Que peuvent nous apprendre les chiens à propos de nos problèmes ?

30 mai 2017 dans Psychologie 161 Partagés

Il ne fait aucun doute que les chiens sont des animaux attachants. Ceux qui les aiment d’une manière très spéciale et ont partagé des moments inoubliables avec eux, savent voir la sagesse qu’ils cachent derrière leur comportement.


Les personnes, tout comme les chiens, sont aussi des animaux. Il est vrai que nous pouvons mener des raisonnements plus complexes ou utiliser un langage plus précis mais cela ne nous empêche pas d’être des habitants de la planète, tout comme eux.


Le problème réside dans le fait que l’être humain, plus particulièrement au cours de ces derniers siècles, a cru qu’il était le centre de l’univers. Cette conception démesurée de notre importance en tant qu’espèce a été – dans une bonne partie des cas – la cause d’une foule de désordres, mal-êtres et perturbations.

La bonne nouvelle est qu’aucun être, qu’il soit humain, canin ou félin, n’est si important. Nous habitons cette planète, on nous a concédé le grand privilège de vivre et nous sommes ici pour nous adapter au mieux aux conditions qui nous sont données. Une adaptation au cours de laquelle entre en jeu notre comportement mais aussi notre côté émotionnel et physiologique.

Apprendre davantage de choses des chiens ne serait pas une mauvaise idée. Vous devez penser que nous sommes devenus fous mais ce n’est pas le cas. Le célèbre philosophe Diogène s’était déjà rendu compte de tout cela et avait été surnommé « Le chien » parce qu’il avait appris à se considérer comme étant moins important, pensait moins à son ego, était plus spontané, insolent, impudique et, surtout, avait su distinguer ses ami-e-s de ses ennemi-e-s.

Diogène et les chiens

Diogène louait les vertus des chiens et essayait de les imiter et de se comporter comme eux. Pour réussir à suivre leur comportement, il dut commencer à gérer ses problèmes comme s’il était réellement un chien et cela lui servit à mieux gérer l’importance qu’il accordait aux événements, qu’ils soient externes ou internes. Il vivait dans l’indigence, plus concrètement dans une jarre, était toujours entouré de sa famille de chiens et faisait même ses besoins en public.

Il mit en pratique l’idéal du sage à travers de nombreuses anecdotes : vie solitaire, nudité, sans autre habitat qu’un tonneau, en renonçant sans cesse à tous les biens créés par la société humaine. Il faisait cela car il comprenait qu’il n’en avait pas besoin pour vivre.


Diogène prétendait exercer une idée radicale de liberté, de la même façon que les chiens, il ne ressentait aucune honte et s’opposait avec ferveur -voire avec agressivité- aux normes sociales établies et aux modes de vie traditionnels.


Celleux qui commencèrent à surnommer Diogène « le chien » voulaient en réalité l’insulter. Cependant, Diogène, comme tout bon chien, ne leur accorda aucune importance et devint même fier de ce surnom qui se transforma en son emblème. Il se dit que s’appeler ainsi permettait de l’identifier à la perfection.

Diogène voulut se défaire de tous les biens matériels qui portaient la fausse étiquette de « nécessaires » et dont nous finissons par devenir esclaves. Il décida de vivre dans l’austérité, comme le feraient les chiens, et se rendit compte qu’on pouvait toujours devenir encore plus humble.

Essayons davantage de suivre l’exemple des chiens

Il est évident que l’histoire de Diogène est un peu farfelue et nous ne voulons pas que le/la lecteur-trice la suive au pied de la lettre et commence à se comporter de la même façon. Cependant, nous voulons que le fond de l’histoire soit bien compris et que, à partir de là, vous puissiez décider d’en tirer quelque chose pour l’appliquer à votre vie quotidienne.

Si nous réfléchissons un instant, nous nous rendons compte que beaucoup de nos problèmes émotionnels proviennent de notre égocentrisme. Par exemple, une difficulté que génère cet égocentrisme se retrouve chez les personnes qui ont du mal à déléguer un grand nombre de tâches, des personnes qui oublient qu’elles sont uniques mais pas indispensables.


Nous, les personnes, avons un ego gigantesque, et c’est précisément ce qui nous fait souffrir.


Si vous pensez à un chien, que ce soit le vôtre, celui du voisin ou un chien errant, et si vous vous mettez à l’observer, vous pourrez vous rendre compte que seules les choses réellement nécessaires l’intéressent : se mettre à l’abri quand le temps est mauvais, se déplacer, trouver à manger et à boire, procréer et parfois jouer et recevoir quelques petites attentions. Il n’a pas besoin d’être le meilleur chien de la ville ou de tout faire parfaitement.

Songez au fait que les personnes considèrent des options déterminées comme s’il s’agissait de véritables besoins : elles veulent un bon travail, un bon salaire, une maison avec une piscine, un beau petit ami/une belle petite amie, voyager, réussir professionnellement, être reconnues, recevoir des compliments… et si ces besoins ne sont pas satisfaits, leur estime d’elles-mêmes en prend un coup. Elles se sentent alors inférieures aux autres.


Personne n’est contre une douceur et souhaiter tout cela est légitime, du moment que nous ne tombons pas dans la tentation de transformer tous ces désirs en d’absolus besoins auxquels nous ne pouvons pas renoncer.


Si nous voulons commencer à vivre une vie un peu plus « chienne », le premier pas à faire est de ne pas nous sentir aussi importants : nous ne déprimerons pas si nous ne parvenons pas à atteindre la reconnaissance que nous cherchons, nous ne nous mettrons pas en colère face à une injustice verbale et nous n’entrerons pas dans une compétition effrénée avec les autres juste pour recevoir davantage d’applaudissements.

Le second pas consiste à ne pas être aussi pudiques. Nous n’allons pas aller jusqu’à l’extrême de faire nos besoins au milieu de la rue, mais il est certain que nous devons être plus ouvert-e-s et nous montrer tel-le-s que nous sommes. Nous avons peut-être des défauts plus marqués mais cela vaut mieux que payer le prix d’une dissimulation de notre potentiel.

Si j’ai honte de m’habiller d’une certaine manière parce que je pense que je suis trop maigre, grosse, blanche, brune ou quoi que ce soit, je vais choisir l’option de m’habiller comme je le veux en mettant de côté ces complexes qui ont été créés par la société. Les chiens n’ont pas honte d’être plus grands, plus petits ou d’une autre couleur que les autres.


Mon échelle de valeurs doit aussi changer. L’attrait physique, le mien ou celui des autres, les possessions matérielles ou l’être supérieur aux autres doivent cesser de m’importer.


Vous imaginez un chien prêter attention au physique d’une chienne ou se demander s’il respecte plus ou moins la mode ? Vous croyez qu’un chien serait jaloux d’un autre parce que son panier pour dormir est plus grand ou plus cher ? Bien évidemment, cela leur importe peu.

Enfin, ayons moins de besoins. Comme Diogène l’a démontré, nous n’avons pas besoin d’autant de choses pour nous sentir bien et heureux-ses. Le fait que vous lisiez cet article aujourd’hui signifie que vous avez au moins un portable ou un ordinateur, ce qui veut dire que vos besoins basiques sont déjà couverts (car un portable ou un ordinateur ne sont pas des besoins basiques). Alors, pourquoi êtes-vous malheureux-ses ?

Pourquoi ne pas être un peu plus « chien » dans la vie ?

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