Par peur de te perdre, je t’ai perdu-e

13 mai 2017 dans Emotions 1032 Partagés

Souvent, rien ne sert de commettre de grosses erreurs pour perdre ou s’éloigner de ce que l’on aime et que l’on désire le plus. Généralement, la simple peur de perdre ce à quoi l’on tient ou ce dont on a besoin fait que, sans le vouloir, on en arrive à détruire ce que l’on convoitait.

Cela peut sembler ironique, mais c’est pourtant vrai : très souvent, après un dur travail pour atteindre un certain but ou après s’être libéré-e d’une grande bataille en surmontant une maladie ou une crise de couple, on succombe. Cette situation est bien plus fréquente qu’on ne peut l’imaginer. Dans les paragraphes qui suivent, nous vous parlerons des raisons biologiques et psychologiques de ce phénomène. Enfin, nous tenterons de trouver une réponse à la question de savoir comment combattre la peur en cultivant des émotions positives là où réside actuellement la peur.

Qu’est-ce que la peur ?

La peur est une des six émotions basiques que l’on a : la peur, la joie, la tristesse, la colère, le dégoût et la surprise. Ces émotions sont considérées comme basiques car elles peuvent être clairement identifiées dans toutes les cultures étudiées jusqu’à aujourd’hui, mais aussi car elles nous permettent de nous adapter à la peur qui nous entoure.

Comment la peur nous aide-t-elle ? Toutes les émotions jouent un rôle crucial au moment de nous pousser vers un but ou au contraire de nous en éloigner. La joie, par exemple, nous aide à nous connecter aux autres et cela, à son tour, améliore notre adaptation sociale et, par conséquent, notre santé. D’un autre côté, le rôle de la peur est celui « d’éviter un mal plus grand » ou de faire face avec courage à ce qui nous menace et, pour cela, elle est nécessaire dans notre vie quotidienne.

La peur d’échouer : « et si c’était trop pour moi ? »

La peur se produit comme résultat d’une évaluation négative ou menaçante d’une situation. Autrement dit, le danger n’a pas à être réel pour que la peur nous envahisse. Souvent, elle se produit car on sent que la situation dépasse les ressources dont on dispose pour la mener à bien ou y faire face.

Ce phénomène est connu sous le nom de sentiment d’auto-efficacité. On le définit comme « la perception et la valorisation que vous faites de vous-même comme possesseur-se de la capacité et des ressources personnelles nécessaires pour faire face à différentes situations ».

D’un autre côté, quand la réponse de la peur se déclenche, on observe les réactions physiologiques suivantes – qui facilitent les trois réponses physiques basiques : lutte, paralysie et fuite :

  • Le rythme cardiaque et la pression sanguine augmentent pour apporter du « combustible » à notre cerveau.
  • La respiration s’accélère pour oxygéner les muscles en préparation de la fuite.
  • Se produit la sécrétion de glucides et de lipides dans le sang pour apporter de l’énergie en cas de lutte.
  • La majorité des processus essentiels s’interrompent, tels que ceux que mènent à bien le système immunologique ou encore le système digestif, au profit du risque auquel s’exposent le coeur et le cerveau.
  • Les muscles commencent à se tendre et à se préparer à l’action.

Pourquoi la peur de perdre nous mène-t-elle paradoxalement à la perte ?

Cela arrive lorsque l’on se laisse dépasser par un problème, une situation bénéfique ou neutre que l’on considère comme une menace. C’est le mécanisme que suivent les phobies et celui par lequel, souvent, on perd ce que l’on aime le plus.

Ainsi, quand on estime qu’une situation est stressante ou menaçante, ce message arrive à notre amygdale cérébrale qui déclenche la réponse de peur. L’amygdale, à son tour, est associée à différents processus liés à la mémoire, dont celui de l’emmagasinage de nos ressources, et pour cette raison, nos peurs demeurent.

D’un autre côté, l’évaluation d’une situation – comme menaçante ou non – dépend de notre personnalité et de l’estimation des ressources dont on dispose ; c’est pourquoi, entre autres raisons, certaines personnes adorent les chiens et que d’autres en ont peur.


« C’est une folie de haïr toutes les roses parce que une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué… » 

– Le Petit Prince –


Ces mêmes réactions peuvent être observées dans toutes les situations où on attend beaucoup et où on a la sensation qu’il y a « beaucoup en jeu », ce qui implique tous nos mécanismes de lutte et de survie. C’est précisément notre croix. Car en activant les réactions de lutte, de paralysie ou de fuite, on finit par échapper aux choses qui nous rendent plus heureux-ses dans le but d’éviter d’essuyer un échec qui n’est pourtant qu’une hypothèse.

Comment gérer la peur de l’échec ?

