La nostalgie, c’est de l’affection par essence

· 29 novembre 2015

« Je ne peux que remarquer que le passé est beau, car on ne comprend jamais une émotion au moment où on l’éprouve ; elle se répand plus tard, et par conséquent, on n’a pas accès à la totalité de nos émotions présentes…on a seulement accès à la totalité de nos émotions passées »

-Virginia Wolf-


 

La nostalgie, c’est une sensation qui se situe entre la tristesse et la plénitude: tristesse pour ce qui n’est plus, plénitude en revivant le souvenir de ce qui a été.

Le mot « nostalgie » vient du grec et signifie quelque chose comme « souffrance du retour à la maison ». La nostalgie, c’est la peine de se sentir absent.

Même si le mot nostalgie est d’usage commun, il a été inventé par le médecin Johannes Hofer en 1688. Dans sa thèse doctorale, il a fait le compte-rendu des cas d’un étudiant et d’un domestique ayant tous deux de graves problèmes de santé.

Les deux ont fini par agoniser, mais, pour diverses raisons, tous deux ont été ramenés chez eux afin qu’ils puissent mourir auprès des leurs. Puis, miraculeusement, leur santé s’est améliorée.

Autrefois, la nostalgie était considérée comme un symptôme grave. Si un soldat était nostalgique, il était alors immédiatement renvoyé chez lui, et il en était de même chez les marins.

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Le foyer et la nostalgie

A première vue, la nostalgie est toujours associée à des éléments ou des sentiments rattachés à ce qu’on peut appeler le foyer.

En réalité, le mot « foyer » peut se révéler comme étant bien plus complexe de ce qu’il y paraît de prime abord.

Le foyer, c’est l’enfance avec ses jeux et la constante surprise face au monde. Le foyer, ce sont toutes ces personnes et ces situations qui nous accueillent avec tendresse, comme si on était chez nous. Le foyer, c’est aussi la patrie, ce lieu où on ne se sent pas étranger.

Plus qu’un endroit spécifique, le foyer, c’est un état d’âme. Il est envahi par une atmosphère de confiance, de paix et de plénitude.

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La nostalgie et la mémoire

La mémoire a principalement une fonction affective. Rares sont les fois où on se souvient des personnes et des choses telles qu’elles étaient vraiment.

Le souvenir que l’on en garde est plutôt guidé par nos impressions et nos sentiments relatifs à ces personnes ou ces choses.

Notre mémoire n’est pas comparable à celle d’un ordinateur, qui stocke les informations telles qu’elles sont, sans les altérer.

Bien au contraire, la mémoire humaine est assez malléable. Elle ne s’ajuste pas toujours aux faits tels qu’ils ont eu lieu, et elle leur octroie différentes significations selon les circonstances.

Pour cette raison, on attribue parfois des gestes ou des mots qui ne sont peut-être que le fruit de notre imagination, mais qui malgré tout complètent cette mémoire affective que l’on construit.

 


Ainsi est la nostalgie :

affective par essence


La nostalgie et le regret

Comme nous le rappelle Milan Kundera, la nostalgie a un cousin germain : le regret.

La nostalgie peut se comprendre comme étant la souffrance qui survient en raison de l’ignorance.

C’est ce qui arrive dans le cas de la mort : les gens que l’on aime s’en vont et quelque chose en nous veut en savoir plus sur elles.

Les croyants voudront savoir si elles atteignent le paradis ou non et les non-croyants essaieront de déchiffrer le signifié philosophique ou existentiel de la mort et de faire une place dans le monde symbolique à ceux qui ne sont plus.

Nostalgie et créativité

Des chercheurs d’une université nord-américaine on fait une expérience avec 175 participants auxquels ils ont demandé d’inventer une histoire en se basant sur un souvenir qui les rendait nostalgiques.

L’histoire devait inclure une princesse, un chat et une voiture de course, ou commencer par la phrase « Un froid matin d’hiver, un homme et une femme furent surpris par le son d’une alarme qui provenait d’une maison voisine ».

Le résultat fut que tous ceux qui ont réussi à évoquer un événement nostalgique avec la plus grande clarté, ont obtenu une note significativement supérieure que ceux qui n’ont pas réussi à se remémorer un événement qui a généré en eux une grande nostalgie.

Les chercheurs en ont conclu que la nostalgie favorise la créativité. Cela est dû au fait qu’elle provoque des sentiments de sécurité, d’appartenance et de signification, lesquels constituent une excellente base pour laisser libre cours à l’imagination.