Le pardon est-il nécessaire ?

10 juin 2015 dans Emotions 2251 Partagés

Cette personne qui vous a fait tant de mal, mérite-elle que vous lui pardonniez ? Vous vous êtes certainement déjà posé cette question plus d’une fois.

S’il s’agit d’une proche, peut-être que vous considérerez un peu plus l’importance du pardon.

Cependant, un doute subsiste : pardonner signifie-t-il se réconcilier ? On prend la décision de pardonner afin de ne plus vivre dans la rancoeur mais, cela ne veut pas dire que l’on doive retrouver la même relation qu’auparavant.

Lorsqu’on a été trahi, il est assez difficile de faire en sorte que la relation continue comme si rien ne s’était passé. Imaginez que votre confiance soit une coupe de cristal qui tombe et se brise en mille morceaux. Evidemment, elle ne pourra pas retrouver son état initial si l’on recolle les morceaux.

Il faut tenir compte du fait que lorsqu’on pardonne ses erreurs à quelqu’un, on se pardonne aussi soi-même. Autrement dit, en pardonnant, on se libère de la douleur, des émotions toxiques et des sentiments négatifs qui hantent notre for intérieur.

Mais rien ne sert de dire « je te pardonne » si on ne le pense pas vraiment. On doit être conscient et honnête lorsque l’on prononce ces trois mots porteurs de sens et de valeur.

Le pardon peut forger une réconciliation. En effet, il ne s’agit pas d’une condition sinéquanone ; autrement dit, on peut pardonner sans pour autant nécessairement suivre le même chemin que l’autre. Chaque sentier bifurque à partir du moment où on décide de pardonner et, dans le même temps, de lâcher prise.

Mais, cela n’arrive pas du jour au lendemain, car le pardon est un processus progressif qui prend un certain temps à se mettre en place. Au dela du pardon, chaque fois que l’on repense à ce qui a occasionné la dispute, on ressent de la tristesse et de la colère, ce qui prouve qu’on n’a pas entièrement pardonné.

Comme le dit Miguel Ruiz dans son livre Les quatre accords, le pardon, c’est l’unique chemin vers la guérison. Vous vous rendrez compte que vous avez pardonné à quelqu’un si en voyant cette personne (ou en pensant à elle), vous ne ressentez aucune émotion négative.

On pourrait comparer le pardon à la cicatrisation d’une blessure que l’on se serait faite dans la main en coupant une pomme. Alors que la blessure sera en cours de guérison, elle nous fera mal si on la touche. Une fois que la peau se sera régénérée, il se peut qu’il reste une cicatrice à l’endroit de la blessure, même si elle ne nous fera plus mal.

Dans le cas du pardon, il n’est effectif que si on ne souffre plus en se remémorant cette situation qui dans un premier nous faisait mal. 

Rappelez-vous de cette si jolie citation portant sur les conséquences d’un mauvais ou d’un non pardon : « Ne pas pardonner, c’est comme se saisir d’une braise brûlante avec l’intention de la jeter sur l’autre : c’est vous qui vous brûlerez le premier ».

D’autre part pour pardonner, il peut également être utile de se rappeler que le pardon, c’est comme une forme d’auto-guérison, une façon de se débarrasser de la douleur.

Comment, quand et pourquoi pardonner ? Tout dépend de l’expérience individuelle de chacun. Il n’existe aucune règle ou recette magique qui indiquerait par exemple: « suite à une tromperie dans le couple, attendre deux semaines pour pardonner ».

Vous seul sentirez quand le moment le plus propice au pardon se présentera, et vous seul saurez si vous devez encore travailler sur vous pour atteindre cet objectif.

Et dans certains cas, c’est le temps qui se chargera de panser vos blessures, car bien souvent, le temps est indubitablement le meilleur cicatrisant des blessures du coeur.

Pardonner ou non est une décision personnelle, et de toute façon,cette décision aura une répercussion sur votre vie, que ce soit dans le présent ou dans le futur.

Certaines tromperies sont plus difficiles à pardonner que d’autres, mais nous devons également nous rappeler que nous ne sommes pas parfaits, et que l’erreur est humaine.

En pensant de cette façon, nous ne justifions pas la tromperie, mais nous vous encourageons simplement à être un peu moins strict et moins dur avec cette personne, qui culpabilise sûrement pour ce qu’elle vous a fait.

Par conséquent, on doit garder en tête que le pardon n’est pas quelque chose qui bénéficie à l’autre mais à soi, puisqu’en pardonnant, on se décharge d’un poids non négligeable et dangereux qui peut nuire à notre coeur.

Alors, pardonnez davantage, et vous vous sentirez bien plus léger !

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