Nous avons presque tou-te-s vu un de ces films romantiques cultes où le personnage principal laisser s’éloigner « l’amour de sa vie ». Soudain, il se rend compte qu’il l’a perdu-e, et sort en courant lui dire qu’il l’aime, mais… L’avion est déjà parti. Déçu et triste, il se demande alors pourquoi il l’a laissé-e filer alors qu’il avait tout pour être heureux. Pourquoi donc ne regarderiez-vous pas votre vie comme si elle était un de ces films ?


Agissez. Vivez. Dans l’oeuvre de votre vie, vous êtes l’acteur-trice principal-e.


Même si en premier lieu, on doit reconnaître que la peur est une émotion essentielle, il est tout de même préférable de la réguler et de ne pas l’ignorer ou la nier, de l’identifier et de lui attribuer le sens correct. Se dire que si on se sent mal à l’approche d’un entretien professionnel important, cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne mérite pas ce poste, ou encore que l’on est une personne lâche. Une fois que l’on a compris et reconnu que c’est une réaction parfaitement compréhensible, il faut avoir l’esprit dégagé pour réaliser le meilleur entretien possible.

1. Combattre les idées irrationnelles que génère la peur

Souvent, quand on est dans une situation où la peur d’échouer s’empare de nous, nos pensées se transforment en « tourbillons ou inutilités mentales ». Autrement dit, la peur est cette « soif dans le désert » qui provoque le niveau d’activation physiologique suffisant comme pour que l’on « voit des fantômes là où il n’y en a pas ».

Ainsi, on commence à penser à des choses comme « mon/ma chef-fe me regarde de travers, iel va me virer », « je suis sûr-e que les autres se moquent de moi », etc. Il est parfaitement possible que notre chef-fe ait passé une mauvaise nuit ou qu’iel ait mal à l’estomac, et que celleux qui rient le fassent car l’un-e d’entre elleux a raconté une anecdote amusante.


Arrêtez de croire que vous êtes le nombril du monde. Car, au risque de vous décevoir, vous ne l’êtes pas.


2. Rompre avec l’histoire des échecs

Si vous ne vous accrochez pas à la vie, elle ne vous attendra pas. Une bonne idée peut consister à changer la chaîne d’événements qui vont ont fait échouer la dernière fois. Si vous êtes arrivé-e en retard à ce rendez-vous important, la prochaine fois protégez-vous des imprévus pour arriver avec de la marge. Cela permettra de rompre avec les précédents échecs que vous avez pu essuyer et vous ne pourrez pas imaginer l’échec car « il n’y a pas d’échecs similaires dans vos souvenirs que vous pourriez comparer à cette situation en particulier ».


« Il ne suffit pas de savoir, il faut aussi appliquer. Il ne suffit pas d’aimer, il faut aussi faire. »

– Goethe –


Employez tous ces éléments qui vous permettent de vous sentir plus sûr-e de vous. Ayez confiance. Croyez, croyez en vous, et si vous n’y arrivez pas, focalisez-vous sur cet obstacle et occupez-vous plutôt que de vous préoccuper. Enfin, dernier conseil mais pas des moindres, respirez. Cela vous permettra de vous remettre les idées en place et d’activer votre système nerveux parasympathique, qui se charge de la « relaxation de nos organes ». Ainsi, on inocule le stress et la peur.


« Ce n’est pas vrai que les personnes cessent de poursuivre leurs rêves car elles vieillissent ; au contraire, elles vieillissent parce qu’elle cessent de poursuivre leurs rêves. »

– Gabriel García Márquez –


3. Vivez le moment présent, et vous verrez comme les choses s’amélioreront 

La seule certitude dans ce monde si chaotique est que vous êtes le/la maître-sse absolu-e et exclusif-ve de votre temps. Pour autant, avant de vous lamenter pour ce que vous n’avez pas fait par peur ou à cause du qu’en dira-t-on ou parce qu’il était trop tard…dites-vous que vous êtes le/la seul-e à décider si c’est trop tard ou pas.


« J’ai de nouveau ressenti une immense envie de vivre quand j’ai découvert que le sens de ma vie était celui que je voulais lui donner. »

– Paulo Coelho –


Selon nous, ni les gens qui vous critiquent ni ceux qui selon vous le feront ne vous rendront les années que vous perdrez en fuyant vos rêves. Alors, vivez. Vivez pleinement. Et si la fin du monde arrive, qu’elle nous abatte en nous interrompant dans notre danse.


« L’avenir à plusieurs noms. Pour les faibles, il se nomme l’impossible. Pour les timides, il se nomme l’inconnu.Pour les penseurs et pour les courageux, il se nomme l’idéal. »

– Victor Hugo –


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