Plus vous en faites pour certaines personnes, moins elles en font pour elles-mêmes

1 mai 2017 dans Psychologie 527 Partagés
Plus vous en faites pour les autres et plus vous vous sentez heureux-ses (ou du moins, c’est ce que vous croyez). Vous leur offrez votre aide et, si vous avez le pouvoir de les soulager d’une quelconque souffrance, c’est encore mieux. Malgré cela, il se peut que, au final, votre prédisposition à rendre les choses plus faciles pour les autres ne vous comble pas. Le résultat n’est pas celui que vous espériez. Plus vous en faites et plus vous êtes irrémédiablement déçu-e.

Vous ne pouvez sauver personne. Seuls les autres peuvent se sauver eux-mêmes.


La vie n’est pas facile. Il suffit de regarder tous les moments difficiles auxquels nous devons faire face. Ceux-ci nous rendent plus fort-e-s et plus sages. Ils nous permettent de mûrir et de mieux nous connaître. Si nous n’avions pas cette opportunité de passer par ces moments, nous ne nous enrichirions jamais. Malgré tout, c’est ce que vous voulez faire pour les personnes que vous aimez le plus. Souffrir pour elles et toujours leur tendre la main. Vous pourriez même prendre leur place si c’était possible. Mais ça ne l’est pas.

Ne vous éloignez pas de vous-même

Plus vous en faites pour les autres et plus vous vous éloignez de vous-même. Je ne sais pas pour quelle raison, mais il y en a certainement plusieurs. Vous ne voulez pas faire face à votre « moi » et vous vous focalisez donc sur les autres. Toute l’aide dont vous avez peut-être besoin, vous la concentrez sur les autres ; toute cette tendresse et tout ce soutien que vous cherchez à avoir et que vous ne recevez pas, vous l’offrez de façon désintéressée.
Vous vous en êtes peut-être rendu-e compte : vous êtes en train de projeter vos besoins. Cependant, au lieu de vous en occuper, vous les fuyez. Comment pouvez-vous aider les autres si vous ne savez pas vous aider vous-même ? Comment osez-vous aimer quelqu’un alors que vous n’êtes pas capable de vous aimer vous-même ? Pour pouvoir être généreux-se, vous devez d’abord l’être avec vous. Vous ne pourrez jamais offrir quelque chose que vous n’avez pas cultivé. Même si vous pensez que vous le pouvez.
Quand, dans vos pensées, ce que vous faites pour les autres acquiert plus d’importance que ce que vous faites pour vous, il se peut que vous ne soyez pas conscient de votre chute dans une vague d’erreurs. Celles-ci n’auront pas seulement des répercussions sur vous, mais aussi sur les autres. Vous ne pourrez pas établir de relations saines si vous donnez tout mais que vous oubliez vous-même.
  • Pour soutenir d’autres personnes, vous devez d’abord vous soutenir personnellement : vous cherchez à aider les personnes que vous aimez, à les porter quand elles tombent très bas, à être leur source de motivation lorsque toutes les autres se sont épuisées. Mais comment y parvenir si vous n’êtes pas capable de le faire avec vous-même ? Vous finirez par vous détruire.
  • Ne tombez pas dans la dépendance : vous cherchez à ce que les autres dépendent de vous pour vous sentir bien et pour qu’elles aillent mieux. C’est peut-être vous qui avez besoin de dépendre des autres. Cette situation ne pourra jamais déboucher sur une relation saine. La dépendance nous fait beaucoup plus de mal que ce que nous croyons.
  • Vous devez passer en premier, et ensuite les autres personnes suivront : vous ne pouvez pas aider quelqu’un si vous avez vous-même des problèmes ou des difficultés à résoudre. Vous devez être le n°1 sur votre liste de préoccupations. Gardez bien cela à l’esprit car c’est très important. Parfois, nous donnons encore et encore alors que nous n’avons même pas la force de le faire.

Les autres ont le pouvoir de choisir

Parfois, plus vous en faites pour les autres et plus vous limitez leur pouvoir de choisir. C’est pour cela que, quand vous vous en rendez compte, ils se sont abandonnés en vous. Ils cessent de lutter pour leurs rêves, pour leur volonté d’aller bien. Cette responsabilité vous incombe désormais entièrement. Lutter pour vous-même ne vous suffit pas ? Maintenant, vous vivez pour deux, trois ou plusieurs personnes.
Même si vous avez un-e ami-e qui souffre, iel doit décider s’iel veut rester bloqué-e dans ce problème qui le/la détruit tellement ou non. Tout ce que vous pouvez faire, c’est l’écouter, lui donner votre propre point de vue s’iel vous le demande et être là pour lui/elle s’iel en a besoin. Mais, décider pour lui/elle ? Lui dire ce qu’iel doit faire ? Souffrir à sa place ? Jamais.
Nos décisions marquent le déroulement de notre vie. Il n’y a aucun destin prédéterminé : nous créons notre chemin sur la base de nos propres choix. Si quelqu’un décide des choses pour nous, ce ne sera plus notre sentier. Et, étant donné que nous sommes si humains, nous finirons par nous perdre.
C’est pour cette raison que vous n’avez rien reçu de la part de toutes ces personnes que vous avez voulu aider. Elles n’ont pas agi comme vous l’espériez, vous vouliez une quelconque marque de reconnaissance. Vous ne vous êtes pas rendu-e compte que vous vous êtes impliqué-e dans une vie qui n’est pas la vôtre. Personne ne va vous remettre de médaille pour avoir livré des batailles qui ne sont pas les vôtres.

Même si vous n’aimez pas voir souffrir quelqu’un, ceci est parfois nécessaire pour cette personne.


Il est plus facile de laisser quelqu’un prendre les commandes, pour ainsi nous laisser emporter. Cependant, cette attitude ne nous apportera aucun bénéfice. Nous apprenons de nos erreurs, des personnes qui nous ont fait du mal, de tous ces moments qui nous ont marqués. Si nous n’avions pas à faire face à toutes ces choses, comment pourrions-nous apprécier la confiance chez un-e ami-e ? Comment pourrions-nous nous rendre compte que le chemin vers la réussite n’est pas une ligne droite mais une route pleine de virages et de dos d’âne ?
Chaque fois que vous êtes tenté-e de prendre les rênes de la vie d’une autre personne, songez au fait que, si vous faites cela, cette personne cessera de lutter pour elle-même. Elle n’aura plus besoin de faire face à des situations difficiles, elle n’apprendra rien de ce qui lui arrive. Vous serez là pour lui rendre les choses plus faciles. Mais ce n’est pas la réalité. Au lieu de lui faire une faveur, vous la poussez vers un monde de fiction.
Images de Diaria Petrilli
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