Le prix à payer pour faire plaisir à tout le monde est élevé : vous pouvez ne pas trouver ce que vous cherchez

· 29 janvier 2017

La désirabilité sociale, la volonté que les autres voient la meilleure version de nous-mêmes est quelque chose de commun et de sain. C’est pour cela que nous « affinons » notre comportement dans nos relations aux autres, sans que cela ait à devenir pathologique. Vouloir montrer le meilleur de nous-mêmes pour faire plaisir aux autres n’est pas un affront à la nature.

Par conséquent, si nous percevons que notre présence a cessé de faire plaisir à quelqu’un, qu’une opinion donnée est apparue comme totalement mal venue – en le déduisant du feedback des personnes qui les écoutent -, nous pouvons nous sentir incroyablement mal à l’aise. Personne n’est immunisé contre la douleur émotionnelle dérivée du rejet implicite ou explicite des autres.

Mais si vous vous arrêtez un instant pour y réfléchir, répondez à une question : êtes-vous prêt-e à ce qu’un regard de désapprobation, la sensation de ne pas vous sentir à votre place ou une attitude défensive des autres vous transforme en une personne déguisée, en une personne que vous n’êtes pas ? Demandez-vous si vous préférez avoir beaucoup de relations cordiales ou quelques-unes qui soient significatives.

Les relations plaisantes ont besoin d’authenticité

Si vous êtes disposé-e à devenir un hybride entre ce que vous êtes réellement et ce que les autres attendent de vous, dans toute leur extension et dans toute leur variabilité, n’espérez pas trop de choses des relations sociales.

Être radical-e dans vos manières ne vous apportera que des mauvais moments. Le prix à payer pour faire plaisir à tout le monde, pour ne pas vous montrer tel-le que vous êtes, va être de ne pas trouver ce que vous cherchez et de perdre quelques-unes des relations qui vous font réellement vous sentir bien.

Que vous décidiez de mettre un masque sur votre visage chaque fois que vous vous trouvez face à quelqu’un qui peut avoir des opinions différentes des vôtres est une arme à double tranchant. Vous évitez peut-être un sentiment de mal-être, mais vous évitez aussi en même temps une partie de la richesse que peut apporter cette relation.


« Pour vous faire des ennemis, il n’y a pas besoin de déclarer la guerre, il suffit de dire ce que vous pensez »

-Martin Luther King-


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Beaucoup de personnes cèdent à la tentation d’amener sur un terrain personnel des opinions différentes de celles qu’elles ont sur un élément externe. Il est certain que personne ne devrait se sentir offensé-e devant un jugement de valeur différent du sien. Si c’était le cas, beaucoup de gens n’auraient pas ce besoin de maquiller ou de déguiser des opinions ou de faire dériver des conversations vers des terrains moins fertiles pour le débat. En d’autres termes, ils pourraient s’ouvrir à une conversation sincère et non à un échange de mots artificiels.

Les problèmes dans les relations avec les autres ne surviennent pas parce que nous adoptons une opinion et un mode de vie : les problèmes avec les autres, dans le fond, proviennent des impostures, mensonges et du fait de prétendre imposer notre vision à l’autre. Les vides émotionnels apparaissent parce qu’à force de générer des opinions et des images artificielles, personne ne nous fait confiance en tant que valeur sûre.

Chaque fois que nos relations sont feintes, on perd quelque chose de réel

À l’exception de situations extrêmes, où changer notre opinion ou la cacher peut nous sauver la vie, feindre devant les autres ne parait pas être une bonne idée. Si, par exemple, pour obtenir un travail, nous devons renoncer à mettre en marche nos véritables capacités, nous nous assurons à la fois le pain d’aujourd’hui et l’insatisfaction de demain.

Si pour faire plaisir à l’opinion d’un groupe nous renonçons à notre vision minoritaire (mais pas invalide pour autant), nous évitons que les membres de cette « minorité » nous portent de l’intérêt. Si, pour avoir une relation avec quelqu’un, nous arborons une fausse identité, nous renonçons au luxe et à la liberté d’être nous-même avec une autre personne qui nous valorise pour ce que nous sommes réellement.

Sur notre chemin, nous perdons des valeurs pour éviter des petites contrariétés

Imaginez que vous ayez la volonté de vous marier et d’avoir des enfants, alors que vous êtes entouré-e de personnes qui « apparemment » considèrent ces désirs comme arriérés ou « passés de mode ». Face à cette pression, vous vous mettez à atténuer vos propos, à couper des phrases pour éviter que votre plan de vie soit jugé et mis en doute.

Dans chaque renoncement face au mal-être, vous perdez de l’authenticité dans vos émotions et vos comportements. Nous sentir jugé-e-s peut nous empêcher de nous montrer tels que nous sommes ou d’exprimer ce que nous pensons réellement. Nous renonçons à être authentiques avec nous-mêmes, apparaissant en même temps contradictoires et peu dignes de confiance pour les autres.

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Peu importe si vos idées sont contrevenantes, conservatrices ou originales pour les autres. Dans un premier temps, elles peuvent provoquer de la confusion en l’autre, mais il peut ensuite être intéressant et constructif d’échanger des impressions avec quelqu’un qui soutient des idées très éloignées des vôtres.

Il est beaucoup plus intéressant de respecter ses idées et de ne pas en avoir honte. Il y a une infinité de personnes pour qui elles sembleraient merveilleuses et qui ne demandent qu’à vous rencontrer, mais ceci ne peut pas se produire si vous vivez en vous cachant pour éviter un quelconque dédain du monde.

Renoncer à vos idées pour vous éloigner d’une dispute, pour faire plaisir à quelqu’un ou ne pas ternir votre image peut être une décision intelligente à court terme et dans une situation concrète. En revanche, si nous faisons de cela une habitude, nous finirions par créer un monde artificiel autour de nous, dans lequel nous nous sentirons mal.