Les nuages gris offrent également de superbes paysages

12, septembre 2017 dans Psychologie 95 Partagés
nuages

Le ciel, avec ses mutations intéressantes, est comme l’océan dans lequel se reflète le visage de la vie, ou du moins la toile sur laquelle nous pouvons observer des phénomènes, en quelque sorte, parallèles, similaires ou comparables.  Dans les deux dimensions (terre et ciel ; cœur et émotion), qu’il s’agisse des nuages ou de notre quotidien, il y a des moments, voire des jours, de tempête. Selon la zone géographique où vous vivez, selon l’entourage dont vous disposez. Sans oublier le soleil et les nuages gris qui protestent lorsque survient un orage.

En effet, une journée pluvieuse, dont le ciel est rempli de nuages ​​gris, peut être vraiment agréable avec un soupçon de froid si vous êtes à l’abri de votre foyer, un livre à la main, immergé-e dans le récit d’un autre… car les histoires des autres sont susceptibles de nous tranquilliser. Les écrits ne parlent pas, c’est nous qui leur donnons vie. Nous les prononçons à travers un dialogue silencieux lors duquel nous sommes libres car il n’y a personne pour nous juger ou nous conseiller, à moins de nous faire rire, ou qui ne nous prête pas attention.

plan d'eau

Jours de grisaille

Vous devez certainement vous souvenir d’un jour à propos duquel vous avez pensé, « qu’est-ce que j’aurais été bien si j’étais resté-e au lit toute la journée ; si j’avais su, je ne me serais pas levé-e« . Ceci est curieux car nous ne pensons jamais, pour apprécier le fait qu’un feu de signalisation soit au vert, que parfois il peut être positionné sur la couleur rouge. Ceci peut sembler paradoxal, mais ce sont souvent les petits problèmes de la vie qui nous permettent d’apprécier davantage ce dont nous disposons.

Face à un feu de signalisation rouge, comme lors d’une froide journée d’orage, nous sommes à même de trouver des opportunités. Celle de fermer les yeux et respirer, d’imaginer la vie des personnes présentes alors que nous attendons. En effet, dans la mesure où nous ne pouvons récupérer le temps que nous perdons à attendre, pourquoi ne pas chercher un moyen d’en tirer profit, d’y trouver un bénéfice ?


Ce sont souvent les petits problèmes de la vie qui permettent d’apprécier ce dont nous disposons.


Des émotions que nous nourrissons

Quelque chose de semblable arrive avec les émotions (nuages gris) que nous jugeons négatives et indésirables. Nous faisons référence ici à la tristesse, la colère ou la peur. A la jalousie, la haine ou le ressentiment. Celles que personne ne souhaite pour soi-même ou pour les êtres qui nous sont chers. Et pourtant, ici encore nous pouvons mettre en exergue l’une de nos grandes contradictions. Il s’agit d’émotions que nous ne souhaitons pas mais auxquelles nous donnons souvent l’opportunité de se générer, garantissant par la même leur survie, ou que nous déguisons pour leur permettre de remplir leur rôle qui leur est dévolu.

Pourquoi agissons-nous de la sorte alors que nous qualifions d’indésirables ces nuages gris ? Nous le faisons souvent parce qu’ils nous apportent un « bénéfice secondaire ». Nous découvrons que lorsque nous sommes tristes nous recevons une meilleure attention ou bien que lorsque nous nous fâchons, notre entourage fait davantage attention à la façon de nous traiter. Nous bénéficions alors : d’attention, d’un traitement attentionné, de préférences. Quiconque ne désirerait pas obtenir de tels privilèges ?

femme au bord de l'eau

D’autre part, quel enfant n’a jamais simulé d’être malade pour ne pas aller à l’école ? Dans le même ordre d’idée, qui peut prétendre n’avoir jamais simulé une émotion afin d’obtenir un bénéfice secondaire ? Il se peut que nous ne l’ayons pas fait de manière consciente et préméditée (c’est généralement ce qu’il se passe), évidemment personne n’est retord à ce point (veuillez excuser l’ironie) pour le faire autrement. Le fait est que, contrairement à ce qui se passe lorsque nous essayons d’esquiver une journée de cours ennuyeux, les émotions ont tendance à naître lorsque nous les simulons.

Naître ou se maintenir. Dans de nombreux cas cette simulation apparaît une fois que l’émotion originale a disparu. Imaginez une grand-mère récemment endeuillée autour de laquelle ses proches se sont réunis pour lui apporter leur soutien et lui faciliter le deuil. Cette chère grand-mère pourrait sentir que si elle cesse de montrer sa peine aux autres, ces derniers ne lui apporteront plus l’attention et les soins jusque-là dispensés. C’est pourquoi il est fréquent qu’à certains égards nous simulons nos émotions, renouvelant sans nous en apercevoir l’émotion originale… car comme nous l’avons vu précédemment, il est difficile de simuler des émotions sans tomber dans leurs filets.


 Il est difficile de simuler des émotions sans tomber dans leurs filets.


Énergie et information, le grand pouvoir des nuages gris

Par ailleurs, un simple exercice d’introspection peut mettre en lumière le fait que nous prenons un chemin identique à celui de notre chère grand-mère. Néanmoins, cela ne signifie pas que nous devons soustraire immédiatement toutes les émotions négatives que nous ressentons. En effet, il est certain que nous sommes souvent tristes et que nous nécessitons de l’affection. En recevoir n’est pas un problème, ceci nous aidera, et ne fera pas de nous des personnes faibles.

Ceci est l’une des réelles fonctions d’adaptation des émotions négatives. L’autre fonction concerne l’information et l’énergie. Toute émotion revêt ces deux éléments. Par exemple, la colère nous prévient que quelque chose ou quelqu’un nous a blessé-e et l’énergie nous permet d’agir lorsque nous considérons qu’il est nécessaire d’intervenir.

Dans l’hypothèse où nous considérons que cela n’est pas nécessaire (c’est ici qu’une bonne gestion émotionnelle fait la différence), nous devrons trouver un palliatif pour disperser l’énergie qui se manifeste intérieurement. D’une manière qui ne nuira à personne, en commençant par nous-même.

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