temps avec lui, l’encourager à exprimer ses émotions, partager les nôtres avec lui, corriger ses conduites inappropriées, l’impliquer dans les activités familiales, calmer ses peurs… Si les symptômes persistent ou que l’on ne sait pas quoi faire, on peut toujours demander l’aide d’un-e psychologue spécialisée pour enfants. De fait, c’est la chose la plus judicieuse à faire si le deuil se complique.

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