La peur de notre propre grandeur (le complexe de Jonas)

· 8 septembre 2015

Il n’y a qu’une seule personne au monde qui puisse vous empêcher d’aller loin.

C’est celle qui tous les jours vous regarde dans le miroir.


Nous avons tous une drôle de façon de nous mettre des barrières et de limiter notre potentiel.

Fréquemment, on se soumet nous-même à un terrifiant boycott interne, nous empêchant ainsi de grandir.

C’est de la folie, n’est-ce-pas ? Vous savez peut-être déjà très bien de quoi nous voulons parler. Voyons maintenant ce qui se cache derrière tout ça…

Pourquoi s’auto-limite-t-on si on naît avec un grand potentiel ?

Il y a quelques années, Abraham Maslow a théorisé ce phénomène, sous le nom de « complexe de Jonas ».

Il s’agit d’une référence à un passage de la Bible, au cours duquel Dieu confia à Jonas la mission de faire parvenir un message à Ninive, mais Jonas décida de fuir, se pensant incapable d’y arriver.

Parfois, au cours de notre vie, on fait des choix qui ne nous mènent pas vers la réussite, tout en sachant pourtant très bien qu’on ne prend pas la bonne direction.

Si on agit de la sorte, c’est par peur de notre propre grandeur ; voilà une façon bien cruelle de nous saboter.

Le complexe de Jonas se traduit par des démons tels que la peur et l’anxiété, ce qui freine ainsi toute possibilité de connaître le succès.

En d’autres termes, vous savez ce que vous valez, ce que vous êtes capable de réussir, vous vous visualisez en train de réussir, mais vous avez un comportement qui ne pourra vous mener qu’à l’échec, et vous le savez très bien.

Vous traversez la rivière jusqu’à la vallée de la médiocrité par peur de ne pas être à la hauteur. Vous ne vous valorisez pas, et vous ignorez ce qu’implique le fait d’arriver au sommet.

Pour Maslow, de la même façon dont on a peur du pire, on a aussi peur du meilleur. En d’autres termes, on se dit « je veux tout et rien en même temps, je préfère rester où je suis ».

Ces peurs et autres anxiétés sont une réponse à la peur de connaître de plus grandes réussites que les autres, de faire face aux responsabilités que suppose la grandeur, de ne pas savoir aller de l’avant, d’être arrogant, d’échouer, etc.

Autrement dit, on a une façon obscure de créer notre propre souffrance. Ce n’est pas notre succès ou au contraire nos peines que l’on empêche, mais notre propre bonheur.

La souffrance que l’on s’inflige à soi-même, et l’auto-sabotage engendrent des comportements aussi inutiles que nuisibles.

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Le seul moyen d’éradiquer le suicide, c’est d’affronter ce démon de la jalousie qui nous étouffe.

Ce démon s’accompagne de la peur de ne pas atteindre nos objectifs, ou au contraire, d’y arriver, mais d’être rejeté par les autres à cause de leur jalousie de notre réussite.

En effet, face à la réussite des autres il y a deux façons de réagir : soit on les envie, soit on les admire. Malheureusement, on a plus souvent tendance à les envier…

Dans un tel contexte, qui peut donc oser se démarquer des autres et mettre en avant sa réussite ?

Evidemment, on ne peut pas faire de généralités, mais inconsciemment, on prend la décision de ne pas agir et d’être dépendant de la médiocrité.

On érige tous notre propre prison. D’une prison à l’autre, les barreaux diffèrent, au même titre que les bourreaux et autres surveillants qui épient le moindre de nos mouvements.

Si on laisse faire, notre prison finira alors par devenir notre cercueil, sur lequel trônera une inscription qui montrera au monde qu’on aura mené une vie sans peine et sans gloire.

On nous enterra enveloppé dans la médiocrité et le confort émotionnel.

Nos désirs ne doivent pas nous empêcher de garder les pieds sur terre.

Souvent, les personnes font l’erreur de se sur-estimer, et finissent donc par s’enterrer elles-mêmes.

La plupart des gens qui réussissent vraiment, ont su trouver leur équilibre, c’est-à-dire qu’ils visent le ciel tout en n’oubliant pas la réalité.

Quiconque craint ses propres peurs est incapable de tolérer l’incertitude.

On est tous obsédés par la certitude, car on ne croit pas en notre capacité de faire face à ce que demain nous réserve. On a besoin de tout contrôler, et de tout vérifier mille fois.

On a un besoin vital de reprendre confiance en nous. C’est notre façon de nous lier aux pensées obsessives qui guident chacun de nos pas vers le géant du succès.

On n’a alors pas conscience du fait qu’en regardant vers le bas, on s’octroie le luxe de se sentir inférieur, ce qui en réalité, nous pénalisera tout au long de notre vie.