Sherlock, le pouvoir de l’observation

· 18 février 2019
Nous connaissons tous Sherlock Holmes, que ce soit au travers de la littérature et/ou des séries lui ayant été consacrées.

L’évolution sociale au fil des décennies n’a pas fait perdre sa réputation à Sherlock Holmes. Nous avons pu observer des représentations du célèbre détective dans de nombreux films et de nombreuses séries. Dans chacune de ses versions ou apparitions, le portrait de Sherlock est celui d’une personne aussi excentrique qu’intelligente.

Actuellement, il existe au moins deux séries sur Sherlock et ses mystères. Produite aux Etats-Unis, Elementary compte sur la participation d’acteurs comme Jonny Lee Miller et Lucy Liu. Dans cette série, nous retrouvons de fréquentes références aux cas que Conan Doyle a offert à Holmes. Par ailleurs, on y utilise des techniques de déduction utilisées par des détectives et des médecins légistes réels.

En plus d’Elementary, nous trouvons aussi Sherlock, produit par la BBC. Le détective londonien est porté à l’écran par Benedict Cumberbach, aux côtés de Martin Freeman. Dans la série de BBC, les mystères sont résolus grâce à l’ingéniosité et la technologie.

Dans les deux séries, le personnage de Sherlock se sert de ses habilités de déductions. Ces habilités sont nettement supérieures à celles de ses collègues de travail et font de lui une personne indispensable pour résoudre les mystères les plus importants.

Sherlock Holmes

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Arthur Conan Doyle. Sa première apparition date de plus d’un siècle (1887) avec Une étude en rouge. Pendant quarante ans, les aventures de Sherlock Holmes ont été publiées dans différentes revues et différents journaux. Conan Doyle, qui a fini par détester son personnage (au contraire de son public qui l’adorait) est décédé en ayant écrit quatre romans et 56 nouvelles avec Sherlock pour personnage principal.

Sherlock se sert de ses facultés de déduction pour résoudre des cas que certaines personnes (ou la police) lui présentent. Le célèbre détective adore les cas compliqués: il les voit comme des défis qui lui permettent de s’amuser. En fait, pour lui, ces cas sont comme une sorte de drogue.

Par ailleurs, avec les histoires de Sherlock Holmes, nous pouvons considérer Conan Doyle comme « un pionnier pour la science médico-légale » sur le plan littéraire. Pour donner vie à ses cas, il s’est par exemple servi de la découverte des empreintes digitales par l’anthropologue français Alphonse Bertillon en 1870.

S’il y a bien une capacité que nous pouvons identifier chez Holmes, c’est celle de voir ce que les autres ne voient pas. Il est très habile pour estimer les probabilités associées à ses suppositions et pour établir des relations logiques. C’est une sorte de tour de magie qui, paradoxalement, devient plus attirant quand Holmes nous l’explique.

Sherlock à Baker Street

Les avantages de l’observation

Observer des personnes et des situations est une aptitude incroyablement utile. Elle peut vous donner l’avantage de reconnaître des petits schémas de comportement. Grâce à cela, vous pourrez avoir de l’avance sur les situations: des conversations banales, des entretiens d’embauche, des conférences…

Beaucoup de personnes ne font pas attention à ce qui les entoure. Chez notre détective, nous trouvons au contraire un reflet de l’extrême importance des détails. Nous faisons ici référence, par exemple, à des aspects du caractère, du physique ou des vêtements qui peuvent nous révéler la profession d’une personne.

Ici, la technologie joue contre nous. Nous avons peut-être plus de ressources pour obtenir des informations sur ce qui se passe de l’autre côté du monde mais nous avons aussi perdu en pratique au moment de déchiffrer des visages et des attitudes. Notre patience face à l’ennui est devenue nulle. C’est pour cela que nous commençons souvent plus d’une tâche à la fois (lire et regarder la télé), au cas où l’une des deux finirait par nous ennuyer.

Entre voir et observer

Dans Un scandale en BohêmeHolmes explique à Watson la différence entre voir et observer :

« – Quand je vous entends me donner vos raisons, lui dis-je, les choses m’apparaissent toujours si ridiculement simples qu’il me semble que je pourrais en faire autant ; et cependant chaque fois que vous me fournissez un nouvel exemple de votre manière de raisonner, je reste pantois jusqu’à ce que vous m’exposiez votre méthode. Mes yeux ne sont-ils pas aussi bons que les vôtres ?
– Mais si ! répondit-il en allumant une cigarette et en se jetant dans un fauteuil. Seulement vous voyez, et vous n’observez pas. La distinction est claire. Tenez, vous avez fréquemment vu les marches qui conduisent à cet appartement, n’est-ce pas ?
– Fréquemment.
– Combien de fois ?
– Je ne sais pas : des centaines de fois.
– Bon. Combien y en a-t-il ?
– Combien de marches ? Je ne sais pas.
– Exactement ! Vous n’avez pas observé. Et cependant vous avez vu. Toute la question est là. Moi, je sais qu’il y a dix-sept marches, parce que, à la fois, j’ai vu et observé. »

loupe de Sherlock

Comment faire pour que vos aptitudes ressemblent un peu plus à celles de Holmes

Développez vos capacités d’observation grâce aux astuces suivantes :

  • Prêtez attention à ce qui vous entoure. Comptez le nombre de marches. Identifiez le nombre de fenêtres. Prenez des notes dans un petit carnet que vous emportez partout avec vous. Avec la pratique, vous n’aurez plus besoin de ce cahier.
  • Partagez vos impressions. Nous travaillons tous avec la logique mais nous ne partageons pas la majorité de nos conclusions. Essayez de le faire et vous pourrez ainsi bénéficier d’un précieux feedback pour améliorer votre façon de raisonner.
  • Restez attentifs aux schémas. Le monde est plein de petits schémas de comportement. En observant une personne pendant un moment, vous pourrez connaître les gestes ou les expressions qui sont associés à des émotions spécifiques.

Doyle, comme tous les écrivains, était un peu « tricheur ». Il pouvait donner des pistes et diriger les interprétations de Holmes. Cependant, cela ne nous empêche pas de continuer à apprécier les péripéties de ce merveilleux détective, immortel à travers la littérature et les générations qui ont vécu avec lui au 221B Baker Street.