Les peurs qui nous poussent à être invisibles

· 9 mars 2018

Lorsque nous étions enfants, nous avions peu de peurs et de hontes, et encore moins de préoccupations. Nous avions confiance en nous et en nos capacités ; par conséquent, nous brillions. Cependant, à mesure que nous avions grandi, notre confiance en nous a diminué, jusqu’au point où nous en sommes arrivés à vouloir devenir invisibles.

Le désir d’être invisible provient de toutes ces croyances sociales et culturelles que nous avons acquises et intégrées qui se sont renforcées au fur et à mesure que nous avons grandi. Comme nous le savons bien, les croyances nous limitent ; par exemple, si nous pensons que commettre une erreur lors d’une présentation orale est un échec et que nous le faisons, probablement qu’à partir de ce moment-là, nous n’aimerons plus parler en public, voire même nous penserons que sommes les pires orateurs possibles.

Certaines des croyances que nous avons ne font que favoriser nos peurs. Notre peur d’être seul, celle que personne ne nous aime, celle qu’on ne nous fasse pas confiance. Notre peur de ne pas avoir la famille parfaite, celle de ne pas avoir les meilleures notes, celle de décevoir les autres ou de ne pas être à la hauteur. Nos craintes nous poussent à être invisibles alors que nous nous identifions à certaines étiquettes qui n’ont rien à voir avec nous.

Notre grandeur nous effraie

Nous vivons au sein d’une société qui nous rabaisse constamment, ce qui nous pousse à nous comparer aux autres et à analyser nos défauts dans les moindres détails. Où sont nos qualités ? Dans l’ombre. Elles attendent qu’on les regarde pour être mises en lumière et ainsi être conscientes de tout notre potentiel.

Or, où commencent à se mettre en mouvement toutes ces peurs qui nous invitent à être invisibles ? Généralement, au sein de la famille, à savoir dans le contexte où nous avons passé la majeure partie de notre temps et qui, en grande partie, est devenue notre zone de confort.

« Notre peur la plus profonde n’est pas celle d’être incohérents ; notre peur la plus profonde, c’est celle d’être immensément puissants. C’est notre lumière qui nous effraie le plus, pas l’obscurité. Nous nous demandons : « qui suis-je, moi, pour être brillant, précieux, talentueux et fabuleux ? » »

-Nelson Mandela-

corps sans tête

Or, lorsque nous sommes l’exception et que notre comportement est différent de ce qu’on en attend, cette assurance disparaît et parfois, les peurs nous envahissent alors. Par exemple, dans une famille où le travail physique est très reconnu, si soudain un membre se consacre à l’art ou à la programmation informatique, probablement entendra-t-il : « ce n’est pas un vrai travail. »

L’incompréhension de la part de ceux que l’on considérait comme une source de soutien menace notre confiance en nous et dans certains cas, notre manière de nous valoriser.

L’assurance, on la trouve en étant fidèles aux croyances familiales. Suivre les pas de nos parents, travailler dans la même branche qu’eux… Or, lorsque l’on emprunte un chemin différent de celui-ci, le sentiment de protection se rompt pour donner lieu à la peur et au désir d’être invisible à certains moments.

Les 3 peurs qui nous poussent à être invisibles

La famille n’est pas la seule qui puisse nous pousser à vouloir être invisibles, ressembler aux autres, et ne pas se démarquer. Il existe beaucoup d’autres peurs qui grandissent et se renforcent en raison de certaines croyances liées au domaine social. Voyons en quoi consistent ces 3 peurs qui nous empêchent de mettre en lumière la personne que nous sommes réellement au fond.

1. La peur d’éveiller la jalousie des autres

Nous avons tous quelque chose d’unique, une capacité spéciale ou un don naturel qui nous permet de faire des choses pour lesquelles nous aimerions être reconnus. Cependant, n’oublions pas que se démarquer, cela implique de nous exposer à l’éventuelle jalousie des autres. Finalement, il nous faudra faire face aux critiques, jugements et autres rejets de leur part.

