Stress et troubles psychophysiologiques

29 décembre, 2019
Les troubles psychosomatiques puisent leur origine dans des situations de stress soutenu. Ainsi, un stress persistant a tendance a nous submerger et il peut aisément affecter plusieurs de nos systèmes corporels.
 

Nous avons déjà tous ressenti cet état de tension nerveuse excessive aussi appelé le stress. Bien qu’il soit toujours associé à une sensation désagréable, le stress existe parce qu’il est utile. Cependant, il existe une corrélation entre le stress et les troubles psychophysiologiques.

Lorsque l’intensité du stress est élevé ou qu’il est permanent, il peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. En fait, la relation entre le stress et les troubles mentaux ont fait l’objet de nombreuses études. Les conclusions ont tendance à montrer que le stress est à l’origine de certains de ces troubles.

Le lien entre stress et troubles psychophysiologiques

Qu’est-ce que le stress ?

J. Carrobles (1991), professeur émérite à l’Université Autonome de Madrid, définit le stress de la façon suivante.

 

« Le stress est un état de suractivité soutenue vécu par une personne face à diverses situations considérées comme excessives et caractérisées par des conditions de ressources de contrôle faibles et un manque de soutien social. »

Cependant, il apparaît nécessaire de lever une ambiguïté dans le terme de stress. En effet, on peut lui attribuer 2 sens. Le stress peut ainsi être considéré comme distress et eustress.

  • Le distress : le préfixe « dis » signifie altéré ou inadéquat. Dans ce cas, le stress est pathologique et il entraîne des effets néfastes dans des situations considérées comme excessives
  • L’eustress : le préfixe « eus » signifie adéquate ou bon. Dans ce cas, par contre, le stress est considéré comme une réponse adaptée et nécessaire. Cependant, si l’eustress n’est pas correctement régulé, il peut être insuffisant ou excessif. Ceci peut alors conduire à un état de distress

Quelle est la différence entre le stress et l’anxiété ?

Pour comprendre la relation entre le stress et les troubles psychophysiologiques, il est nécessaire de le différencier de l’anxiété. D’autant plus qu’en cas d’anxiété, la réponse de l’organisme peut être similaire.

 

Quand on parle d’anxiété, on parle toujours de danger. Qu’il soit réel ou perçu comme tel par la personne. C’est donc quelque chose qui ne se produit pas en situation de stress, puisque une situation stressante n’est ni particulièrement désagréable ni dangereuse. Dans la mesure où la situation n’est pas considérée comme dangereuse, les personnes stressées ne la fuient généralement pas. Le stress est aussi plus facile à surmonter.

Puisque la réponse habituelle à l’anxiété est la fuite, le mécanisme suivant est généralement maintenu : anxiété-évitement-anxiété. Si quelque chose est perçu comme dangereux ou toxique dans le cadre de situations liées à l’anxiété, il est logique que la réaction typique soit de s’enfuir.

S’il y a danger, il faut des outils pour le combattre, et les gens n’ont généralement pas ce niveau de confiance en eux-mêmes. Ils le perçoivent comme dangereux parce qu’ils sont incapables de le combattre.

Par ailleurs, pour que le stress produise des effets néfastes, il doit durer dans le temps. Cependant, dans le cas de l’anxiété, même si la situation ne dure que quelques instants, ses effets se font déjà ressentir. L’anxiété peut donc pleinement affecter le fonctionnement social, familial et émotionnel d’une personne en très peu de temps.

 

Quelle est la relation entre le stress et l’homéostasie ?

L’homéostasie trouve son étymologie dans « homo », signifiant « retour à » et dans « stasis », signifiant équilibre. L’homéostasie se réfère donc au retour de l’équilibre du corps. Tous les humains ont un environnement interne et des signes vitaux qui ont tendance à s’équilibrer. En d’autres termes, l’organisme met automatiquement en oeuvre des mesures pour résoudre les déséquilibres que la personne présente.

Lorsque l’homéostasie n’est pas atteinte, c’est que la personne présente un stress. Elle est alors en état d’homéokinésie, un état de déséquilibre. Le sujet doit alors mettre en place des stratégies conscientes afin de retrouver un état d’équilibre.

Les troubles psychophysiologiques en réponse au stress

Nous savons tous que le stress peut entraîner l’irritabilité, l’apathie, l’anxiété, la détresse ou encore la colère. Cependant, le stress entraîne également des troubles psychophysiologiques ou physiques que nous ne remarquons bien souvent pas. Ils sont très significatifs dans la relation qu’entretient le stress avec les troubles psychophysiologiques. De plus, maintenus dans le temps du fait de la situation stressante, ces troubles psychophysiologiques peuvent conduire à souffrir de certains troubles psychosomatiques ou autres.

 

Les réponses physiologiques aux situations de stress sont caractérisées par différents systèmes du corps. Par exemple, le système nerveux autonome ou le système nerveux central.

Le système nerveux somatique

Dans la réponse physiologique au stress, le système somatique se manifeste à travers les mouvements des yeux et de la respiration. Mais aussi par l’intermédiaire de réponse électromyographique. Il s’agit d’une activité électrique produite par les muscles du squelette.

