Que se passe-t-il quand la jalousie nous fait perdre la tête ?

· 20 juillet 2017

La jalousie est une émotion qui surgit comme conséquence d’une soif exagérée de posséder quelque chose de manière exclusive. Généralement, on parle de la jalousie que l’on peut ressentir avec une personne que l’on aime. Le dictionnaire définit ce mot comme un « sentiment qu’expérimente une personne lorsqu’elle suspecte que la personne qu’elle aime ressent de l’amour ou de la tendresse pour une autre, ou lorsqu’elle sent que l’autre préfère une tierce personne plutôt qu’elle ».

Comme nous le voyons, cette personne que l’on aime et qui génère en nous de la jalousie n’est pas forcément le compagnon/la compagne ou le conjoint. Le comportement jaloux peut être observé dans d’autres contextes ; c’est le cas de l’amour des parents pour leurs enfants, ou bien en amitié. Parfois, on peut en arriver à ressentir de la jalousie avec des objets, refusant donc de les prêter afin d’en profiter seul-e et exclusivement. On considère ces objets comme quelque chose d’intime et de personnel.

Quand apparaît la jalousie pour la première fois ?

La jalousie peut se manifester dès l’enfance. Les enfants peuvent avoir une attitude jalouse envers leurs frères et soeurs ou d’autres enfants. Il s’agit d’une tentative pour eux de conserver toute l’affection d’un ou des deux parents dirigée vers eux de manière exclusive. Les enfants ne veulent pas partager la tendresse de leurs parents car pour eux, cela voudrait dire qu’ils en auraient moins pour eux.

Il est également possible que quelque chose de similaire se produise chez les parents envers leurs enfants ; le père ou la mère peuvent craindre de perdre l’affection de leur enfant si ce dernier se lie trop à l’autre parent. D’autres fois, ils veulent seulement, et ce plus ou moins consciemment, toute la tendresse de l’enfant pour eux seul-e-s, se sentant jaloux-ses du fait que leur enfant puisse manifester sa tendresse et son affection à quelqu’un d’autre.


Par « jalousie, » on entend le sentiment qu’expérimente une personne lorsqu’elle suspecte que la personne qu’elle aime ressent de l’amour ou de la tendresse pour une autre, ou lorsqu’elle sent que l’autre préfère une tierce personne plutôt qu’elle.


Pendant l’adolescence, la jalousie entre ami-e-s est particulièrement fréquente. C’est la période des amitiés intimes, à l’occasion desquelles on partage presque tout. L’arrivée d’une nouvelle amitié dans un groupe peut être vécue comme quelque chose qui met en danger les qualités spécifiques de cette relation que l’on ne veut pas amplifier ni partager.

La jalousie dans le couple

La jalousie la plus commune est celle qui se donne dans le contexte des relations de couple. Dans ces cas-là, à la soif exagérée de possession et d’exigence égocentrique propre à toutes les formes de jalousie s’ajoute à l’exigence d’une fidélité plus ou moins tacite et le discrédit social qui peut surgir de l’infidélité.

Traditionnellement, on a toujours pensé que la femme était plus jalouse que l’homme. C’est pourquoi, lorsque c’est l’homme qui est jaloux, généralement, cela est mal vu par la société. La femme cesse de jouer le rôle de « princesse » pour devenir la « sorcière » aux yeux de la personne aimée.

Ainsi, l’homme peut en arriver à sentir qu’il a beaucoup à perdre dans une hypothétique « bataille de jalousie ». C’est la raison pour laquelle rares sont les fois où un homme reconnaît être jaloux. Quoi qu’il en soit, c’est quelque chose qui est en train de changer, bien que lentement. Il est important de briser les stéréotypes une bonne fois pour toutes.


Dans le cadre de la jalousie au sein du couple, à la soif exagérée de possession et d’exigence égocentrique propre à toutes les formes de jalousie s’ajoute à l’exigence d’une fidélité plus ou moins tacite et le discrédit social qui peut surgir de l’infidélité.


On peut surpasser la jalousie grâce à la communication et à la confiance

L’amour conjugal est le lieu propice à l’apparition de l’attitude jalouse. De plus, il est habituel que découlent de ce type d’attitudes certains comportements, tels que l’espionnage ou la surveillance de l’autre. Cette situation de méfiance continue génère une grande tension émotionnelle chez la personne jalouse et chez son compagnon/sa compagne, qui se sent alors harcelé-e, surveillé-e et interrogé-e la plupart du temps, généralement sans raisons particulières.