Pour certains, en fonction de leurs expériences passées, cela peut être insupportable, puisqu’ils ont tendance à chercher l’approbation des autres. L’envie de briller, mais aussi la peur de le faire, nous pousse à nous trouver face à deux options : briller et donner à connaître notre essence, ou être invisibles en restant fidèles aux attentes des autres.

« La personne jalouse vous regarde toujours de haut en bas, à la recherche du moindre défaut. Si elle le trouve, elle le commentera. Si elle ne le trouve pas, elle l’inventera. »

-Anonyme-

homme regardant par la fenêtre

2. La peur d’être seul

La peur d’être seul est une crainte qui affecte bien des personnes. Il s’agit là d’une croyance qui nous pousse à nous adapter à ce que les autres approuvent afin d’être acceptés. Par exemple, si vous êtes une personne très blagueuse, mais qu’autour de vous vos amis ont honte de vos blagues et de votre comportement, vous tenterez de changer et de réprimer cette part de vous afin de ne pas vous retrouver seul.

Finalement, nous choisissons d’être invisible pour que les autres nous acceptent. Cependant, nous aurions tendance à nous demander la chose suivante : vaut-il la peine de fréquenter des personnes qui n’acceptent pas la personne que nous sommes en essence ? Etre seul, c’est comme sortir de notre zone de confort. C’est pourquoi nous avons si peur de ne plus avoir d’amis, de partenaire, bref ; de trouver une personne qui nous accepte vraiment pour ce que l’on est.

Or, si nous changeons, si nous estompons notre essence, arrivera un moment où nous nous demanderons qui nous sommes vraiment. Lorsque l’on choisit de respecter les attentes des autres, on se trahit soi-même, on rejette son moi, ce qui au fil du temps générera un grand mal-être.

Nous retrouver sera un processus qui nous invitera à faire face à tout ce que nous craignons vraiment. Un chemin complexe mais satisfaisant lorsqu’on atteint son but, car il n’y a rien de plus beau qu’une rencontre avec soi.

3. La peur de perdre son identité publique

Si dans notre enfance, notre famille nous disait que « nous ne méritions rien de ce que nous recevions », probablement avons-nous grandi en pensant et en agissant en accord avec cette idée. Par conséquent, non seulement nous penserons que nous ne méritons aucun cadeau, mais aussi que nous ne sommes pas digne de l’affection de qui que ce soit. Nous avons alors adopté une identité basée sur le « non-mérite ».

homme qui se dessine

Curieusement, nous sommes effrayés à l’idée de perdre ce que l’on nous a dit que nous étions ; cette identité à laquelle en réalité nous ne nous identifions pas, même si nous avons appris à le faire. C’est la raison pour laquelle il est si difficile pour nous d’avancer parfois. Nous avons construit un monde en accord avec ce que les autres pensaient que nous étions, avec ce qu’ils nous ont dit que nous étions. Si bien que sans nous en rendre compte et sans vraiment vouloir le faire, nous fuyons la moindre marque d’affection.

C’est pourquoi il est important de désapprendre, de chercher en nous et de découvrir qui nous sommes vraiment. Car souvent, nous ne pensons pas une seule seconde à remettre en question les opinions des autres sur nous-mêmes, et choisissons alors d’y rester fidèles, donc d’être invisibles.

« Retrouve-toi dans une goutte de pluie, dans les couleurs d’un arc-en-ciel, dans le bleu du ciel, dans la force de la terre, où tu veux, mais trouve-toi. »

-Alejandro Jodorwky-

Peut-être avons-nous choisi d’être invisibles jusqu’à maintenant, mais nous pouvons décider de cesser de l’être à partir d’aujourd’hui. De nous défaire des étiquettes que l’on nous a imposées, des peurs qui ne font rien de plus que nous limiter, et de trouver en nous la meilleure des compagnies.