Quand vous êtes votre propre ennemi

· 9 août 2016

Etre notre propre ennemi, c’est avoir un sentiment de rejet envers ce que nous sommes, ce que nous pensons et que nous ressentons.

C’est faire une critique acerbe et surdimensionnée à propos du moindre de nos propres actes.

C’est saboter toute opportunité pouvant nous permettre, si on la saisissait, d’être mieux dans notre vie, ou plus heureux.se.

Il n’y a pas d’amour sans haine, de même qu’il n’y a pas de haine sans amour. Ces deux sentiments sont comme le jour et la nuit : le côté pile et le côté face de la même pièce de monnaie.

Jusque dans l’affection la plus tendre et la plus transparente, il y a toujours des rafales ou des bouffées de haine.

En effet, toute dose d’amour implique une certaine dose d’insatisfaction. L’amour parfait n’existe pas, tout simplement parce que les êtres parfaits n’existent pas.

Nous aimons les autres et les autres nous aiment de façon défectueuse, mais cela est aussi valable pour l’amour que nous nous portons à nous-même : il n’est jamais complet.

Or, que se passe-t-il quand au lieu de s’aimer soi-même, on se déteste ? Que se passe-t-il quand on agit comme si nous étions notre propre ennemi ?

 


« Même votre pire ennemi ne peut pas vous faire autant de mal que vos propres pensées. »

-Bouddha-


Pourquoi donc sommes-nous notre propre ennemi ?

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Logiquement, nous devrions tous pouvoir compter au moins sur nous-mêmes pour avancer dans la vie.

Or, ce n’est pas toujours le cas. Souvent, c’est justement nous-même qui nous chargeons de faire de notre vie un véritable enfer.

On ne naît pas en se détestant soi-même, bien au contraire ; lorsque nous naissons, nous demandons tout et nous ne donnons rien.

Nous n’avons alors aucun doute sur la légitimité de nos besoins et autres désirs.

Mais c’est alors qu’on entre dans l’enfance que commencent à s’instaurer dans notre esprit ces idées négatives sur nous-mêmes, qui peuvent parfois nous marquer tout au long de notre vie.

Ce qui nous mène à de telles convictions, c’est la présence d’une figure qui fait tout pour que l’on ait ces croyances.

Il s’agit d’une personne que l’on aime, et qui occupe un rôle essentiel dans notre développement ; il peut s’agir du père, de la mère, et parfois même des deux.

Parfois, c’est même toute la structure familiale qui est concernée, ou encore une personne de qui, d’une façon ou d’une autre, nous dépendons.

Ce qui est certain, c’est que cette figure ou cette structure sont incapables d’accueillir un nouvel être dans l’amour.

Généralement, c’est alors une chaîne de désamour qui se met en place : les parents, voire même la famille entière répètent ce qu’eux-mêmes ont vu au début de leur vie.

Cette figure ou cette structure se définissent par des relations où prime l’indifférence face aux besoins des autres, à la tristesse, à la honte ou à l’agressivité.

Apparaissent alors toute une série de gestes d’abandon, de menace d’abandon, ou encore de rejet.

Les silences sont durs, les sentiments sont niés, les actes d’affirmation de soi, rejetés et punis. Les jugements sont sévères, et les émotions sont réprimées.

Dans une telle atmosphère, il n’est clairement pas évident de se forger une estime solide, que ce soit envers soi-même ou envers les autres.

Le cercle vicieux

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La méfiance envers soi-même s’apprend aussi bien consciemment qu’inconsciemment.

Nous portons tous en nous un certain composant d’impulsions auto-destructrices qui grandissent et qui se potentialisent quand le milieu dans lequel nous nous trouvons les alimente.

L’enfant devient ensuite adolescent, puis adulte, et il est plus ou moins envahi par la tristesse, la colère et la culpabilité, tout autant de sentiments qui peuvent naître de n’importe quoi et être adressés envers tout et rien à la fois.

S’installent alors dans son esprit certains automatismes : je ne peux pas, je n’en suis pas capable, j’ai peur, je ne vaux rien, je ne compte pour personne.

Cela se traduit également par l’image que l’on peut avoir des autres : ils ne peuvent pas, ils n’en sont pas capables, ils ont peur, ils ne valent rien, ils ne comptent pas.

C’est ainsi que se construit finalement un cercle vicieux au sein duquel se maintient cette relation nocive que l’on entretient avec nous-même et qui se traduit par une relation destructrice avec les autres.

En découlent donc de mauvaises expériences, qui viennent alimenter l’idée que l’on est une personne mauvaise ou indigne.

Ce manque d’amour propre est aussi dû au mécanisme que l’on connait sous le nom de « identification avec l’agresseur ».

En d’autres termes, on finit par ressembler à ces personnes qui nous ont fait tant de mal. Bien sûr, ce mécanisme est inconscient.

Enfants, nous recherchons l’amour, la reconnaissance et le respect, et parfois, certains enfants reçoivent tout le contraire.

Cependant, plutôt que de remettre en question ces réactions, on tente d’être comme les personnes qui nous ont rejetés, abandonnés ou agressés.

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On perpétue alors, en se regardant dans le miroir, le regard négatif qui un jour est tombé sur nous.

On intériorise la haine et le rejet dont nous avons été l’objet, et on admet comme valides ces sentiments envers notre propre personne.

Bien souvent, à l’origine de bien des problèmes tels que la dépression, on retrouve une histoire de ce type.

C’est alors que l’on finit par se charger d’un poids qui en fait ne nous correspond pas.