Stress et alimentation : pourquoi mangeons-nous plus lorsque nous sommes stressés ?

19 avril, 2020
Le lien entre stress et alimentation est un fait : nous mangeons plus lorsque nous sommes stressés. Ce type d'appétit, à la différence de la faim organique, ne se produit pas dans notre estomac mais dans notre cerveau. La question qui nous vient alors à l'esprit est la suivante : pour quelle raison ?
 

Pourquoi mangeons-nous plus lorsque nous sommes stressés ? Cela fait peu de temps que la relation entre stress et alimentation est étudiée. À l’heure actuelle, le stress affecte une grande partie de la population mondiale. Nous vivons dans une société globalisée qui exige des personnes qu’elles soient jour après jour de plus en plus aptes à affronter et à résoudre les problèmes professionnels, sociaux et émotionnels.

C’est Hans Selye qui, en 1926, définit pour la première fois le stress comme étant « une réponse non spécifique du corps à une quelconque demande ». Le corps réagit de cette façon face à tout événement qu’il considère comme stressant. Raison pour laquelle cette réaction n’est pas considérée comme spécifique : la cause à l’origine de cette réaction n’a pas d’importance.

Lorsque la tension physique ou psychologique s’accumule, le corps subit une série de changements au niveau physique, biologique et hormonal. Presque tous nos organes participent au processus, y compris le cerveau, les nerfs, le cœur, la digestion et la fonction musculaire, entre autres.

 

Ce processus se caractérise par une activité excessive au niveau des systèmes nerveux central, sympathique et parasympathique, du système endocrinien et du système immunitaire.

Parmi les changements physiologiques les plus importants, figure l’augmentation de la sécrétion de certaines hormones. Cela concerne l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol.

Stress et alimentation sont liés

Stress et alimentation : à quoi est dû le stress ?

Les facteurs de stress sont de deux types : des stimuli externes tels que les problèmes économiques, familiaux et professionnels, et les stimuli internes tels que la douleur, une maladie, le sentiment d’infériorité et certains problèmes psychologiques.

Le stress prolongé affecte directement notre santé et favorise alors l’apparition de certaines maladies ou de certains comportements alimentaires non appropriés. Le fait de manger plus lorsque nous sommes stressés est un exemple.

 

Pourquoi mangeons-nous plus lorsque nous sommes stressés ?

L’appétit et la faim peuvent subir des altérations à cause du stress. Il arrive parfois qu’il y ait une dissociation entre l’appétit (la sensation essentiellement psychique) et la faim (sensation essentiellement organique).

L’appétit peut changer suite à diverses situations émotionnelles. Et ce, en raison des variations chimiques et vasculaires et des impulsions transmises au mésencéphale depuis le cerveau et depuis d’autres organes du corps.

Les émotions invitent à consommer des aliments en guise de réponse, notamment les émotions négatives. Les signes les plus communs sont les suivants :

  • Obsession pour la nourriture
  • Utilisation des aliments en tant que récompense
  • Manger de manière compulsive
  • Continuer de manger même en étant rassasié
  • Fluctuations du poids
  • Ne pas être capable d’identifier la raison pour laquelle on mange
  • Manque de connexion entre les signaux psychologiques de la faim et ceux de la satiété
 
  • Ingestion des aliments plus rapide sans même s’en apercevoir

Quelles sont les conséquences de ce comportement alimentaire lié au stress ?

En situation de stress, nous avons tendance à ingérer des aliments riches en sucres, en graisses, en calories et en sel. Et ce, de manière excessive.

Une mauvaise alimentation prolongée dans le temps peut provoquer des effets néfastes sur la santé ; elle favorise non seulement le surpoids et l’obésité, mais aussi le risque de développer certaines maladies telles que :

  • Hypercholestérolémie
  • Hypertension
  • Hypertriglycéridémie
  • Accidents cérébraux vasculaires
  • Maladies cardiovasculaires
  • Infarctus aigu du myocarde
  • Problèmes musculaires
  • Dysfonctions respiratoires
  • Augmentation du risque de certains cancers
  • Diabète
  • Difficulté pour trouver le sommeil
Une femme en train de manger des donuts du fait du lien stress et alimentation
 

Stress et alimentation : quelques études sur le sujet

Dans le cadre d’une étude menée à l’Université de Liverpool, Lattimore et Caswell exposent les raisons pour lesquelles les personnes au régime mangent plus pendant des situations stressantes. Les auteurs commentent la chose suivante :

« Ces personnes consacrent tant d’énergie à contrôler leurs signaux biologiques qu’il leur reste peu de moyens pour faire face aux problèmes quotidiens. Par conséquent, lorsqu’elles sont stressées, elles perdent le contrôle et, si elles ont de la nourriture à portée de main, elles la consomment. De plus, elles sont habituées à ignorer leur corps ou à mal interpréter les signaux liés à la lutte ou à la fuite. »

Dans le cadre d’une autre étude menée par l’Université de Leeds (Royaume-Uni), Laitinen et Sovio ont conclu que la tension nerveuse produit des changements néfastes dans l’alimentation et provoque des comportements alimentaires peu sains. Les auteurs nous disent la chose suivante :

 

« Les personnes qui risquent le plus de manger pendant des situations de stress sont les mangeurs émotionnels, des personnes qui ont une plus grande vulnérabilité et qui ont tendance à avoir recours à la nourriture pour échapper à la conscience d’elles-mêmes. Lorsque ces personnes sont anxieuses, mal vis-à-vis d’elles-mêmes ou émotionnellement actives, elles tentent d’éviter ces sentiments négatifs en focalisant leur attention sur la nourriture. »

 

 

Baratucci, Y. (2011). Estrés y alimentación.

Greeno CG &Wing RR (1994) Stress-induced eating. Psychological Bulletin 115: 444-464.

Laitinen J & Sovio U (2002) Stress-related eating and drinking behaviour and body mass index and predictors of this behaviour. Preventive Medicine 34: 29-39.

Lattimore P & Caswell N (2004) Differential effects of active and passive stress on food intake in restrained and unrestrained eaters. Appetite 42: 167-173.