Par conséquent, en raison du stress, on constate une augmentation du flux sanguin vers les grands groupes musculaires. Par exemple, le dos, les bras, les jambes. Le stress s’associe également à une tension musculaire généralisée.

Une personne sujette aux troubles psychophysiologiques

Le système nerveux autonome

 

Le système nerveux autonome est affecté par le stress via le système cardiovasculaire qui régule le rythme cardiaque, la pression artérielle, et le débit sanguin. Il gère également la température du corps, l’excitation sexuelle, la salivation et les réponses gastro-intestinales. Mais aussi les réponses électro-dermiques. C’est-à-dire l’intensité de réponse de conduction de la peau.

Par conséquent, en situation de stress, il peut y avoir une augmentation de la fréquence cardiaque, une augmentation de l’activité rénale, une vasoconstruction périphérique dans les mains et les pieds (sensation de froid), et une augmentation du facteur de coagulation du sang.

Le système nerveux central

Le système nerveux central quant à lui se manifeste par des réponses électroencéphalographiques.

Enfin, certaines réactions au stress proviennent également des systèmes endocrinien et biochimique. Cela peut se traduire par divers changements hormonaux. Par exemple, le cortisol. Mais cela peut aussi entraîner une augmentation de l’activité immunitaire, dans un premier temps, suivi d’une baisse.

 

Les systèmes corporels désactivés par le stress

Comme dans le cas de l’anxiété, face à la réponse au stress, certains systèmes du corps se désactivent parce qu’ils ne sont plus utiles. Cependant, dans une situation de crise d’anxiété, ces systèmes se désactivent puis se réactivent alors que dans le cas de stress durable, cela peut aller jusqu’à affecter la santé du sujet.

Ainsi, l’afflux de sang dans le tube digestif diminue. Cela peut entraîner des problèmes tels que des ulcères, des colites et un côlon irritable… Cela survient également au niveau du système génital. Ici, le stress peut entraîner des dysfonctionnements sexuels en matière d’excitation, d’érection, de lubrification, de tuméfaction…

Les origines des troubles psychophysiologiques

Les troubles psychosomatiques se traduisent donc par un état physiologique dysfonctionnel ayant une origine psychologique. Ainsi, le stress, qui n’est pas censé affecter la composante physique de la personne, peut entraîner des maladies et des symptômes très désagréables.

 

Ils sont la preuve évidente de l’influence de « l’esprit » sur le corps et son bien-être. Bien que nous les séparions souvent, ils vont en effet toujours de pair.

Comme nous l’avons déjà dit, le stress en soi n’est pas nécessairement mauvais. Cependant, si le stress est une détresse et que la situation présente les facteurs suivants, il est possible qu’il fasse des ravages sur notre bien-être psychophysiologique.

 

Facteurs liés à l’apparition des troubles psychophysiologiques

Les facteurs qui lient le stress et les troubles psychophysiologiques sont les suivants :

  • Une exposition fréquente ou prolongée à des stimulus ou à des situations stressantes : lorsque la personne ne parvient pas à se défaire de cette situation stressante, cela peut même avoir tendance à s’aggraver. Les troubles psychophysiologiques apparaissent lorsqu’on ne peut pas résoudre un problème rapidement ou lorsqu’on évolue dans un environnement stressant sans pouvoir en sortir
  • Une sensibilité ou une réaction exagérée de la personne au stress : une fois que nous nous trouvons dans une situation stressante, il est normal que notre corps réagisse. Cependant certaines personnes sont plus sensibles au stress que d’autres
 
  • Une défaillance du mécanisme de régulation homéostatique : une fois certains niveaux de stress atteints, il est alors plus probable que les réactions se produisent. En effet, dans de tels cas, la personne sera moins tolérante aux stimulus à la cause du problème
  • Enfin, une atteinte chronique du fonctionnement du système organique et une apparition de lésions ou de troubles de stress psychophysiologiques ou psychosomatiques

Des solutions complémentaires et palliatives aux troubles psychophysiologiques

Souvent, nous ne pouvons pas nous défaire de ces situations stressantes et elles persistent dans le temps. Néanmoins, il existe un certain nombre de méthodes qui peuvent nous aider à réduire ce stress et ainsi éviter les conséquences psychophysiologiques. Abordons à présent certaines de ces techniques.

Lorsque nous sommes soumis à un stress permanent, nous pouvons avoir recours aux éléments suivants :

  • Le réseau social et le soutien familial (famille, amis, collègues). Un réseau social et familial solide peut être un facteur de protection aux attaques du stress. Attention donc aux situations qui peuvent prêter à des relations sociales pauvres. Par exemple, les situations de célibat, de séparation et de divorce ou encore de veuvage
 
  • L’activité physique et l’exercice
  • Les loisirs
  • Les activités culturelles
  • L’alimentation : par exemple, les fruits et les légumes sont riches en tryptophane. Ce dernier agit comme un antidépresseur

Ainsi, la relation entre le stress et les troubles psychophysiologiques semble être plus qu’établit. Le stress a de multiples origines. Il peut s’agir du travail, d’un partenaire toxique ou encore d’une mauvaise organisation à la maison…

Par conséquent, afin de ne pas mettre en péril notre bien-être en raison de situations stressantes, nous devons nous prendre en charge et permettre à notre corps de retrouver l’homéostasie après une période de stress.