Quelle relation existe-t-il entre le rejet de l’école et l’anxiété scolaire ?

27 mars 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 38 Partagés
rejet de l'école

Quels sentiments les élèves ont-ils vis à vis de l’école ? Cette question est essentielle pour comprendre l’attitude des élèves envers l’apprentissage. En effet, s’ils en ont une vision positive, leur motivation encouragera l’effort et leur instruction sera facilitée. En revanche, des sentiments négatifs sont associés à la détérioration de la qualité de l’apprentissage et au rejet de l’école.

Différentes études nous présentent des données alarmantes sur le rejet de l’école par les élèves. Certaines recherches montrent qu’entre 28% et 35% des élèves ne veulent pas aller en classe. Ces données nous montrent à quel point la situation est grave et la nécessité de résoudre ce problème, étant donné que la motivation ne cesse pas d’être essentielle dans le processus d’apprentissage.

Ceci est d’autant plus triste et inquiétant si nous supposons que la plupart d’entre nous, y compris les enfants, possédons une motivation innée pour acquérir des connaissances et nous épanouir individuellement. L’école est une institution qui serait en principe destinée à couvrir ce besoin, ce qui pourrait être très enrichissant. Mais il n’en est rien. Cela nous amène à la conclusion qu’il doit exister un certain nombre de facteurs qui influencent négativement la perception que les élèves ont de l’école.

Causes du rejet de l’école

Le facteur central qui explique en grande partie le rejet de l’école par les élèves est l’anxiété scolaire. Lorsque se rendre à l’école génère un degré élevé de stress chez les élèves, des réponses d’évitement sont alors déclenchées. Cela se produit lorsque le corps ressent l’anxiété perçue par l’école comme étant plus importante que la gratification acquise par l’apprentissage et la réalisation de soi que suppose le fait d’aller en classe. Nous ne devons pas oublier que les aspects négatifs et à court terme (tels que l’anxiété scolaire) ont davantage de force que les stimuli positifs et à long terme (tels que la réalisation de soi du fait d’aller à l’école).

Pourquoi les élèves souffrent-ils d’anxiété scolaire ? Pour analyser ce problème, il est préférable de prendre du recul et de se mettre à la place de tout enfant qui va à l’école. Si nous faisons cela, nous réalisons immédiatement que les élèves sont soumis à un horaire trop long, à une pression de haute performance, à des classes surchargées et peu de motivantes.

« L’anxiété scolaire est l’une des principales causes de rejet de l’école. »
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Les heures de classe

En ce qui concerne l’horaire, les enfants se lèvent le matin, du lundi au vendredi, pour passer entre 6 à 8 heures en classe ; avec un horaire fractionné ou non. Par ailleurs, tous les jours, lorsqu’ils rentrent à la maison, ils doivent effectuer une série de travaux scolaires qui leurs prennent encore 2 ou 4 heures. En outre, s’ils veulent réussir leurs examens, ils devront consacrer davantage de temps pour étudier et réviser les sujets, environ une heure par jour.

Si nous faisons des comptes, cela nous amène à environ 50 à 65 heures par semaine ; bien plus qu’une journée de travail légale. De plus, de nombreux parents occupent le reste du temps de leurs enfants avec des activités parascolaires. Il en résulte une grande angoisse due au manque de temps libre, ce qui entraîne un rejet de l’école et de tout ce qu’elle représente car elle est très loin de recueillir leurs intérêts, quelle que soit leur connaissance. Le temps libre est essentiel pour répondre aux autres besoins de l’enfant, tels que jouer.

Pression pour haute performance

Notre système éducatif utilise un système d’évaluation qui fournit généralement des rapports sous forme de notes ou de chiffres associés aux performances scolaires. Cela se traduit parfois par un système hautement compétitif dans lequel sont évalués positivement ceux qui obtiennent un score élevé, et très négativement ceux qui échouent.

Il existe par ailleurs une forte tendance à attribuer seulement à l’étudiant l’échec ou la réussite, alors qu’il est en réalité de la responsabilité de l’enseignant que ses élèves acquièrent les connaissances. Cette responsabilité augmente d’autant plus lorsque les élèves sont petits.

Cette situation augmente la tension chez les élèves, mis sous pression pour obtenir les meilleures notes de la classe et oubliant que le but ultime est l’apprentissage, l’assimilation des connaissances et l’acquisition d’outils et de ressources de recherche. C’est pourquoi les élèves qui ne répondent pas aux attentes de performance sont susceptibles de se sentir anxieux.

Imaginez une école qui, au lieu de faire pression sur les élèves pour réussir des examens, se concentrerait sur le fait de combler leurs lacunes et de renforcer leurs points forts. Il est facile d’imaginer que l’anxiété due à ce facteur disparaîtrait dans la mesure où les élèves n’auraient pas de normes élevées à respecter et ne verraient plus l’évaluation comme une menace.

Des cours basés sur l’apprentissage passif

Ce facteur n’influence pas directement l’anxiété des élèves, mais encourage indirectement le rejet de l’école. Si les cours ne sont pas assez excitants et intéressants, la motivation pour apprendre sera réduite. Cela signifie que, face à un minimum d’anxiété, toute intention d’apprendre disparaît.

Il suffit d’assister à un cours pour nous rendre compte que la plupart d’entre eux sont dispensé sous forme d’exposé, où l’enseignant donne des cours magistraux que les élèves doivent mémoriser sans qu’il leur soit nécessaire de s’interroger – en effet, la réflexion, en opposition à la répétition, est souvent punie -. Les connaissances atteignent l’élève dans leur version la plus superficielle et sans intégrer de constructions ou des schémas. Ce type d’apprentissage est vraiment ennuyeux et peu motivant dans la mesure où il existe peu de différence avec d’autres types de tâches telles que la mémorisation d’une liste de nombres sans la moindre signification.

salle de classe

Pour que les élèves soient ou restent motivés par l’apprentissage, ces nouvelles connaissances doivent être pertinentes à leurs yeux. Il est possible d’obtenir cela grâce à un apprentissage actif qui encourage la rupture de leurs théories intuitives et génère en eux une nouvelle façon de percevoir leur réalité. Si nous voulons une éducation de qualité, nous ne pouvons pas disposer d’un système qui provoque autant d’anxiété chez les élèves ; puisque nous ne pouvons pas les forcer à apprendre, la réalisation de soi doit résulter de cette motivation intrinsèque qui les fait se déplacer et que l’école se doit de nourrir.


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