Quelques effets psychologiques intéressants

1 avril 2019
Qu'est-ce qu'un effet psychologique ?

La psychologie est une science capable d’offrir des explications à une multitude d’événements qui se produisent au quotidien. Sans en être conscients, en tant qu’êtres humains, nous tombons dans le piège de certains biais ou effets psychologiques.

Certains sont nocifs, d’autres non. Certains sont typiques dans certaines sociétés, et d’autres sont communs chez les adolescents, etc. Quoi qu’il en soit, ils ont tous un point commun : notre cerveau se sert de raccourcis pour économiser toute l’information que nous devons gérer au quotidien. Et ceci donne parfois lieu à des effets intéressants.

Économiser l’information que nous accumulons au fil du temps est très important. Même si notre cerveau peut parfois commettre des erreurs, la majorité du temps, ces biais ou effets favorisent notre adaptation.

Pensez à l’époque des cavernes. Il valait mieux être rapides et efficaces qu’analytiques et lents. Ce dernier trait, même en pouvant nous mener à une réponse plus correcte, pouvait aussi nous conduire à un trop tard. 

Dans l’actualité, la publicité, les entreprises et la culture se sont faits l’écho de ces effets psychologiques dans lesquels nous tombons et s’en sont servis comme moyens pour améliorer leurs ventes. Il faut dire que cela fonctionne à la perfection. Nous allons donc vous offrir un échantillon des effets psychologiques les plus habituels et importants, même s’il en existe beaucoup plus.

Un biais ou un préjugé cognitif est une interprétation erronée ou illogique de l’information disponible à travers laquelle nous donnons trop d’importance -ou pas assez- à certains aspects.

effets psychologiques

 

Effets psychologiques

Effet Barnum

Combien de fois avez-vous lu votre horoscope et avez-vous pensé : c’est justement ce qu’il m’arrive !? Sachez que ce n’est pas le cas. Votre cerveau vous trompe, encore une fois. Ce que vous venez de lire ne vous arrive pas à vous en particulier. Vous avez été victime de l’effet Barnum, qui porte aussi le nom d’effet Forer.

Ce dernier a lieu quand nous lisons ou écoutons certaines descriptions qui, a priori, semble parfaitement s’adapter à ce que nous savons de nous; cependant, si nous les analysons bien, nous nous rendrons compte que ce ne sont que des descriptions généralistes, vagues et peu précises qui pourraient correspondre au profil d’une bonne partie de la population.

Faites le test, lisez ce qui suit :

« Faites attention avec les projets que vous entreprenez, Balance, vous en faites beaucoup plus que vous ne le devriez. Revoyez vos limites. Cette semaine, quelqu’un vous demandera de l’aide; essayez de faire ce que vous pouvez mais ne vous rendez pas responsable du changement émotionnel de cette personne. Vous pourrez avoir un souci de santé mais il ne durera pas longtemps. Vous reviendrez à la charge comme toujours. Lundi et mardi, vous vous sentirez très actif-ve mais le rythme baissera progressivement d’intensité ».

Comme vous pouvez le voir, n’importe qui -ou presque- pourrait s’identifier à cette description. Qui n’est pas en train d’entreprendre un projet personnel et travaille parfois trop ? Qui ne connaît pas de proche traversant une mauvaise passe, n’est jamais enrhumé ou n’a jamais mal au dos ? Le lundi et le mardi, nous sommes plus actifs, c’est évident, nous sortons tout juste du week-end. Il est normal que la fatigue s’accumule par la suite.

L’effet ancrage et ajustement

Cet effet est très utilisé par les campagnes publicitaires. Imaginez par exemple que vous allez faire les soldes et qu’un manteau vous plaît énormément. Vous avez deux étiquette : l’une où apparaît un prix assez élevé, et l’autre avec un prix beaucoup plus bas, qui serait le prix actuel.

Vous achetez alors le manteau, sans trop y réfléchir. Que s’est-il passé ? Le premier prix a servi d’ancrage : vous avez pris cette référence en pensant que vous étiez en train de faire une bonne affaire et que vous ne pouviez pas passer à côté de cette opportunité.

L’erreur ultime d’attribution

Celle-ci se produit lorsque nous surdimensionnons les motifs personnels de quelqu’un, au détriment des motifs situationnels. En d’autres termes, nous considérons plutôt comme responsables le « caractère », la « personnalité » d’une personne au lieu de penser que les circonstances ou l’entourage de cette personne ont peut-être eu une influence sur ses actes. Cela nous mène donc à des explications erronées sur la façon d’être des autres.

L’effet de faux consensus

Il a lieu quand nous surestimons la quantité ou le degré de personnes qui sont d’accord avec ce que nous pensons. Il s’agit d’une façon d’exagérer la confiance en nos propres croyancesmême si elles sont fausses. Cet effet peut avoir des conséquences négatives : il nous empêche de nous ouvrir au monde, aux idées des autres, à leur façon de penser et de ressentir les choses.

Par conséquent, nous prenons le risque de perdre une précieuse information qui nous serait extrêmement utile. C’est par exemple le cas si nous sommes propriétaires d’une entreprise et travaillons avec des personnes qui ne pensent pas de la même façon. Ces personnes pourraient nous apporter d’autres manières de voir les choses.

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Corrélation illusoire

Ici, nous surestimons la relation entre deux variables qui sont en réalité indépendantes. Pensez par exemple aux joueurs pathologiques. Ils peuvent se dire intérieurement que « la machine à sous va leur être favorable parce que rien n’est tombé depuis longtemps ».

Nous lions ici le temps à la probabilité de gagner. Or, nous savons que ces deux choses n’ont rien à voir. Surtout lorsque l’on sait que les machines à sous suivent un programme de raison variable ou aléatoire.

La prophétie autoréalisatrice

On la connaît aussi -avec quelques nuances- sous le nom d’effet Pygmalion dans le domaine éducatif ou d’effet Rosenthal dans le champ des organisations et des entreprises. Il s’agit d’un effet qui surgit quand nous avons des croyances très fortes sur un sujet concret et agissons en fonction de ces dernières.

La réalité finit par nous confirmer ces croyances, comme s’il s’agissait d’une prophétie. Par exemple, une personne qui souffre de jalousie pathologique peut finir par favoriser une infidélité à cause de cette jalousie qui était infondée. Le fait qu’elle doute de son conjoint, l’espionne et la harcèle va fatiguer l’autre, qui pourra -ou non- mettre un terme à la relation.

L’effet de l’angle mort

Pour finir, l’effet de l’angle mort nous dit que, la majorité du temps, nous ne reconnaissons pas nos propres biais et effets. Nous pensons qu’il s’agit d’une chose qui « arrive aux autres », alors que cela nous arrive à tous à différents niveau et degrés.

Comme vous le voyez, personne ne peut se défaire des effets psychologiques. Il est intéressant de les connaître et de les reconnaître quand ils apparaissent, comme par exemple lors des soldes, de diverses promotions, en cas d’addiction, etc.

Lorsque les effets psychologiques nous font plus de mal que de bien, essayer de leur donner un nom, de savoir qu’ils existent et de ne pas tomber dans leur piège peut être une bonne chose. Vous êtes-vous reconnu dans l’un de ces effets ?

  • Hogg. M, Vaughan. G,. Psicología Social (5ºedición). Editorial Médica Panamericana (2008)