Recadrage positif : comment regarder les choses sous un autre angle

06 septembre, 2020
Parfois, nous ne pouvons pas changer ce qui nous arrive, mais nous pouvons varier la façon dont nous interprétons ces réalités. Cette technique de restructuration des pensées nous permettra de trouver le point d'équilibre pour mieux gérer l'adversité.

Parfois, être capable de voir les choses d’un autre point de vue améliore notre capacité à gérer les difficultés. Le recadrage positif en est un exemple et comment, en repensant certains aspects ou dimensions, la confusion, l’inconfort et les tensions que nous avons avec les gens autour de nous sont réduits. C’est une ressource très utile que nous pouvons tous utiliser.

Cependant, il y a une chose que nous devons admettre. Appliquer ce type d’artisanat mental est difficile pour nous. Les gens ont tendance à être têtus dans leurs interprétations. Têtus dans les évaluations que nous faisons de certaines situations, circonstances et relations. Nous n’hésitons pas à qualifier de toxique ce compagnon qui est toujours de mauvaise humeur ou ce contrôleur obsédé par l’ordre.

Peut-être que cette personne toxique traverse un mauvais moment et passe une mauvaise période en silence. Quiconque est obsédé par l’ordre peut avoir un de ces esprits brillants dont il vaudrait la peine d’apprendre quelque chose. Admettons-le, notre réalité a de nombreux visages et il n’est pas bon de se retrouver avec seulement le plus négatif.

Pouvoir relativiser et ouvrir les yeux sur d’autres perspectives plus positives peut considérablement améliorer notre qualité de vie.

Le recadrage positif de la vie.

Recadrage positif, en quoi consiste-t-il ?

Le recadrage positif est une technique largement utilisée en thérapie. Avec lui, une tentative est faite pour que la personne puisse voir les choses différemment et changer les significations qui leur sont attribuées. L’idée essentielle est de lui faire comprendre que le point de vue qu’il applique à certaines réalités qui le font souffrir agit comme un filtre capable de tout brouiller, de modifier les émotions, les pensées et les comportements.

Prenons un exemple. Je suis une personne au nez proéminent ou une personne extrêmement mince ou petite. Au-delà de travailler sur mon estime de soi ou mon acceptation de soi, je dois aussi pouvoir utiliser un cadre positif à chaque situation. Au lieu de penser que tout le monde me regardera si je vais à une soirée, je dois relativiser cette idée et me concentrer sur d’autres dimensions. S’amuser, en supposant que nous avons tous nos particularités et que c’est ce qui nous rend uniques.

Dois-je éviter d’aller à des événements sociaux pour cela ? Évidemment pas. Parce que ces schémas mentaux que nous appliquons à certains domaines de notre vie ne nous limitent pas seulement, ils agissent comme des vétérans du bonheur. Et s’il y a quelque chose dont nous devons tenir compte, c’est qu’une grande partie d’entre nous utilise ces processus mentaux. Penser qu’il n’y a qu’une seule perspective et une seule façon de voir les choses est très humain.

Passer du “cadre du problème” au “cadre de l’objectif”

Le recadrage positif suit un processus très concret dans lequel il faut passer de la négativité à une attitude plus ouverte, constructive et pleine d’espoir. Pour mieux le comprendre, on va se mettre à la place d’une autre personne. Quelqu’un qui vient de recevoir un diagnostic très précis : la sclérose en plaques.

Cette personne en particulier se dit que sa vie est finie, qu’elle ne travaillera plus jamais et que son avenir est terminé :

  • Le problème-cadre est le suivant. Elle suppose que cette maladie chronique est dégénérative et que tout est perdu. Qu’il n’y a pas d’autre choix que d’assumer la fin
  • Eh bien, dans le processus thérapeutique, il est essentiel d’utiliser un cadrage positif et pour cela nous appliquerons le cadre objectif qui consiste à montrer à la personne d’autres options. Elle passe du problème concret à un objectif qui agit comme espoir, comme moyen de briser ce schéma négatif
  • Dans ce cas, vous vous concentrerez sur la compréhension de la maladie et la connaissance qu’il existe des options pour l’arrêter et être en mesure de maintenir une qualité de vie adéquate
Le recadrage positif de la pensée.

Le recadrage positif ne tombe pas dans un optimisme excessif, il repense les expériences pour apporter des solutions

Le recadrage positif fait partie de la psychologie positive initiée par Martin Seligman dans les années 90. Il est important de comprendre que cette technique n’a pas pour but de rendre quelqu’un capable de toujours voir le bon côté de la vie. Il s’agit de permettre que, dans le contexte et la réalité de chaque patient, il soit possible d’envisager les options qui existent pour gérer la situation et améliorer sa vie.

Quelque chose comme cela implique de comprendre que, parfois, nous ne pouvons pas changer ce qui nous arrive. Si j’ai perdu mon emploi, il est perdu. Si on m’a diagnostiqué une maladie, la preuve est celle-là et aucune autre. Cependant, le recadrage positif me permet de voir quelles approches je peux envisager pour faire face et affronter ces faits.

C’est pour affaiblir le parti pris négatif et défaitiste qui m’a pris au piège pour nourrir mon regard sur d’autres possibilités. D’autres perspectives pour améliorer ma motivation et la possibilité de mieux gérer ces circonstances déjà complexes. Grâce à cette ressource, je retrouve le calme émotionnel. La clarté mentale et je peux redéfinir le sens que je donne à certaines choses.

Pour conclure, cette technique de restructuration des cognitions (pensées) est un outil de vie que nous devons faire nôtre. C’est une façon de progresser un peu mieux dans ces jours difficiles que nous pourrions avoir. De même, s’il ne nous est pas possible de le réaliser nous-mêmes, il convient toujours de consulter un professionnel spécialisé. Gardons cela à l’esprit.