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Que faire lorsque cela fait mal que l'autre soit heureux

4 minutes
Que faire lorsque cela fait mal que l'autre soit heureux
Gema Sánchez Cuevas

Relu et approuvé par Psychologue Gema Sánchez Cuevas

Écrit par Edith Sánchez
Dernière mise à jour : 13 février, 2023

Personne n’ose le reconnaître à voix haute, mais cela arrive très souvent : nous ne nous réjouissons pas que l’autre soit heureux. Cet autre peut être le conjoint, un ami d’enfance et même un enfant. Toutes les liens humains sont susceptibles de générer ce genre de sentiment.

Nous sommes censé, lorsque nous aimons vraiment quelqu’un, que ses peines et ses joies soient les nôtres. Il s’agit de ce que dit la théorie et l’accord tacite du politiquement correct. Mais cela n’est pas toujours le cas en pratique. Nous aimerions toujours disposer de la grandeur de nous réjouir que l’autre soit heureux. Mais le contraire se produit parfois.

Notre envie dure toujours plus longtemps que le bonheur de ceux que nous envions.

-François de La Rochefoucauld-

Nous ne sommes la plupart du temps pas en mesure de l’admettre à haute voix. Nous énonçons simplement quelques félicitations chaleureuses, alors que nous sentons que quelque chose se tord en nous. Il se peut même que nous essayions de minimiser sa réussite en interposant un “mais”, ou un “attention ce n’est pas ce que tu penses”. Nous savons au fond de nous que son triomphe génère une certaine frustration. Que se passe-t-il ? Comment pouvons-nous gérer cela ?

Lorsque cela fait mal que l’autre soit heureux

Le fait que l’autre soit heureux n’est pas toujours douloureux. Nous pouvons néanmoins éprouver parfois un énorme bonheur en raison du succès d’un autre. Il s’agit d’un sentiment merveilleux qui nous grandit et améliore la relation. Dès lors, pourquoi l’ombre gênante de l’envie apparaît-elle parfois ?

Disons d’abord que nous sommes tous des êtres humains et que nous sommes donc amenés à expérimenter tout type de sentiment, bon ou mauvais. Ils ne sont pas le privilège de quelques-uns. Nous les ressentons tous une fois, dans une plus ou oins grande mesure. Donc, si nous ne devons pas en être fier, nous ne devons toutefois pas nous fustiger du fait de ressentir de l’envie pour quelqu’un que nous aimons.

Nous trouvons douloureux que l’autre soit heureux parce que nous ne sommes pas bien. Peut-être avons-nous travaillé pour obtenir un succès similaire. L’autre l’obtient et nous non. Nous estimons sa réussite mais nous ne pouvons éviter que cela nous rappelle notre désir insatisfait. Nous comparons sans le vouloir son bonheur avec notre tristesse et décidons qu’il y a quelque chose d’injuste ici. Il s’agit de quelque chose que nous ressentons beaucoup, mais auquel nous pensons peu.

L’autre n’est pas un miroir

Tout cela nous arrive lorsque nous voyons l’autre comme s’il s’agissait d’un reflet de nous-mêmes. En d’autres termes, lorsque nous le percevons comme si tout de lui était égal au nôtre. Nous laissons de côté le contexte dans lequel son accomplissement s’est produit. Nous nous concentrons seulement sur le résultat qu’il a obtenu. Un résultat que nous aurions aussi voulu pour nous-même.

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Le secret est d’élargir cette perspective. Ne pas seulement regarder ce que cette personne a obtenu mais examinez tout ce qu’elle a dû faire pour cela, et tout ce qui nous manque pour y parvenir. Il s’agit d’un moyen d’humaniser la situation et de trouver les éléments qui nous différencient.

Nous faisons une projection narcissique au sujet de l’autre lorsque nous le voyons comme s’il était notre reflet. C’est à ce moment-là que notre ego se blesse et que cela nous fait mal que l’autre soit heureux. Au contraire, nous parvenons à comprendre son mérite lorsque nous décidons de le considérer comme quelqu’un d’indépendant de nous. Et nous sommes alors heureux pour lui.

Apprendre de la situation et mûrir

Se sentir jaloux de quelqu’un que nous aimons est normal. Cela ne fait pas de nous une mauvaise ou une méchante personne. Ce que vous devrions éviter en revanche est de laisser croître ce sentiment et l’alimenter à travers la suspicion ou le ressentiment. Cela n’aide en rien. Au contraire. Cela crée une brèche dans le lien avec l’autre personne de qui nous pourrions apprendre beaucoup.

Il est temps de grandir. Il existe des choses que nous désirons ardemment et que nous n’obtenons jamais. Des choses que nous voulons et que nous obtenons seulement après de grands efforts. D’autres que nous obtenons beaucoup plus facilement que nous le pensions. La même chose arrive aux autres. Ce qui change en revanche est que cela arrive parfois à des moments différents, ou que cela n’arrive pas dans la même proportion.

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Le fait que cela nous fasse mal que l’autre soit heureux signifie que nous nous décentrons. Nous jugeons ce que nous avons sur la base d’élément extérieurs. Il s’agit d’une grosse erreur. L’évolution de chaque personne est complètement unique et n’a rien à voir avec celle des autres. Elles sont différentes et existent dans des circonstances différentes. De sorte que les résultats obtenus sont également dissemblables.

L’envie peut être supprimée en l’identifiant et en l’acceptant. Autrement dit, en reconnaissant, généreusement, que l’autre mérite ce qu’il a obtenu et de l’amour doit l’ emporter sur ces petites bassesses.


Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.