Un des plus grands piliers de la relation de couple réside dans la communication et dans la confiance. La jalousie produit précisément une grande détérioration dans la relation puisqu’elle remet en question cette confiance : la personne qui doute n’essaie généralement pas de palier à l’incertitude avec des questions directes, mais en enquêtant comme si elle était détective.

La jalousie exagérée : quand être jaloux-se devient une maladie

Les études nous disent que certains types de personnalités sont plus à même de développer de la jalousie. C’est le cas des personnes qui sont égocentriques, méfiantes, peu sûres d’elles, narcissiques ou hystériques. D’un autre côté, chez les personnes qui manifestent des conduites jalouses, il y a celles qui les reproduisent de manière intense et continue.

Ainsi, la jalousie maladive se base sur une jalousie obsessionnelle (les pensées d’une personne jalouse maladive se répètent continuellement et sont très intrusives) qui se manifeste de manière compulsive (avec des conduites de vérification, comme celle de surveiller l’activité du téléphone de l’autre). Dans les cas les plus extrêmes, la jalousie peut en arriver à générer des délires. De plus, on peut dire que c’est une maladie où la personne ne se reconnaît pas comme malade, ou bien rarement.


Il existe des jalousies compulsives, exagérées et maladives. Ces types de jalousies peuvent en arriver à causer des problèmes psychotiques.


Il est fréquent qu’à partir d’une situation ou d’un indice plus ou moins réel d’infidélité, les personnes jalouses maladives élaborent toute une structure psychologique sans base réelle en lien avec l’infidélité d’une personne. Cela peut durer toute une vie.

Comment surmonter la jalousie maladive ?

Pour surmonter la jalousie maladive, la première étape consiste à reconnaître la maladie, comme parmi tant d’autres. S’il n’y a pas de conscience de la maladie, il est peu probable d’avoir le réflexe de chercher de l’aide. Peut-être la jalousie a-t-elle un fondement, mais dans les cas extrêmes, il se peut que ce ne soit pas le cas.

Il peut être judicieux de noter sur un papier dans quelles situations on se sent jaloux-se, ce que l’on pense à ce moment-là, quel comportement on adopte et quelles en sont les conséquences.

Ce qui est certain, c’est que derrière la jalousie, il existe des pensées déformées sur la relation amoureuse et sur la conduite de la personne aimée. Une fois que l’on a recueilli cette information, il est important de l’analyser. Il faut trouver des preuves du fait que ce que l’on pense est réel ou s’est réellement produit.


Les personnes jalouses maladives élaborent toute une structure psychologique sans base réelle en lien avec l’infidélité d’une personne.


Que dois-je faire si je suis jaloux-se ?

Dans la suite de cet article, nous vous donnons quelques règles basiques que vous pouvez prendre comme référence :

  • Ne pas fouiller dans le téléphone de l’autre ; apprenons à respecter son intimité.
  • Ne pas regarder sur la facture de téléphone les appels passés par notre compagnon/compagne. Si vous, vous vouliez tromper une autre personne, vous le feriez, quels que soient les derniers appels passés.
  • Cesser de vérifier à quand remonte sa dernière connexion sur WhatsApp.
  • Ne pas poser de questions aux ami-e-s ou collègues de travail de notre compagnon/compagne en cherchant à trouver des contradictions dans le but de confirmer notre hypothèse.
  • Ne pas faire en sorte que l’autre se sente mal et triste pour nous sentir apaisé-e : « s’iel souffre c’est qu’iel m’aime ». Tout cela ne débouche que sur de la souffrance, et ne favorise pas le bien-être et le futur ensemble.
  • Ne pas pousser l’autre à s’isoler de ses ami-e-s et de sa famille. Cela favorise davantage l’obsession de la personne jalouse et n’aide pas à éviter la jalousie.
  • Enfin, bien sûr, faire confiance à notre compagnon/compagne et ne pas avoir peur d’une éventuelle « tromperie ». Plus on étouffe l’autre avec ce sujet et plus on sera jaloux-se, plus il sera probable que la relation prenne fin…et il sera alors trop tard.

Si après avoir lu ces conseils et les avoir mis en pratique, vous souffrez toujours exagérément de jalousie, la meilleure chose à faire consiste à contacter un-e professionnel-le qui puisse vous aider. Pour peu que les personnes jalouses aient mauvaise presse, ce qui est certain, c’est qu’elles souffrent et que cette souffrance n’est pas réelle. C’est pourquoi, si la jalousie conditionne en un certain degré votre vie, n’ayez pas honte et cherchez de l’aide.