Prendre soin des autres, c’est prendre soin de soi

5 avril 2016 dans Emotions 1151 Partagés

Aider, se dévouer, contribuer, alimenter, tendre la main, écouter, protéger, conseiller ou prendre dans ses bras… Nous sommes tous d’accord sur le fait que tous ces actes requièrent courage et générosité.

Cependant, ils donnent également quelque chose, et ce qu’ils donnent est moins visible, à première vue, que ce qu’ils coûtent, car ce que l’on reçoit du fait de notre dévouement se confond, et émane de notre propre agissement.

C’est pourquoi on ne parvient pas à le distinguer clairement et que ceux qui ne le pratiquent pas nous regardent avec incompréhension.

Pour se différencier de ceux qui ne partagent pas, rien ne sert de faire un long voyage en quête de personnes dans le besoin.

Malheureusement, il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi, d’écouter ceux qui demandent quelque chose à manger, une signature afin d’éviter une injustice, ou un moment pour bavarder.

Prendre soin de l’autre, qu’est-ce que cela veut dire ?

Si on cherche la définition de ce verbe dans le dictionnaire, on trouve : accorder de l’attention ou de la sollicitude dans l’exécution de quelque chose.

D’autre part, le fait de prendre soin se réfère également aux faits d’assister, de conserver et de garder.

Pensez à toutes ces fois où vous prenez soin de quelque chose ou de quelqu’un : de votre enfant, de votre animal de compagnie, ou encore d’une plante.

Prendre soin de l’autre, c’est se consacrer à lui, et laisser de côté ses préoccupations propres au profit de l’autre, afin de lui donner ce dont il a besoin.

mains touchant des fleurs

Selon la personne ou la chose dont on prend soin, on ne s’y prend pas de la même façon. Un enfant, on le protège ; un chien, on l’emmène chez le vétérinaire ; une plante, on l’arrose.

Lorsque l’on prend soin de quelqu’un ou quelque chose, ce n’est pas tant l’acte ponctuel qui compte, mais plutôt l’attitude que l’on adopte envers cette personne ou cette chose.

On peut aussi prendre soin d’objets (la voiture ou la maison, par exemple) ainsi que de questions plus abstraites (l’idéologie, les valeurs, etc), et il en va de même que lorsqu’on prend soin de personnes.

On leur offre du temps, on se consacre à eux/elles afin de les protéger et ne pas les corrompre ou empirer leur état.

Dois-je avant tout prendre soin de moi ?

Sûrement avez-vous déjà entendu la phrase « aimez-vous d’abord vous-même, puis aimez les autres ».

La même chose arrive lorsque vous prenez soin de quelqu’un : il faut d’abord prendre soin de vous-même, pour ensuite être en mesure de prendre soin de l’autre.

Prenons un exemple concret qui montre à quel point il est important de prendre soin de soi pour ensuite prendre soin de l’autre.

Dans le protocole d’aviation, en cas de turbulences, quand le masque d’oxygène se déploie, il faut d’abord mettre le sien, puis placer ceux de nos enfants sur leurs visages. E

n se comportant ainsi, est-on un mauvais parent ? Pas du tout. Cela montre au contraire que vous prenez soin de votre intégrité physique afin d’être en mesure de vous occuper de vos enfants, car personne ne le fera pour vous.

D’autre part, vous ne pouvez pas passer des heures et des heures à veiller sur un proche malade si vous ne dormez pas, et si vous n’êtes donc pas dans les meilleures conditions possibles pour vous occuper de lui.

En vous comportant ainsi, vous ne faites pas preuve d’égoïsme, au contraire ; vous vous disposez à venir en aide à l’autre de façon intelligente, pas désespérée.

Ne confondez pas amour propre et égoïsme. Ne culpabilisez pas. Les égoïstes gonflent leur estime d’eux-mêmes en se nourrissant de celle des autres.

En revanche, ceux qui ont de l’amour propre ont conscience du fait que s’ils commencent par se respecter eux-mêmes, il sera ensuite bien plus facile pour eux de respecter les autres.

femme s'enlassant elle meme

Prendre soin de l’autre, c’est prendre soin de soi

« Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent à toi » ; pour exprimer cette idée, on pourrait plutôt employer une phrase positive du genre « fais aux autres ce que tu apprécierais que l’on te fasse ».

Au moment où vous vous apprêtez à prendre soin de quelqu’un, vous devez penser à la façon dont vous aimeriez qu’on prenne soin de vous.

Si vous étiez malade, de quoi devrait tenir compte la personne qui s’occuperait de vous ? Si vous étiez un enfant, de quelle façon devrait vous protéger votre mère ou votre père ? Si vous étiez très âgé, comment aimeriez-vous que vos proches s’occupent de vous ?

Prendre soin de quelqu’un, est une des tâches les plus nobles auxquelles on puisse aspirer : prendre soin de l’autre, cela nous rend utile et courageux face à nous-même, mais aussi face aux autres.

Peut-être que ni Dieu, ni le Karma, ni le monde ne vous remercieront, mais en tout cas, votre coeur le fera.

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