Les personnes âgées ont besoin d’amour et de patience

· 31 mars 2017

Sûrement nos grands-parents n’ont-ils pas l’énergie qu’ils avaient avant, est-il difficile pour eux de se déplacer, ne se souviennent-ils pas de qui nous sommes, ou encore nous rendent-ils fous/folles car ils ne voient rien de positif dans leur quotidien.

Peut-être en est-il ainsi et doit-il en être ainsi, car les personnes âgées ont des habitudes et des besoins que nous ne comprenons pas. Plus encore, sûrement qu’en tant que personnes plus jeunes qu’elles, la logique qui explique ces demandes ainsi que cet « égoïsme subtil » que l’on note dans leurs mots nous échappe.

Cependant, on peut dire qu’à un âge où la société dépersonnalise les personnes âgées et leur vole leur intimité, les inquiétudes que ces dernières nous manifestent répondent souvent au besoin de réaffirmer leur identité.

Quand vos grands-parents vous énervent, n’oubliez pas que…

Quand vos grands-parents vous énervent, n’oubliez pas qu’ils exercent leur droit de décision à une étape de leur vie où ils dépendent des autres. Ne vous impatientez pas lorsqu’ils marchent doucement, ne vous mettez pas en colère lorsqu’ils crient, pleurent ou passent par 4 chemins pour vous dire quelque chose.

Lorsque le discours de vos grands-parents vous agace, n’oubliez pas que c’est peut-être la dernière fois que vous entendez l’histoire de cette bataille de leur passé. Aimez-les dans leur vieillesse, donnez-leur ce dont ils ont besoin, à savoir de votre soutien ainsi que de votre tendresse.


« Il y a une rupture dans l’histoire de la famille, là où les âges s’accumulent et se superposent et où l’ordre naturel n’a plus de sens : c’est lorsque le fils devient le père de son père.

C’est lorsque le père devient vieux et qu’il commence à marcher comme s’il était dans le brouillard ; lentement, très lentement, et d’un pas hésitant. C’est lorsqu’un de vos parents, qui tenait si fort votre main quand vous étiez petit, ne veut plus être seul. C’est lorsque le père, auparavant si sûr de lui et invulnérable, s’affaiblit et prend son souffle deux fois avant de se lever.

C’est lorsque le père, qui autrefois était rigoureux et ordonné, ne fait aujourd’hui que soupirer et gémir, et cherche où sont la porte et la fenêtre qui aujourd’hui lui semblent bien loin. C’est lorsqu’un de vos parents, autrefois adroit et travailleur, n’arrive aujourd’hui plus à s’habiller seul et oublie ses médicaments.

Et nous, en tant qu’enfants, nous devons accepter que nous sommes désormais responsables de la vie de nos parents, ces personnes sans qui nous ne serions jamais venus au monde, et qui dépendent aujourd’hui de nous pour mourir en paix. »

– Fabricio Carpinejar –


Les personnes âgées NE SONT PAS comme des enfants

Les personnes âgées sont « comme des enfants » dans le sens où elles ont besoin de patience, d’attention, de petits soins, de compréhension et d’affection. Peut-être à certains moments ont-elles besoin que l’on s’intéresse à elles et qu’on les protège de la même façon que des parents le feraient avec leurs enfants, mais cela ne veut pas dire que nous devions nous adresser à elles avec un langage infantilisant (elderspeak, en anglais).

On ne peut pas les traiter comme si elles ne savaient rien, car ce sont des personnes ayant vécues des histoires incroyablement riches au cours de leur vie. Leur parler avec trop de diminutifs, simplifier notre langage, employer une voix infantile ou ne pas tenir compte de leur capacité de décision est une manière incorrecte de les traiter.


Traiter les personnes âgées et leur parler comme si elles étaient des enfants ne nous rapproche pas d’elles ni n’améliore la communication entre elles et nous, mais entraîne un évitement ainsi qu’une distanciation de leur part.


Ainsi, nos grands-parents n’ont pas besoin qu’on les traite comme des enfants car ils n’en sont pas. Ce sont des personnes âgées qui, en raison de leur âge et possiblement de diverses maladies, ont certaines limites, et doivent faire avec.


En se comportant naturellement avec eux, nous leur offrons la possibilité d’accepter leurs limites de même que de reconnaître leurs qualités.


D’un autre côté, il est important d’accorder de l’importance à la maltraitance des personnes âgées, quelque chose de très commun, bien plus commun que ce que l’on peut croire. La violence physique et psychologique sont les protagonistes de la relation entre les personnes âgées ainsi que les personnes qui s’occupent d’elles.

Ne pas les laisser prendre leurs propres décisions dans leur vie quotidienne, refuser de les aider, leur donner trop ou trop peu de médicaments, les ignorer ou les violenter, que ce soit émotionnellement ou physiquement, sont les formes de maltraitance les plus communes.

Tendresse démesurée et patience infinie, les clés de l’attention

Même si l’attention que nous demandent les personnes âgées peut parfois être étouffante, on ne doit pas oublier que cette tristesse et cette fatigue font partie du deuil que l’on doit faire, des adieux que l’on doit dire à un morceau de notre âme qui leur appartient.


Avec elles s’en va également tout ce que l’on a jamais partagé avec personne d’autre, tout ce qui restera sans témoins. Cela, sans doute, requiert un grand travail personnel que la vie nous offre l’opportunité de réaliser ; on ne peut pas laisser passer cette chance.


Car ce dont les personnes âgées ont besoin, c’est d’une tendresse démesurée ainsi que d’une patience infinie. Les deux ingrédients fondamentaux de la recette de l’attention, les deux remèdes contre l’angoisse et la tristesse qu’elles peuvent ressentir du fait de leurs capacités perdues et de leurs adieux à la vie.